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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 23:24

 

 

 

 

 

par Adrien De Calan RFI  15-08-2014 à 23:05

 

Le 15 septembre prochain, les casques bleus de la Minusca seront officiellement déployés en Centrafrique. La force onusienne prendra le relai des soldats africains de la Misca, qui vont être intégrés aux troupes de l'ONU.

 

Mais d'autres bataillons doivent arriver sur le terrain. Au maximum, 10 000 soldats et 1 800 policiers pourraient être présents en Centrafrique selon la résolution 2419 de l'ONU.

 

Les Nations unies sont véritablement les mains dans le cambouis pour préparer le déploiement de cette force le 15 septembre. « Nous sommes en train de pousser les feux par tous les moyens », confirme Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint de l'ONU.

 

Intégrer et mettre à niveau la MISCA

 

Un mois avant l'échéance, les Nations unies cherchent encore des troupes et du matériel. Sur le terrain, il y déjà les 6 000 soldats africains de la Misca. Ils doivent être intégrés à part entière aux casques bleus de la Minusca.

 

Mais cette première étape est moins simple qu'il n'y parait. « Il y a un sérieux problème de mise au niveau des normes onusiennes pour ces troupes, reconnaît Hervé Ladsous. Nous n'arrêtons pas de faire appel aux différentes organisations et aux différents pays pour qu'ils aident ces contingents à être aussi bien équipés que possible. »

 

Convaincre les pays contributeurs

 

Il y a enfin d'autres troupes qui doivent arriver du monde entier. Au moins 3 500 hommes. Pour le moment, l'ONU attend des bataillons du Maroc, du Bangladesh, du Pakistan et d'Indonésie. Les Marocains seraient déjà en partie arrivés. Les autres se déploieront au fur et à mesure. Le plafond annoncé de 10 000 soldats et 1 800 policiers ne sera pas atteint au 15 septembre, mais l'ONU espère une montée en puissance rapide.

 

« Trouver des contributeurs est toujours très difficile », témoigne Jocelyn Coulon, directeur du réseau de recherche sur les opérations de paix. « L'exemple des récentes opérations sur le continent est révélateur, témoigne-t-il. Je remarque qu'au Mali, un an après la création de la Minusma, le plafond des 12 600 personnels militaires n'a pas encore été atteint. On est à 70% de la force. »

 

Selon Jocelyn Coulon, la difficulté - au Mali comme en Centrafrique - « c'est qu'on a voulu mettre l'accent sur une participation africaine dans ces missions. Or on se rend compte que l'Afrique, en particulier l'Afrique francophone, n'est pas capable de fournir des contingents en nombre suffisant. Il faut donc faire appel à d'autres pays comme l'Inde, le Pakistan et le Bangladesh, qui à eux trois fournissent près de 40% des casques bleus à travers le monde. »

 

Des équipements encore attendus

 

La Minusca aura aussi besoin d'équipements nombreux. Quand la force onusienne aura atteint sa vitesse de croisière, elle espère disposer de 16 aéronefs, indispensables en Centrafrique où les routes sont mauvaises. Elle a également besoin de blindés, mais aussi de véhicules légers, de camions-citernes, d'ambulances...

 

Mais là encore, il faudra du temps. Au 15 septembre, il y aura sur les 16 aéronefs prévus un hélicoptère seulement selon Hervé Ladsous. Les Nations unies se veulent rassurantes et disent attendre très rapidement d'autres appareils, venus du Sri Lanka notamment.

 

C'est la disponibilité et l'acheminement du matériel qui posent problème. L'acheminement est difficile par les airs ; l'aéroport de Bangui a une capacité limitée. Et l'accès au reste du pays reste compliqué compte tenu de l'état des réseaux de transports. Il faut donc passer par les pays voisins comme le Cameroun, un cheminement long et coûteux.

 

L'ONU veut être présente sur tout le territoire

 

La Minusca souhaite être présente sur tout le territoire avec des forces très mobiles, souples et rapides, capables d'intervenir n'importe où. Selon l'ONU, elle disposera de 24 bases d'opération dans toute la Centrafrique. Ces bases ne seront pas toutes prêtes au 15 septembre.

 

« Mais les trois états-majors régionaux seront opérationnels », assure Hervé Ladsous. Ils devraient être à Bouar, Bria et Kaga-Bandoro. Cela implique des travaux très nombreux dans les semaines qui viennent : construire des bâtiments et préparer quatre aérodromes pour les futurs et tant attendus hélicoptères...

 

« Un déploiement sur tout le territoire est ambitieux mais indispensable », confirme le spécialiste Jocelyn Coulon. « La Centrafrique détient le record du nombre d'interventions de paix sur son territoire, analyse-t-il. C'est la douzième depuis 1997. Et ce qui a échoué jusqu'ici, c'est que les interventions étaient concentrées sur Bangui et la protection du pouvoir politique. Or, une grande partie des problèmes et de l'instabilité en RCA proviennent des régions qui ne voient jamais l'Etat et encore moins les troupes de maintien de la paix, dans le nord et le nord-est à la frontière du Tchad et du Soudan. C'est toujours de ces régions que sont venus les groupes rebelles qui ont renversé les gouvernements à Bangui. »

 

En Centrafrique jusqu'à quand ?

 

Le mandat initial de la Minusca court jusqu'au 30 avril 2015. Comme pour d'autres opérations de la paix, il est double. Il faut assurer la protection des civils mais aussi accompagner l'Etat dans sa stabilisation et sa transition politique. Un travail de longue haleine. « Une telle opération de rétablissement de l'autorité de l'Etat doit durer de longues années pour atteindre ses objectifs. Comme on a pu le voir en Haïti où la mission est installée depuis 2004, j'espère que la Minusca sera en RCA pour au moins une dizaine d'années », souligne Jocelyn Coulon, auteur du Dictionnaire mondial des opérations de paix.

 

La Minusca, grâce à des mesures temporaires exceptionnelles, aura enfin le droit d'appuyer l'Etat dans certaines fonctions régaliennes quand celui-ci sera défaillant. Pour le moment, on a peu de précision sur ces mesures. Mais Hervé Ladsous, le secrétaire général adjoint de l'ONU, affirme que la Minusca pourrait procéder à des arrestations, jouer le rôle de la police, des tribunaux et même de gardiens de prison. « Nous devons mettre fin à l'impunité », a martelé le haut responsable de l'ONU au micro de RFI.

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