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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 10:59

 

 

 

 

                                   

 

Chers compatriotes,

 

En vous adressant ce message à quelques jours de l’arrivée des casques bleus des Nations Unies en Centrafrique, je tiens tout d’abord à remercier  tous les compatriotes vivant en France  qui, à titre individuel ou à travers leurs associations respectives, ont créé non seulement la Coordination Générale des Centrafricains de France (CGCF) mais placé  leur confiance sur ma modeste personne pour la diriger.

 

A titre de rappel, les principaux  objectifs figurant dans les statuts de la  CGCF approuvés lors de l’Assemblée Générale du 21 juin 2014, consistent à :

 

-  Porter la voix de ses adhérents sur tous les sujets  concernant l’avenir,  le développement de la République Centrafricaine et mobiliser toute la diaspora ; 

 

-  Favoriser la réflexion, proposer des solutions concrètes et éprouvées pour aider le pays à sortir du chaos actuel, pour prendre la voie du progrès social et économique ;

 

-  Jouer le rôle d’alerte de l’opinion publique française et internationale sur tous les sujets qui concernent la RCA;  

                                               

 -  Compenser tout déficit d’informations et de communication autour des problématiques liées au destin de la République Centrafricaine.

 

Ces différents objectifs qui visent non seulement la sortie de notre pays de son enlisement actuel, mais de sa mise sur le rail du développement, ne peuvent être atteints  sans votre mobilisation et vos efforts.

 

En effet, comme vous le savez, les Centrafricains de France constituent non seulement la communauté  la plus importante du pays  à l’extérieur, mais la plus  riche en savoir.

 

Or la première richesse d’une nation et surtout d’une jeune nation comme la nôtre est incontestablement ses cadres.

 

Vous constituez en grande partie ces cadres, donc cette grande richesse pour notre pays et devez en prendre conscience surtout dans la  période  la plus agitée et la plus destructrice de son histoire.

 

En effet, face à la dramatique crise que la République Centrafricaine connaît pour la première de son histoire et qui met visiblement en péril les fondements de la nation,  il est primordial que  les  compatriotes résidant en France pour diverses raisons,  se mettent ensemble dans une plate-forme commune pour réfléchir, proposer des solutions nécessaires aux autorités de transition et à la communauté internationale pour y faire ramener la paix et envisager par la suite sa reconstruction.

 

Cette grande œuvre salutaire ne peut être l’affaire d’un seul individu, d’une seule association ou parti politique, mais de l’ensemble des Centrafricains, conscients de la dramatique situation du pays et soucieux de son avenir. 

 

Pour cela, plus les Centrafricains seront nombreux, unis, motivés dans la recherche de ces solutions, plus ils seront écoutés et pèseront par leurs avis et contributions.

 

La crise centrafricaine est fondamentalement politique.

 

La passivité des uns et des autres a laissé le terrain libre à des compatriotes inciviques, irresponsables, de penser que le pays pouvait  devenir leur propre bien par divers procédés perfides pour demeurer indéfiniment à sa tête, ou chercher à travers une coalition de criminels et destructeurs, à accéder au pouvoir, même au prix de la vie de toute la nation.

 

Les conséquences de tels actes sont telles que la République Centrafricaine pourtant unie, multiconfessionnelle qui vivait dans une  fraternité, une cohésion, un brassage harmonieux  a atteint un déchirement et un stade de destruction indescriptibles.

 

Les causes  de cette situation sont notre cruelle irresponsabilité,  l’absence totale de civisme, de citoyenneté, se résumant par des comportements pervers à  différents  niveaux. Or ces  valeurs sont  fondamentales pour une paix durable, pour l’évolution et l’épanouissement de toute nation.

 

Alors que tout citoyen a des droits, mais également des devoirs vis-à-vis de sa nation, chez nous, nous n’avons que des droits, même pour détruire, tuer en toute impunité, au point où la barbarie et l’atrocité sont devenues non seulement bouleversantes, mais  concurrentielles par l’élévation exponentielle de son niveau.

