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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 16:37

 

 

 

 

 

12/09/14 (AFP)

 

Imposants convois de véhicules entrant en ville, avions cargo géants débarquant du matériel à l'aéroport M'poko: Bangui vit désormais au rythme du déploiement de la mission de l'ONU en Centrafrique, qui prend le relais lundi de la force africaine.

 

"Près de 350 véhicules, 4X4, camions citernes, engins de travaux publics débarqués au port de Douala au Cameroun, sont déjà arrivés à Bangui", explique à l'AFP une source des Nations unies.

 

La Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca) doit se substituer progressivement aux forces internationales déployées dans ce pays plongé dans une crise politico-militaire meurtrière: les 6.000 hommes de la Misca sous la bannière de l'Union africaine, les 2.000 militaires français déployés depuis fin 2013 dans le cadre de l'opération Sangaris, ainsi que la force européenne.

 

Les effectifs de la Misca constitueront l'essentiel de la composante militaire de la Minusca, même si un premier contingent de Casques bleus du Bangladesh est également arrivé à Bangui.

 

- "Mission de la dernière chance" -

 

Dans un pays à l'histoire particulièrement troublée qui a déjà connu de nombreuses opérations militaires internationales, l'arrivée de la Minusca alimente néanmoins presque toutes les discussions à Bangui, où certains n'hésitent pas à la qualifier de "mission de la dernière chance pour la Centrafrique".

 

"Si la Centrafrique ne saisit pas cette dernière chance que lui offre la Minusca pour restaurer définitivement la paix, la sécurité, la réconciliation et s'atteler à son développement, il ne lui reste plus qu'à disparaître de cette planète", dit Isaac Patrick Pangou, enseignant.

 

D'autres au contraire jugent démesurés les moyens déployés par l'ONU alors que la population meurtrie par plusieurs décennies de crises militaro-politiques s'enfonce dans la misère.

 

"Qu'est-ce qu'on n'a pas vu depuis plus de deux décennies? Le Comité International de suivi avec la Misab, la Minurca, la Fomuc, la Fomac, la Micopax 1, 2, et patati et patata", commente Pierre-Claver Doungou, juriste, en citant les acronymes d'interventions passées.

 

"Mais les Centrafricains n'ont pas enterré la hache de guerre pour autant. Il faut à ce pays des solutions politiques et économiques. C'est-à-dire le doter d'un Etat fort capable de s'opposer aux autoritaires qui prennent goût à prendre le pouvoir par les armes et enrayer la pauvreté, c'est tout", tranche-t-il.

 

-L'ONU assure le spectacle-

 

En attendant, l'arrivée des Casques bleus est devenue une source de spectacle pour les Banguissois, comme à l'aéroport Bangui M'poko, où des avions cargos géants Antonov 124 débarquent jour après jour du matériel pour la Minusca.

Accrochés aux grilles de protection du tarmac, ils sont nombreux à observer les mouvements de ces gros porteurs que certains découvrent pour la première fois.

"C'est impressionnant", dit Julien, un adolescent qui a perdu presque toute sa famille dans les violences intercommunautaires et qui vit encore sur le site des déplacés à l'aéroport.

Pour lui, "c'est la sorcellerie des Blancs. Un gros truc comme ça peut voler avec des dizaines de véhicules à l'intérieur. Ils mettent tout au profit du progrès, du bien-être de l'humanité. Alors que nous, nous faisons le contraire. Nous nous entretuons, nous détruisons le peu que nous avons. C'est triste".

 

Le 2 septembre dernier, le gouvernement centrafricain et les Nations unies ont conclu un accord autorisant le déploiement de la Minusca.

 

"Notre mission peut se résumer en un triptyque: protéger la population, appuyer le processus politique et contribuer à la restauration de l'autorité de l'Etat", selon le général Babacar Gaye, chef de la Minusca.

 

La force onusienne, créée en avril par la résolution 2149 du Conseil de sécurité, va déployer dans un premier temps 7.600 hommes sur le terrain, et comptera 12.000 soldats et policiers à effectif plein. Son mandat initial court jusqu'au 30 avril 2015.

 

Christian PANIKA

Bangui se met à l'heure de l'ONU

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