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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 11:27

 

 

 

 

OBJET DE PLUSIEURS ACCORDS SUIVIS DE PLANS D’ACTION,

LA RECONCILIATION DES CENTRAFRICAINS EST ENCORE

UNE VUE D’ESPRIT ET NON PAS UNE REALITE DE FAIT :

 

ANALYSE FROIDE ET PROPOSITION SECHE

 

 

 

L’histoire

 

Feu Président Barthélémy BOGANDA a créé la République Centrafricaine sur les cendres de l’Oubangui-Chari, par dépit, vaincu à la suite d’une lutte contre le néocolonialisme que ses propres frères Africains lui ont opposé. Il meurt officiellement en 1959 après avoir conçu, dicté et vulgarisé les signes de condamnation de l’Afrique Centrale à l’intégration des peuples :

 

  • 1 parti, le MESAN ou le Mouvement d’Emancipation Sociale en Afrique Noire, rappelle à tous que personne n’est encore indépendant ;
  • 1 drapeau unit le Congo (Océan Bleu), le Tchad (Coton Blanc), le Gabon (Forêt Verte) et la Centrafrique (Or Jaune), traversés par le sang que nos ancêtres ont versé pour la libération ;
  • 1 hymne, dont les 1ères phrases révèlent le fond : « O Centrafrique O Berceau des Bantous. Reprends ton droit au respect et à la vie» ;
  • 1 leitmotiv politique et social : « Zo Kwè Zo » ou « toute personne est une personne » autrement dit, «Tous Unis sans Différence », des  slogans consolidés par la devise « Unité – Dignité – Travail ».

 

La Centrafrique a rompu avec son histoire depuis 1993, lorsqu’elle a perdu la boussole identitaire qui rendait les Centrafricains, quel que soit le régime politique (de BOKASSA, DACKO et KOLINGBA), reconnaissables partout et reconnaissants à tous. L’étranger était Roi en RCA car il bénéficiait de tous les privilèges d’hôtes adulés mais il n’était pas Centrafricain. Il pouvait toutefois, le devenir en prenant sa place à travers des signes précis : maisons érigées, mariage, activités économiques et sociales, qualités de citoyen respectueux des us et coutumes, de la Loi en RCA. PATASSE, BOZIZE et DJOTODIA ont ouvert la RCA à d’autres hôtes typés qui pillent et tuent, désintègrent la vie sociale. Il ne s’agit ni de musulmans ni de chrétiens mais visiblement des voisins Zaïrois, Tchadiens, Soudanais, Ougandais, qui, à tour à tour, ont semé la terreur, récolté le sang ou les biens en butins tristes et inhumains.

 

C’est l’histoire de la RCA qui n’a plus de boussole, sans référentiel identitaire, transformée par des Etrangers armés et de mauvaises espèces que les Centrafricains, eux-mêmes, ont mis à l’œuvre, contre le peuple mais en faveur des intérêts individuels, claniques, régionaux, égoïstes et malsains. Les KODOS, les ZAKAWAS, les BANYAMULENGES, les SELEKAS, les ANTIBALAKAS et autres, sont entrés en RCA conviés par les Centrafricains qui veulent s’accaparer de tout, partout et en tout. Ils ont tout perdu, ils vont tout perdre en voulant tout gagner au détriment de la RCA.

 

La Politique

   

Avant les transitions, la politique en RCA est marquée par le clientélisme des Seigneurs, l’immaturité des Opposants, le vieillissement et l’inertie des appareils politiques, qui ont tous contribué au mécontentement et à l’instabilité comme corollaires de la discorde et de la pauvreté générale des Centrafricains, depuis 1979. Plusieurs Générations n’ont connu leur pays que sous cette forme répugnante qui leur donne un complexe grave dans l’univers.

 

Les Seigneurs au pouvoir recrutent partout parmi les jeunes, vieux, hommes, femmes, anciens ou nouveaux, diplômés, non diplômés, expérimentés ou non expérimentés : pourvu que la morale demeure vivante car « c’est à Nous maintenant et à personne d’autre. On fait ce qu’on veut ». Ainsi, on est avec les Seigneurs ou contre Eux, on est dans la trajectoire de la mangeoire ou hors du circuit. Le clientélisme modèle tout et la médiocrité en devient un vecteur de développement car les cadres les moins nantis et les citoyens les plus sales ont intérêt à lécher les bottes en permanence ou plutôt à noircir les autres pour paraitre un peu plus propres. La RCA manque-t-elle réellement de Cadres compétents et intègres ? Ceux que les Seigneurs nomment hors normes, laissent dans les organismes internationaux ou les Départements ministériels, les traces salissantes de malversations et d’incompétences.

 

Les Opposants ne font pas mieux car il s’agit, pour la plupart, d’anciens Seigneurs que le sort a fait virer à gauche en attendant le prochain round qui peut intervenir très vite par dextérité : certains opposants changent ainsi de casaque sans scrupule tandis que d’autres, attachés à la personne des perdants, ne savent plus construire. En effet, ils détruisent tout sur leur passage comme si avant eux le pays n’avait pas existé et qu’après eux, le pays ne devrait pas aussi exister. Une aberration qui traduit la petitesse des uns et la mauvaise foi des autres ! Ainsi, chacun active sa carte avec les mêmes recettes qui devraient aboutir aux mêmes résultats. C’est l’expression du nombrilisme cher aux personnes sans esprit patriotique, de véritables égoïstes qui mobilisent les autres pour servir leurs intérêts personnels.