 

Malgré ce contexte de destruction des fondements de la République, ce qui préoccupe la  plupart de nos compatriotes se résume essentiellement par la recherche effrénée de hautes fonctions tant au gouvernement que dans les structures d’un Etat mourant, ou même déjà mort.

 

 Les candidats à la Présidence d’une République qui n’existe actuellement que de nom se déclarent quotidiennement comme des champignons qui poussent,  chacun estimant que le contexte est favorable pour tenter sa chance et y chercher son bonheur, celui de sa famille, de son ethnie comme d’habitude, sans se soucier  de l’état de la  nation, confrontée au plus affreux drame de son histoire et à toutes formes de menaces.

 

Les nobles fonctions de Président de la République qui nécessitent de la dignité, le sens du devoir, de l’honneur, l’amour et surtout le sacrifice pour le pays sont désormais banalisées en Centrafrique au point de manquer d’autorité, de considération et  du respect  de la population ainsi que de la communauté internationale.

 

Le pays est dévasté, à feu et à  sang et ceux qui l’ont incendié s’en désolent au même titre que les honnêtes et innocents  Centrafricains qui souffrent des conséquences de leurs actes diaboliques.

 

Tout en donnant l’impression d’être peinés  par cette situation, ces sombres compatriotes  poursuivent des actions diaboliques dans les ténèbres  pour chercher par divers moyens  à récupérer le pays  à leur profit ou à défaut faire perdurer, aggraver davantage la souffrance de la pauvre et innocente population dont la vie ne compte plus.

 

Chers compatriotes,

 

Nous sommes à la fois victimes et principaux  responsables  de notre sort dans un  pays de chaos à répétition  et il appartient à chaque centrafricain d’en prendre conscience maintenant et d’y mettre fin.

 

En effet,  nous avons vu venir ce qui est à l’origine de la situation actuelle comme de gros nuages annonçant un orage, mais sommes restés les bras croisés pour nous plaindre par la suite comme étant victimes d’une fatalité.

 

Si nous ne faisons pas preuve de vigilance, d’abord par rapport à la pléthore de micro partis au sein d’une population peu nombreuse comme la nôtre, et surtout en ce qui concerne les prochaines élections présidentielles, celles-ci vont recréer les conditions  d’une nouvelle crise, en raison de la surabondance de candidatures qui émiettent incontestablement la cohésion dans un contexte où elle est  déjà suffisamment ébranlée.

 

Sans même penser  d’abord à contribuer à éteindre  un incendie qui consume et dévaste le pays actuellement, certaines attitudes sont susceptibles d’en créer d’autres avant, pendant et après ces élections.

 

Face à la situation actuelle, aux préoccupations d’une paix durable et de l’avenir de notre pays, les Centrafricains d’une manière générale et ceux qui sont membres de la Coordination Générale  des Centrafricains de France ont très clairement deux choix à faire :

 

  • Soit se mobiliser pour créer les conditions nécessaires du retour à une paix durable et faire mettre fin au danger actuel et à venir,
  •  
  • Soit demeurer les bras croisés comme d’habitude, pleurer en silence tout en laissant les mêmes individus inciviques et irresponsables  manipuler le pays  à travers des complices pour leurs propres intérêts.
  •  

Croiser les bras en se disant à l’extérieur, donc  à  l’abri de tout, correspondrait inévitablement à  faire preuve du même esprit d’incivisme, d’irresponsabilité qui a aveuglé ceux qui ont mis le feu au pays.

 

Par ailleurs, à force de fuir nos responsabilités, nous ne devrions pas nous plaindre des décisions inappropriées de nos autorités et de la communauté internationale.

 

Même si la communauté internationale intervient dans la crise actuelle, parce que notre pays en est membre à part entière, il appartient d’abord aux centrafricains de prendre conscience de leur destin, et surtout  le prendre en mains.

