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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 17:25

 

 

 

INVITÉ AFRIQUE

 

 

 

En Centrafrique, le Premier ministre Mahamat Kamoun s’est enfin expliqué hier, jeudi 16 octobre, devant le Parlement provisoire sur ce fameux don angolais de 10 millions de dollars dont une partie a disparu dans la nature. A-t-il convaincu les représentants de la Nation ? Va-t-il avoir sur le dos une commission d’enquête parlementaire ? En ligne de Bangui, le président du Conseil national de transition, Alexandre Ferdinand Nguendet, répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : jeudi matin, le Premier ministre s’est expliqué devant votre Assemblé sur l’utilisation d’un don angolais de 10 millions de dollars. Est-ce que vous avez été satisfait par ces explications ?

 

Alexandre Ferdinand Nguendet : jeudi, la représentation nationale a suivi les explications fournies par le Premier ministre et 90% des conseillers nationaux qui sont intervenus ont estimé que les réponses ne sont pas satisfaisantes. Nous allons approfondir la réflexion dans le cadre d’une concertation avec tous les conseillers nationaux au début de la semaine prochaine pour voir quelle orientation il faut donner à la suite de ce problème centrafricain.

 

A l’origine de la polémique, il y a le fait qu’un quart du don angolais, soit la somme de 2,5 millions de dollars, n’a pas transité par le Trésor public centrafricain. Est-ce que le Premier ministre vous a dit pourquoi ?

 

Ça, il faut reconnaître que les règles n’ont pas été respectées. Le Premier ministre a avoué que cette somme a été directement gérée au sein du cabinet présidentiel.

 

Donc ces 2,5 millions de dollars seraient partis dans les fonds politiques de la présidence ?

 

Oui. C’est ce que le Premier ministre a expliqué : lorsque cette somme a été octroyée par l’Angola, que la présidence a décidé de l’utiliser comme fonds politique. L’idéal aurait voulu que ça passe par la représentation nationale dans le cadre d’une loi rectificative.

 

Est-ce que le Premier ministre vous a présenté un justificatif de dépenses sur ces 2,5 millions de dollars ?

 

Oui, mais ces justificatifs, c’est ce que nous avons tous lu dans les journaux, ne sont pas convaincants.

 

Alors officiellement en effet, ces deux millions et demi de dollars sont partis dans des fonds politiques de la présidence et de la primature pour financer notamment de futures opérations de désarmement. Est-ce que vous y croyez ?

 

Même si ces fonds ont été utilisés dans le cadre du désarmement, ça coûtait quoi au pouvoir exécutif de respecter la procédure ? C’est-à-dire verser la totalité sur le compte du Trésor avant d’engager toute dépense.

 

Est-ce que vous pensez qu’une partie voire la totalité de ces 2,5 millions de dollars est allée dans les poches de quelques escrocs ?

 

Une concertation sera convoquée et nous allons approfondir les investigations au niveau du Parlement de transition.

 

Le Premier ministre propose la saisie éventuelle de la Cour des comptes. Est-ce que cela vous satisfait ?

 

Cela n’engage que le gouvernement. Il revient au président du Conseil national de Transition, s’il juge nécessaire, de saisir la Cour des comptes qui assiste la représentation nationale dans le contrôle de la gestion des deniers publics de l’Etat.

 

Est-ce que vous allez former une commission d’enquête parlementaire ?

 

L’idée a été émise par une bonne partie des conseillers nationaux. Au début de la semaine, nous allons organiser une concertation afin d’approfondir la réflexion sur la formation de cette commission d’enquête parlementaire.

 

Donc la semaine prochaine, sans doute, sera formée cette commission d’enquête ?

 

A l’issue de la concertation qui sera organisée, la représentation nationale vous le dira.

 

Après avoir été attaqués sur leur gestion, la présidente Catherine Samba-Panza et le Premier ministre Mahamat Kamoun contre-attaquent. Ils accusent une coalition de forces négatives de distribuer de l’argent, des armes légères et même des armes lourdes à une partie de la population de Bangui pour déstabiliser la capitale. Qu’est-ce que vous pensez ?

 

Il appartient au gouvernement d’utiliser les moyens répressifs de l’Etat, de ramener la paix, l’ordre et la sécurité. Il faut agir au lieu de dénoncer. Le peuple veut des solutions et non des dénonciations.

 

Et est-ce que vous pensez comme madame Samba-Panza et le Premier ministre que derrière ces fauteurs de troubles, il y a en effet des forces négatives ?

 

Le pouvoir dispose de moyens pour neutraliser toutes les forces négatives.

 

Et est-ce que vous pensez, comme la présidente, que ces forces négatives vont tenter de la renverser ?

 

Nous savons que les anti-balaka ont donné un ultimatum au chef de l’Etat de transition de démissionner. Après cet ultimatum, il y a eu une rencontre au plus haut sommet de l’Etat, entre la chef de l’Etat de transition et des délégations des anti-balaka.

 

Est-ce vos relations se sont améliorées avec la présidente et le Premier ministre ?

 

Fondamentalement, je n’ai pas de problèmes avec la chef de l’Etat de transition, encore moins avec le Premier ministre. Notre priorité au niveau de la représentation nationale, c’est d’exhorter le gouvernement à faire avancer sa feuille de route pour amener très rapidement le pays sur la voie de la légalité constitutionnelle. En tout état de cause, il faut aller aux élections avant 2016.

 

Donc d’ici la fin de l’année prochaine ?

 

Au plus tard.

 

Et est-ce que vous pensez que la présidente Catherine Samba-Panza et le Premier ministre Mahamat Kamoun sont habilités à rester à leur poste jusqu’à la fin de la Transition ?

 

Mais bien sûr. Catherine Samba-Panza a été élue par le Conseil national de transition. Donc jusqu’à preuve du contraire, elle bénéficie encore de la confiance de la représentation nationale. Nous les exhortons à appliquer la feuille de route tracée par les chefs et de gouvernement de la CEAC [Communauté économique des Etats d'Afrique centrale] qui consiste à redéployer l’administration et à organiser les futures élections générales.

Alexandre Ferdinand Nguendet: «l’Etat doit ramener la paix, l’ordre, et la sécurité»

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