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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 19:41

 

 

 

 

15/10/14 (AFP)

 

Accusée par ses adversaires d'inefficacité et de corruption, la présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza a dénoncé une tentative de déstabilisation, alors que de nouvelles violences ont fait quatre morts à Bangui dans la nuit de mardi à mercredi.

 

"Des mensonges savamment distillés sont accompagnés de larges distributions nocturnes de billets de banque à ceux qui érigent des barricades dans les rues de Bangui (...), pour dissuader la population de circuler, paralyser le pays et ainsi déstabiliser" les autorités de transition, a accusé la présidence dans un communiqué.

 

Au moins quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans des heurts entre des miliciens anti-balaka et des habitants, dans quartier proche de la résidence de la présidente, selon une source de la force onusienne Minusca.

 

Après des semaines d'accalmie, Bangui a connu ces derniers jours une nouvelle vague de violences meurtrières, qui ont fait une quinzaine de morts au total, dont un soldat pakistanais de la Minusca. Un peu partout, des hommes en armes se réclamant des milices à dominante chrétienne anti-balaka ont érigé des barricades, paralysant la capitale.

 

La situation sécuritaire s'est progressivement améliorée depuis ce week-end, et l'activité semblait presque revenue normale mercredi à Bangui, où l'on notait une forte affluence devant les banques et dans les marchés. Cependant, des tirs sporadiques ont été signalés à plusieurs reprises dans les quartiers nord, fief des anti-balaka.

 

Dans son communiqué, la présidence va jusqu'à évoquer "une tentative de coup d'Etat". "Des armes lourdes et légères sont distribuées au sein de la population, notamment aux jeunes, pour semer la terreur dans le pays et réclamer la démission de la présidente de la transition et celle du Premier ministre", dit-elle.

 

- "De plus en plus critiquée" -

 

Cette réaction officielle intervient alors que les autorités de transition sont de plus en plus critiquées pour leur incapacité à ramener l'ordre dans le pays et leur gestion opaque des deniers publics.

 

Le gouvernement devait s'expliquer mercredi devant le Conseil national de transition (CNT, Parlement transitoire) sur la disparition présumée de plusieurs millions de dollars donnés en liquide par l'Angola, qui fait scandale depuis plusieurs semaines à Bangui.

 

Directement visée dans cette affaire, Mme Samba Panza avait appelé le 7 octobre à ne pas lancer d'accusations hâtives, assurant que cet argent avait été utilisé "pour assurer la sécurité du pays et la défense de la politique du chef de l'Etat", se gardant de fournir de plus amples détails.

 

Avant l'audition du Premier ministre Mahamat Kamoun, plusieurs parlementaires ont réclamé la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire et "un recadrage de la transition", selon une source au sein du CNT.

 

L'ex-rébellion majoritairement musulmane Séléka --qui avait pris le pouvoir en 2013-- et les anti-balaka --qui avaient mené une macabre chasse aux musulmans suite au départ des Séléka en janvier--, ont réclamé début octobre le départ de la présidente.

 

Une partie des anti-balaka ont cependant retiré cette exigence après avoir obtenu plusieurs garanties de Mme Samba Panza, dont la libération de certains de leurs responsables actuellement sous les verrous.

 

Au plan international, nombre de bailleurs et de partenaires de la Centrafrique dénoncent quant à eux l'"inefficacité", voire le "double discours" de la présidente, qui parle de tentative de déstabilisation tout en entamant des discussions avec les "forces vives de la Nation", dont les groupes armés.

 

Selon une source militaire onusienne sous couvert d'anonymat, "la présidente ne peut pas engager des discussions avec des gens sans scrupule qui terrorisent, saccagent, pillent, volent, tuent, et tirent sur les forces du maintien de la paix".

 

"Les autorités font montre de complaisance à l'égard des groupes armés, alors que tout le monde sait qu'ils prennent en otage tout un peuple", renchérit un diplomate africain.

 

"Il est temps de passer à une étape de gestion plus rigoureuse de la crise centrafricaine", préconise-t-il. "Quitte à remplacer les autorités actuelles de la transition."

 

Christian PANIKA

Centrafrique: nouvelles violences à Bangui, la présidente dénonce une tentative de déstabilisation

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