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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 01:19

 

 

 

 

 

14/09/2014 à 23:24

 

Des milliers de réfugiés observent depuis fin août les mouvements de tonnes de véhicules et de matériels débarqués d'avions-cargos géants à l'aéroport M'Poko, à Bangui. Le reste (camions, tentes, engins de chantier) arrive par la route en convois sécurisés: plus de 700 conteneurs débarqués au port de Douala, puis acheminés pendant dix jours le long de mauvaises pistes à travers le Cameroun. «C'était un défi logistique, mais nous sommes prêts», confie une source à l'ONU.

 

Espérée pendant des mois avant d'être enfin décidée par le Conseil de sécurité en avril, l'opération de maintien de la paix, placée sous chapitre 7 de la Charte des Nations unies autorisant le recours à la force, prend lundi le relais des troupes déployées par l'Union africaine: 5300 hommes de la Misca vont troquer leurs bérets verts, contre les casques bleu azur de l'ONU, au cours d'une cérémonie solennelle, rejoints par un premier contingent arrivé du Bangladesh. En tout, 7600 hommes, dont un millier de gendarmes et de policiers, tenteront de protéger les populations et de désarmer les combattants, tout en soutenant une éventuelle transition politique dans un pays ravagé par des décennies de corruption et que les combats sanglants entre milices musulmanes (la Séléka) et chrétiennes (les anti-Balaka) ont laissé en ruines.

 

«L'État est de retour»

 

À terme, la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine) devrait rassembler 12.000 soldats et policiers, répartis sur 24 bases d'opération et trois états-majors régionaux. Nouvel acronyme, nouveau commandement… Mêmes buts. «C'est la douzième intervention de paix en RCA depuis 1997», observe un diplomate, qui veut croire, pourtant, au succès de cette «mission de la dernière chance». Parce que ses effectifs, plus nombreux, permettront de sécuriser un territoire plus vaste, en coordination avec les 2000 soldats français de l'opération «Sangaris», sur place depuis fin 2013, et les 150 uniformes européens de l'Eufor cantonnés à Bangui. Parce que ses équipements la rendront plus mobile: «L'ONU apporte la puissance de sa logistique. S'il y a besoin de déplacer rapidement 40 hommes pour une intervention, nous pourrons le faire.» Enfin, parce que le mandat de l'ONU est clairement d'assumer certaines missions régaliennes afin de rétablir l'autorité de l'État, en matière de police, de justice, et même de douanes. «La chaîne judiciaire est totalement rompue, souligne le chef des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous. Les tribunaux, les prisons sont en ruine, il n'y a pas de fonctionnaires, plus d'archives.» Des personnels civils (magistrats, gardiens de prison, ingénieurs) accompagnent la force, autorisée à «arrêter, détenir et juger les gens. (…) Après des décennies de pratique établie d'impunité, nous devons envoyer à la population un signal clair: l'État est de retour».

 

Mais l'optimisme affiché masque mal les faiblesses de l'opération. Les troupes africaines déjà sur place vont devoir s'adapter aux normes onusiennes, en terme de formation, d'équipement… une gageure. Les bataillons promis, notamment par le Pakistan ou l'Indonésie, pourraient tarder, et leurs effectifs non francophones font craindre sur le terrain des problèmes d'efficacité, comme le trop faible nombre de femmes militaires, rendant plus délicate la lutte contre les viols.

 

Enfin, des équipements vitaux font cruellement défaut: sur les douze hélicoptères espérés, seuls trois sont arrivés à Bangui. Cinq autres sont attendus dans les prochaines semaines… Tous de transport. «Nous aurions besoin d'hélicoptères d'attaque», admet Hervé Ladsous. Mais les contributeurs rechignent… Le budget annuel de la Minusca devrait dépasser 500 millions de dollars.

