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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 12:58

 

 

 

 

La grave crise que connaît aujourd’hui notre pays, dont les racines très profondes remontent à plusieurs décennies déjà et qui partant malheureusement tend à devenir structurelle à mesure que le temps s’écoule, a aussi révélé- ce grâce à l’utilisation des nouvelles formes contemporaines des moyens de communication qui permettent la circulation de l’information en temps réel- que les Centrafricains établis hors des frontières de la RCA, loin de toujours représenter un facteur, encore moins un pôle de déstabilisation du pays comme certains seraient tentés de le croire ou simplement loin d’être mus uniquement par l’appât du gain facile ou la recherche de position de pouvoir, peuvent aussi apporter une plus-value à la recherche des solutions aux problèmes divers et variés qui encalminent l’essor de notre pays et hypothèquent son avenir. Car, pour peu qu’on ait, un tant soit peu, quelque intérêt ou quelque amour pour son pays- sauf à être anti patriote ou masochiste invétéré-  l’on ne peut assister stoïquement- sans réagir- à la descente aux enfers de ce que l’on a de plus cher et légué en partage par nos illustres devanciers. J’entends sa patrie. C’est pourquoi, je me permettrai d’affirmer au débotté et sans ambages que la contribution de la Diaspora à la solution des problèmes du pays peut prendre et prend d’ailleurs déjà diverses formes.

 

Les pouvoirs publics locaux seraient bien inspirés d’en tenir le plus grand compte et d’organiser institutionnellement de ce fait ce capital humain en l’absence de sa prise en compte globale par les organes de transition en vigueur. Force est de relever opportunément que la communauté centrafricaine de l’étranger n’est pas représentée notablement qu’en France mais réside aussi dans l’ensemble des autres pays européens, dans les Amériques, en Asie et, bien évidemment, dans toute l’Afrique. Le mondialisme oblige, ce qui est à l’honneur de nos compatriotes expatriés.

 

1. Un intérêt avéré des Centrafricains établis hors de la RCA pour les problèmes du pays

 

Même si Certains se complaisent parfois dans la critique systématique, acerbe et stérile de tout ce qui s’écrit ou se fait de façon positive en direction de la RCA- et c’est là l’une des facettes caustiques de l’humain et il faut se résoudre à l’accepter lorsqu’on s’engage sur le terrain du débat public d’idées-, la crise à laquelle la RCA est actuellement confrontée a montré qu’il y a aussi des compatriotes qui sont soucieux et se préoccupent de la situation dramatique et chaotique du pays. J’en veux pour preuve certaines contributions positives destinées à la résolution de la quadrature du cercle c’est-à-dire à ce que j’appellerai l’effort de paix.

 

Ces contributions se sont manifestées et se manifestent quasiment tous les jours aux quatre coins du monde où les compatriotes se trouvent. Il n’y a qu’à s’informer au travers de certaines productions de qualité sur la toile ou l’Internet pour s’en apercevoir ; même si certains utilisent parfois ces précieux outils de notre civilisation à des fins de désinformation ou de diffamation. N’en déplaise aux Cassandre de tous poils.

 

Je voudrais réaffirmer solennellement ici que tous les Centrafricains ou les amis de la RCA qui réfléchissent à l’avenir de notre pays, à travers des écrits, certaines organisations, ou colloques, ne sont pas nécessairement des Opposants en puissance et ne doivent pas être vus ou considérés comme tels. Ils ne sont pas non plus tous des chercheurs de postes. La mauvaise foi qui est parfois la chose la mieux partagée en Centrafrique ne construit rien de bon, ne nous grandit pas. Bien au contraire. Je souhaite que cela soit clair.

 

2. La communauté centrafricaine expatriée, un réservoir d’idées nouvelles et d’initiatives constructives et créatrices

 

Sans vouloir mettre en cause ici la qualité de la matière grise restée au pays, la communauté centrafricaine établie hors de la RCA peut servir de réservoir d’idées et/ou d’initiatives louables en direction du pays. Loin de son pays, on peut réfléchir à son destin. Surtout, lorsqu’il se trouve aux prises aux pires moments de son histoire de la période postcoloniale.

 

Cette communauté souhaite que ceux qui président aux destinées du pays sachent raison garder lui savoir gré de temps en temps. Par voie de conséquence, elle ne doit pas être vue comme quantité négligeable ou en potentielle rivale. Quand on aime son pays, on ne peut pas souhaiter son malheur, sa dérive ; souhaiter le voir aller à vau l’eau au nom de l’assouvissement de ses intérêts personnels bassement matériels  ou parce qu’on n’est pas là où on estime, à tort ou à raison, devoir être. L’accession aux positions de pouvoir se fait par  des voies démocratiques ou légales.

 

Retenons que si le tribunal des Hommes a parfois la main lourde dans un Etat de droit, le tribunal de l’Histoire est aussi impitoyable à l’égard de celui ou de celle qui aura manqué à ses obligations de citoyen, de serviteur vis-à-vis de son pays, de son Etat.

