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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 15:06

 

 

 

 

RCA: démission du Premier ministre et suite des violences dans le Nord

 

06/08/14 (RFI)

 

En République centrafricaine, le Premier ministre a officiellement remis ce mercredi matin sa démission. André Nzapayéké avait annoncé cette décision mardi en fin d’après-midi après six mois passés à la tête du gouvernement de transition. Un changement au sommet de l’Etat qui intervient alors que de violents affrontements font rage depuis plusieurs jours à Batangafo, au nord du pays.

 

Le désormais ex-Premier ministre de Centrafrique a officiellement donné sa démission ce mercredi matin. Il s'en est aussitôt expliqué devant la presse. Selon nos envoyés spéciaux, qui ont assisté à la conférence de presse, André Nzapayéké s'est félicité de son bilan, mais il a déploré ne pas avoir pu mener à bien son projet, qui était conçu sur 18 mois et qui a dû être interrompu au bout de six.

 

A différentes reprises, André Nzapayéké a souligné qu'il n'y avait pas de problème avec la présidente Catherine Samba Panza, pas de désaccord. Le responsable a même parlé de « l’harmonie » qui a régné au sein du gouvernement.

 

Dans ce cas pourquoi a-t-il démissionné ? Mardi, l'ex-premier ministre avait confié à RFI qu'il avait discuté avec la présidente Catherine Samba-Panza. Tous les deux étaient arrivés à la conclusion que « sa présence à la primature posait un certain nombre de problèmes et gênait l'action gouvernementale ».

 

Ce matin, André Nzapayéké a évoqué les pressions internationales qui ont été exercées pour obtenir sa démission et dont son entourage parlait depuis plusieurs jours. Devant la presse, André Nzapayéké a rappelé qu’une partie de la souveraineté est « partagée avec la communauté internationale ». « Cette démission, c'est une concession pour la paix, a-t-il également indiqué, pour mettre en oeuvre l’accord de Brazzaville ».

 

Situation tendue à Batangafo

 

Une paix qui est loin d'être une réalité sur le terrain avec notamment les derniers évènements de Batangafo où la situation reste tendue. Cette ville du nord de la Centrafrique est le théâtre de combats violents ces derniers jours. Mardi soir, des affrontements ont opposé les forces françaises et celle de la Misca d'une part aux Seleka d'autre part. Il est très difficile ce mercredi de savoir exactement ce qu’il se passe à Batangafo. Les communications par téléphones cellulaires sont coupées depuis le début de la journée. On sait tout de même que mardi après-midi, les soldats français de Sangaris ont fixé un ultimatum aux Seleka pour qu'ils déposent les armes et se laissent cantonner. Ces derniers ont rejeté l'ultimatum et de violents combats s'en sont suivi : Sangaris et Misca d'un côté, Seleka de l'autre.

 

Un chef Seleka sur place que nous avons pu contacter ce matin nous parlait de 17 morts dans ces rangs. Des combats encore une fois très meurtriers pour l'ex-rébellion. Selon nos informations, il y aurait un blessé côté français et un autre dans les rangs de la Misca.

 

Des Seleka qui affirment d'ailleurs avoir été attaqués par des anti-balaka. Ce que tous les chefs anti-balaka de la région, contactés par RFI, démentent catégoriquement. Depuis lundi, ce sont donc les forces françaises et la Seleka qui se combattent. D'abord aux abords de Batangafo puis en ville. Mais la Seleka qui dénonce l'accord de cessez-le-feu signé à Brazzaville, a tout intérêt à accuser les anti-balaka de le violer régulièrement. D’ailleurs, à Batangafo, la situation a dégénéré mercredi dernier quand des anti-balakas venus de Bouca ont attaqué les positions Seleka dans cette ville. Deux jours de combats qui ont fait plus d'une vingtaine de morts la semaine passée.

 

Dans ce contexte, et depuis une semaine, tous les habitants passent la nuit réfugiés près de la base de la Misca, ou dans des sites tenus par les deux ONG présentes sur place généralement sous la pluie et dans des conditions précaires.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140806-rca-demission-premier-min...

 

 

 

RCA: espoirs, expériences et échecs, le bilan d’André Nzapayéké

 

06/08/14 (RFI)

 

Le Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, doit remettre formellement sa démission à la présidente de transition, Catherine Samba Panza. Nommé après le sommet de Ndjamena, il démissionne à la suite de celui de Brazzaville. Retour sur un peu plus de six mois d’André Nzapayéké à la primature.

 

André Nzapayéké, qui avait été nommé le 25 janvier dernier, remettra formellement sa démission ce mercredi en fin de matinée. La présidence a annoncé le lui avoir demandé, mardi, en fin d'après-midi.

 

Le sommet de Brazzaville a changé la donne

 

Début mai, lors d’un discours faisant le point sur ses cent premiers jours comme présidente de transition en République centrafricaine, Catherine Samba-Panza avait promis un réaménagement du gouvernement pour le rendre « plus inclusif et plus représentatif ». Il avait ensuite été décidé que ce remaniement interviendrait après le Forum sur la réconciliation nationale qui s’est tenu à Brazzaville, en juillet. A la suite de ce sommet, il avait été question d'un nouveau gouvernement faisant une plus large place à la classe politique et aux groupes armés.

 

En théorie André Nzapayéké peut être nommé à la tête de ce nouveau gouvernement, mais personne n'y croit, pas même lui. Pourtant, en mai dernier, lorsque Catherine Samba-Panza avait annoncé un réaménagement gouvernemental, nombre d'observateurs avaient alors parlé d'un « gouvernement Nzapayéké2 ». Et comme il l'expliquait sur RFI le 25 juillet dernier, André Nzapayéké se voyait bien conduire le gouvernement de transition jusqu'aux élections de l'an prochain. « Il n’y a aucune raison pour que ce ne soit pas moi. Personne ne m’a dit que ce ne serait pas moi. J’étais venu pour aider la présidente dans cette activité de la transition. (…) Entre elle et moi, vraiment il n’y a pas l’ombre de quoi que ce soit », disait-il alors. Mais Brazzaville a changé la donne.

 

Son credo affiché : reconstruire l'armée et désarmer les milices

 

Durant tout son mandat, André Nzapayéké, comme le reste des autorités de transition, aura essayé de convaincre le Conseil de sécurité de lever l'embargo sur les armes qui empêchent selon lui le pays de se doter de forces de sécurité efficaces. Réarmer les militaires, désarmer les rebelles et les civils. Si le DDR (Désarmement, démobilisation et réintégration), que beaucoup attendent, n'est encore qu'en gestation, André Nzapayeké aura tenté quelques expériences.

 

Il a ainsi proposé aux 2 600 Seleka cantonnés à Bangui une formation et une relocalisation en échange d'un retour à la vie civile. Une sorte de DDR sans argent. C'est lui aussi qui a eu l'idée de cette opération de « désarmement volontaire » à Bangui en juin, qui n'avait pas été couronné de succès et qui faisait même ricaner dans certains bureaux de la capitale. Pour André Nzapayéké, qui parlait d'une opération de communication, le message avait été entendu.

 

Quoi qu'il en soit, un peu plus de six mois après son arrivée à la tête du gouvernement, si Bangui a recouvré un calme relatif qui a permis une reprise de l'activité économique dans la capitale, en revanche, la partition de facto du pays est plus que jamais d'actualité, comme le prouvent notamment les combats en cours depuis plusieurs jours à Batangafo entre soldats de la Misca et de Sangaris d’un côté et la Seleka.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140806-rca-espoirs-experiences-e...

 

RCA: espoirs, expériences et échecs, le bilan d’André Nzapayéké

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