 

 

 

 

Centrafrique: l'ONU prend les commandes du maintien de la paix

 

15/09/14 (AFP)

 

Une nouvelle force de l'ONU prend officiellement lundi le commandement des opérations de maintien de la paix en Centrafrique, prenant le relais des forces internationales déjà déployées dans le pays pour faire cesser les sanglantes violences intercommunautaires.

 

Une cérémonie solennelle à la base de l'aéroport de Bangui doit marquer à partir de 14H00 GMT le transfert de responsabilités entre la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca) et la force africaine (Misca) jusque-là en charge des opérations avec l'appui de l'opération française Sangaris et de la force européenne Eufor-RCA.

 

"Ce transfert d'autorité représente la réussite complète du mandat de la Misca et le commencement de l'action militaire et policière de la Minusca en République centrafricaine", a souligné le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, tout en appelant les protagonistes du conflit à "cesser immédiatement les violences" et à faire progresser la transition politique.

 

La force onusienne, créée en avril par la résolution 2149 du Conseil de sécurité, va déployer dans un premier temps 7.600 hommes (pour la plupart issus des rangs de la Misca) sur le terrain et comptera 12.000 soldats et policiers à effectif plein.

 

"Notre mission peut se résumer en un triptyque : protéger la population, appuyer le processus politique et contribuer à la restauration de l'autorité de l'Etat", selon le général Babacar Gaye, chef de la Minusca.

 

La tâche s'annonce ardue et de longue haleine. Si les violences intercommunautaires massives entre populations chrétiennes et musulmanes ayant fait des milliers de morts depuis décembre 2013 ont cessé, elles ont provoqué un désastre humanitaire avec des centaines de milliers de déplacés et contraint à l'exode les civils musulmans de régions entières.

 

La crise en cours est née du renversement en mars 2013 du régime de François Bozizé par la rébellion Séléka - à dominante musulmane dans un pays très majoritairement chrétien - de Michel Djotodia. M. Djotodia a lui-même été contraint à la démission début 2014 pour son incapacité à mettre fin au cycle infernal de représailles et de contre-représailles entre combattants Séléka et miliciens anti-balaka.

 

- 'Tout repenser, tout reconstruire' -

 

Surtout, cette crise est venue s'ajouter à de nombreuses autres (rébellions, mutineries, coups d'Etat...) qui ont au fil des ans totalement déstructuré la société et l'Etat centrafricains et précipité les quelque 4,8 millions d'habitants dans la misère malgré le potentiel agricole et minier du pays.

 

"L'Etat n'existe plus dans ce pays. On est face au néant", constatait début septembre un diplomate occidental : "Il va falloir tout repenser, tout reconstruire. Et les Centrafricains n'ont pas les capacités pour cela, disons-le clairement."

 

Face aux crises successives, la réponse internationale s'est à chaque fois "limitée à trois éléments importants mais insuffisants : une présence militaire, une forte assistance humanitaire et une aide budgétaire pour assurer la survie de l'administration", explique un récent rapport de l'International Crisis Group (ICG).

 

"Les précédentes interventions ont toutes échoué car elles ont ignoré ce problème structurel de la prédation comme mécanisme de pouvoir, sous sa forme étatique (banditisme d'Etat à travers la corruption, les pillages et la +mise en coupe réglée du Trésor public+ notamment) comme contre-étatique (les groupes armés)", détaille ICG.

 

Car, au fil des décennies, il y a déjà eu beaucoup d'interventions internationales dans le pays. C'est même une spécialité centrafricaine.

 

Aussi, les Centrafricains placent-ils désormais leurs espoirs dans l'action de la Minusca. Mais avec modération.

 

"Tout a été essayé pour permettre à la République centrafricaine une stabilisation quasi certaine. Mais c'est toujours un retour à la case départ", relève Ange Abdoul, cadre bancaire à Bangui : "Pour moi, le doute reste toujours permis" sur l'efficacité de la Minusca.

 

Christian PANIKA

L'ONU déploie sa mission en Centrafrique
L'ONU déploie sa mission en Centrafrique
L'ONU déploie sa mission en Centrafrique

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