 

Lorsqu’on est un citoyen digne d’une nation souveraine, il faut, en permanence, se demander ce qu’on a fait pour son pays et non ce que son pays a fait pour soi, dixit le Président américain John Fitzgerald Kennedy. Quand bien même cette activité serait chronophage. C’est à l’aune de cette interrogation constante, de ce rendez-vous de vérité avec soi-même, qu’on se construit et qu’on contribue à l’édification de son pays. Loin de moi l’idée de m’ériger en donneur de leçon. Cette vérité peut, peut-être, choquer plus d’un mais- pour reprendre une expression triviale désormais popularisée sur notre continent- « c’est ce qui est la vérité ».

 

3. La communauté centrafricaine expatriée, une force économique, financière et sociale

 

Si cette communauté ne pèse pas encore suffisamment économiquement-loin s’en faut- à l’exemple de la Diaspora sénégalaise, malienne ou ivoirienne qui injecte chaque année une masse financière énorme car supérieure, à elle seule, à l’aide publique au développement (APD) dans les économies locales respectives, l’on ne peut nier catégoriquement que la Diaspora centrafricaine contribue-même à une part minime soit-elle- au développement, dans une moindre mesure certes, économique et social du pays.

 

Malgré la situation du pays qui n’a pas toujours incité à beaucoup d’optimisme -c’est le moins qu’on puisse dire-, certains compatriotes ont pu y investir- qu’ils en soient ici solennellement remerciés et salués- dans de petites unités économiques et y produire des activités génératrices de revenus. Ce qui a entraîné de petites créations d’emplois au grand bénéfice des compatriotes sur place. Quand d’autres ont pu y construire ou devenir propriétaires de bâtis.

 

Les compatriotes expatriés aident au règlement des dépenses alimentaires, sanitaires, sociales, éducatives de leurs proches restés au pays. Ce qui représente autant d’argent injecté dans l’économie nationale. Donc, à la consolidation du budget, encore très squelettique, de l’Etat- ce budget se situe autour de 200 milliards de F CFA- comparé aux budgets des pays voisins qui caracolent au-delà des 2000 milliards de F CFA année après année, grâce, il faut le reconnaître, aux revenus dégagés par l’exploitation de leur pétrole et autres ressources minières et forestières.

 

Si demain la RCA venait à recouvrer sa situation de paix d’antan- les élections étant pour l’instant un peu l’Arlésienne-, je suis convaincu que les compatriotes seraient disposés à faire davantage pour le pays.

 

Les membres de cette communauté, lorsqu’ils décident, par exemple, d’investir massivement au pays serait en droit d’attendre de l’Etat des facilités administratives en termes d’allègements fiscalo-douaniers, de bénéfice préférentiel dans l’attribution dans certains marchés publics.

 

Je refuse catégoriquement de croire que nous sommes définitivement condamnés à rester les derniers de la classe, à toujours tirer le diable par la queue. A rester « Dernaillo ».

 

Les autorités centrafricaines ne peuvent pas faire comme si cette communauté qui représente aujourd’hui la 17e région de la RCA n’existe pas. C’est pourquoi, je pense qu’il vaudrait mieux l’organiser pour qu’elle puisse se sentir réellement partie prenante de la communauté nationale.

 

4. La formation opportune d’un Conseil des Centrafricains de la Diaspora (Conced)

 

Avec la naissance de cette crise protéiforme sans précédent, certaines voix se sont élevées et ce, à juste titre, pour réclamer à cor et à cri que la communauté centrafricaine expatriée soit mieux prise en compte dans le cadre des préoccupations nationales et notamment du dialogue de réconciliation nationale à venir. D’autant plus que son poids n’a cessé d’être grandissant dans ce monde qui devient, chaque jour un peu plus, un village planétaire fort de la vulgarisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, contribuant ainsi à l’essor de la mondialisation inéluctable, inexorable et débridée. D’autant plus aussi que sa contribution à l’effort de paix a été non négligeable ces dernières années. Si cette communauté expatriée n’a pas été insensible aux problèmes que vit le pays, le pouvoir en place ou celui qui s’ensuivra serait bien inspiré d’envisager la création d’un Organe autonome, en l’absence, en l’état actuel des choses, d’un Sénat ou d’une Assemblée nationale pleinement représentative qui aurait pu éventuellement jouer ce rôle, qui regrouperait cette communauté.

 

Cet Organe pourrait prendre, par exemple, la dénomination de «  Conseil des Centrafricains de la Diaspora (Conced) ». Dans ce cas, les modalités d’organisation et de fonctionnement de cette institution devront être élaborées, en amont, et fixées de concert avec les acteurs concernés. Je pense singulièrement aux individualités et aux associations qui fleurissent au sein de la Diaspora et qui œuvrent dans des activités de toute nature souvent orientées vers le pays. En un mot, vers son développement économique et social.

 

                                                                                            Wilfried Willy ROOSALEM

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