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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 13:07

 

 

 

 

 

http://lepays.bf/   Jeudi 21 août 2014

 

Catherine Samba-Panza, en nommant Mahamat Kamoun à la primature, donne l’impression de s’être tiré une balle dans le pied. En effet, ce choix, contesté pratiquement par tous les acteurs de la scène politique centrafricaine, vient corser davantage la résolution de l’équation de l’ex-Oubangui Chari.

 

 La Présidente de la transition se retrouve face à un dilemme

 

 Les salves lui tombent dessus de toutes parts : Séléka, société civile, partis politiques traditionnels, etc. Même Alexandre Ferdinand Nguendet, le premier responsable du Conseil national de transition, a publiquement désavoué le choix de Catherine Samba-Panza. Il faut ajouter à la colère domestique contre la nomination de Mahamat Kamoun, l’attitude non moins hostile de la Communauté internationale vis-à-vis de ce dernier qui est sous le coup de sanctions internationales. Tout le monde a donc crié haro sur le baudet Kamoun. Dans ces conditions, l’on peut se poser la question de savoir quelle sera l’attitude de la Présidente de la transition. Elle se retrouve désormais face à un véritable dilemme, c’est-à-dire l’obligation d’opérer un choix entre deux possibilités comportant toutes des inconvénients. La première possibilité consisterait à défendre bec et ongles le choix de Mahamat Kamoun envers et contre tous. L’inconvénient de cette hypothèse est que cela va susciter contre elle un front uni de tous les acteurs de la crise. Cela aura pour conséquence le boycott probable du nouveau gouvernement qui est déjà en gestation compliquée. La deuxième possibilité consisterait, pour la présidente de la transition, à aller dans le sens des désidérata des frondeurs en congédiant purement et simplement Mahamat Kamoun, accusé par tous, de tous les péchés d’Israël. Dans ce cas de figure, elle court le risque de perdre le peu d’autorité qu’elle a aujourd’hui en RCA. Dame Catherine est, de toute évidence, dans la tourmente. Il lui revient de choisir entre deux maux, le moindre. Et le moindre mal, au regard du contexte centrafricain, c’est le deuxième scénario, celui qui consiste à se faire violence en remerciant son poulain Mahamat Kamoun.

 

Cela dit, l’on peut faire le reproche à Catherine Samba-Panza d’avoir fait preuve de précipitation dans le choix de l’homme censé donner un coup de fouet à la réconciliation nationale. Il aurait fallu qu’une structure consensuelle comme le Conseil national de transition, dont elle était d’ailleurs membre, s’occupât de cette affaire. Elle serait peut-être parvenue à dresser le portrait-robot du Premier ministre qui sied le mieux au contexte centrafricain. En choisissant un homme qui est loin de faire le consensus, Catherine Samba-Panza oublie qu’elle doit avant tout sa légitimité au Conseil national de transition (CNT) qui l’avait pratiquement plébiscitée. C’est ce même CNT qui conteste publiquement le choix de Mahamat Kamoun. Aujourd’hui, la tendance générale est à la récusation de ce dernier. Mais il faut avouer que la nomination d’un Premier ministre consensuel ne sera pas chose aisée en RCA. En effet, dans un pays où la suspicion et la mauvaise foi semblent être les règles les mieux observées par la majorité des acteurs politiques, l’on peut parier que le choix d’une personnalité qui rallierait le suffrage de la majorité des Centrafricains sera une véritable alchimie.

 

Les acteurs politiques doivent faire preuve de grandeur d’esprit

 

 L’on peut donc s’attendre, au cas où l’option de la nomination d’un Premier ministre de consensus serait retenue, à une débauche inutile d’énergies et à d’interminables palabres sur des détails dont manifestement le pays n’a pas besoin. Pendant cette dispute byzantine, les intérêts supérieurs du peuple centrafricain seront passés par pertes et profits. En réalité, les arguments faciles qui consistent à soutenir la thèse d’un Premier ministre musulman, pourraient ne pas résister à l’analyse. Le véritable problème de la Centrafrique réside dans la mauvaise foi de certains de ses fils et filles. Ces derniers donnent l’impression d’avoir des agendas cachés qui, malheureusement, sont aux antipodes des intérêts véritables de la Centrafrique, ce pays qui a connu le martyre depuis la disparition brutale de son illustre fils, Barthélémy Boganda en 1959, et dont les habitants n’ont jamais connu la joie de goûter aux délices de la démocratie et de la stabilité politique. Les acteurs politiques qui sont en train de se déchirer et de déchirer le pays à propos de la nomination de Mahamat Kamoun et dont certains ne sont pas étrangers à la situation chaotique dans laquelle se retrouve aujourd’hui la RCA, doivent faire preuve de grandeur d’esprit en ayant simplement une pensée pour ces millions de sans-voix pour lesquels ils prétendent agir.

 

« Le Pays »

Lu pour vous : NOMINATION DE MAHAMAT KAMOUN A LA PRIMATURE EN RCA : Catherine, seule contre tous

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