 

Beaucoup de nos compatriotes considèrent la communauté internationale comme un médecin, mais oublient que c’est également au malade qui souffre d’indiquer au moins sur quelle partie du corps il a mal, et non au médecin de chercher en tâtonnant.

 

Les excuses de la communauté internationale lorsqu’elle prend entièrement notre place  consistent à dire qu’il n’y a personne de crédible en Centrafrique.

 

C’est justement parce qu’elle a fait le tour de ceux qu’elle connaît à travers de sombres réseaux de liens d’amitié, de médias complaisants,  et qui se présentent comme les seuls capables, avant bien évidemment d’être découverts négativement  avec tout ce qui les caractérise véritablement.

 

Comme nous le voyons, cette démarche est totalement contre productive aux efforts du retour de la sécurité et de la paix dans notre pays.

 

M’adressant aux jeunes cadres et intellectuels centrafricains, vous êtes pour la plupart des personnes ressources de valeur, dynamiques, bien formées dans divers domaines dont notre pays a tant besoin pour son développement. Cependant, ce n’est pas en vous cachant, en vous désintéressant du pays par découragement, ou par dépit que vous pourrez vous révéler, et être connus à travers vos talents, votre volonté de reconstruire le pays.

 

En agissant de la sorte, vous confiez ainsi sans le vouloir la gestion de votre  pays  et indirectement votre propre destin et votre sécurité  à d’autres qui devront  tout faire à votre place.

 

Alors que les choses sont en train de changer ailleurs, l’esprit d’éternel colonisé nous amène à  penser constamment  que c’est la France qui doit tout faire à notre place, surtout éteindre les incendies à répétition que nous mettons nous-mêmes d’une manière irresponsable au pays.

 

Nous sommes aujourd’hui le seul pays au monde à laisser totalement, par notre propre irresponsabilité, le destin de notre nation, son avenir entre les mains des autres, tout en nous disant indépendants.

 

Chers compatriotes,

 

 En acceptant d’être membres de la Coordination Générale des Centrafricains de France(CGCF), vous avez non seulement  pris l’engagement de relever le défi, c'est-à-dire de ne plus rester les bras croisés face au drame qui secoue notre pays, mais d’œuvrer pour y faire ramener la paix, participer activement à sa reconstruction.

 

Tout en demeurant autonomes dans vos associations respectives,  chacun apportera sa contribution grâce à son expérience professionnelle et son expertise à la grande œuvre de reconstruction de notre pays,  dans un premier temps à travers des antennes régionales qui seront mises en place prochainement dans toute la France, conformément aux dispositions du règlement intérieur de la Coordination Générale des Centrafricains de France.

 

Les contributions de ces  diverses antennes seront ensuite soumises au débat de l’Assemblée Générale de la Coordination Générale des Centrafricains de France pour être mises à la disposition des autorités nationales et de la communauté internationale.

 

L’apport des intellectuels et cadres centrafricains est d’autant plus important qu’il est impérieux d’accompagner la communauté internationale dans la refondation et la reconstruction de notre pays.

 

Une charte des valeurs sur lesquelles les actions et une nouvelle mentalité doivent être fondées accompagnera cette œuvre salvatrice nécessaire pour la refondation et la reconstruction du pays.

 

Avec ce rassemblement intergénérationnel et dans un esprit de coaching, les anciens veilleront à mettre à la disposition des jeunes leurs expériences afin de permettre d’éviter les mêmes erreurs du passé, en préparant les jeunes cadres à une relève plus appropriée, plus efficace dans l’intérêt de notre nation, à reconstruire sur de nouvelles bases.

 

Que Dieu vous  bénisse et bénisse  la République Centrafricaine.

 

Fait à Paris le 01 Septembre 2014

 

Le Président de la Coordination Générale des Centrafricains de France

 

Emmanuel Olivier GABIRAULT

 

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