 

Les appareils politiques n’évoluent guère : les Pères Fondateurs ne quittent la barque qu’à la mort ou virés par la force des circonstances. Dans certains cas, la succession est déjà écrite et le combat entre fils spirituels politiques ou sanguins, détruit les partis conçus comme des Eglises. Les mêmes Femmes ou Hommes politiques pavanent et représentent à eux seuls, la pensée, le dogme et les objectifs sociopolitiques de leur parti. Ecartant les « vieux », les plus jeunes utilisent à mauvais escient leur vigueur pour réaliser leur ambition dans la légèreté sans durée. Brimant les jeunes, les plus vieux utilisent leur pouvoir pour briller au présent sans lendemain, sans se préoccuper de l’avenir du parti. On vit au jour le jour en changeant d’alliance et de stratégie, en se prostituant intellectuellement. Quelle pauvreté ! L’électorat connait à la base le phénomène du « Téka mon Tégué », une forme de prostitution matérielle.

 

Les Transitions de La Transition

 

Une transition en cache une autre en RCA depuis deux (2) ans. L’expérience des mutineries des années 1990 n’ayant servi à rien, celle des coups d’Etat ou des élections truquées a pris le dessus jusqu’en 2012: A.F.PATASSE a obtenu l’alternance contre A.KOLINGBA. Il s’est maintenu au pouvoir pendant une décennie, soutenu par les mercenaires de JP. MBEMBA et par le système des élections truquées, avant d’être balayé par F.BOZIZE avec l’appui des « Libérateurs ». Celui-ci a joué à son tour la même carte pour sévir également pendant une décennie. Séléka l’a chassé du pouvoir en faveur de M.DJOTODIA, avec lequel il a du inaugurer la période des transitions :

 

  • En effet, les Accords de Libreville (tenus secrets) ont d’abord sauvé F.BOZIZE dont la tartufferie ne réussit pas longtemps : violant sans cesse les dispositions de cet accord, il a perdu en voulant tout gagner ;

 

  • Une 2ème transition est engagée avec M.DJOTODIA à la Présidence et le même Premier Ministre, N.TIANGAYE, qui n’aura pas pris davantage de poids, en dépit des dispositions contractuelles. M. DJOTODIA voulant tout gagner pendant que N.TIANGAYE manœuvre dans l’ombre, la CEEAC a doublé la CEMAC en sortant un autre Accord ;

 

  • Une troisième transition a largué conséquemment ses amarres, vidant irrespectueusement de leur fauteuil respectif, le Président et le Premier Ministre, à la faveur d’une procédure exceptionnelle. C.SAMBA PANZA et A.NZAPAYEKE prennent les commandes sous la surveillance du Président Médiateur dédié et sous la protection de la Communauté Internationale. Ils écartent les partis politiques, subissent l’assistance quotidienne de leurs mentors et jouent l’apparence au maximum. Sans résultat sensible mais surtout sans perspective de réconciliation, les 2 Chefs de l’Exécutif ont perdu toute crédibilité : Séléka et antibalaka se moquent du 1er Ministre pour sa stratégie de désarmement volontaire tandis que les Chefs d’Etat de la CEEAC tiennent un huit-clos sur la RCA à MALABO en gardant le Président de la RCA dans l’antichambre ;

 

  • Depuis août 2014, une 4ème transition est lancée après le Forum de Concertation à Brazzaville, fondée sur la feuille de route élaborée par la CEEAC. Le Président est maintenu mais les candidats à la Primature, de confession musulmane, et les plus connus, sont rejetés par la majorité de la classe politico-militaire : ni K.MEKASSOUA ni M.KAMOUN, personne ne fait l’unanimité : le Président de la RCA choisit le second et se lance ainsi en août 2014, dans un autre round de négociation en sollicitant directement la contribution du Médiateur dédié. La RCA ne dispose plus d’un Bureau de Médiateur National.

 

La série des transitions dans la Transition n’est donc pas achevée.

Une Feuille de Route inexploitable

 

Le Plan d’Actions pour une sortie de crise en RCA, un des résultats majeurs de la rencontre de Malabo, est sensé régenter la nouvelle transition. Dans la forme et le fond, ce plan est malheureusement inexploitable : son support tient en 11 lignes relevant les actions et 5 colonnes indiquant successivement le numéro d’ordre, l’intitulé des actions, l’exécution, le suivi et l’objectif :

 

  • La Vision de la Transition n’apparait pas : c’est l’essence véritable du Plan que les Actions permettent de concrétiser. Elle permet d’établir les liens entre ces actions, les motivations ou le but visé. Il s’agit en l’occurrence de la « Transition Consensuelle Inclusive et Apaisée » ;

 

  • Les actions traduisent visiblement un diktat de la Communauté qui évoque des concertations tout en précisant déjà les résultats : la Charte de Transition est prévue au 10ème point avec de larges modifications portant sur le CNT, les élections présidentielles et la Primature ; la participation de F.BOZIZE et de sa famille est imposée au 3ème point ;

 

  • La redondance des actions (4ème et 11ème points) de soutien à l’Exécutif compense difficilement l’inconsistance que traduisent les colonnes vides y relatives. De même, pour les actions essentielles d’assistance (5ème, 6ème, 7ème, 8ème et 9ème points), le suivi et les objectifs sont laissés à l’imagination, une fois les donateurs ou bienfaiteurs identifiés ;

 

  • Enfin, les rares actions bien détaillées (1er et 2ème points) à travers leur exécution, le suivi et les objectifs, concernent l’organisation du Forum de Réconciliation et le dialogue. Le plan d’action se limiterait bien à ces 2 points car le saupoudrage que recèle le document ne traduit que des insuffisances : amateurisme des rédacteurs qui se répercute sur la rapidité des décideurs mal assistés malgré leur volonté sans faille.

 

La mise en œuvre des premières actions relatives au Forum de Réconciliation Nationale et au Dialogue a servi de premier test de pertinence du Plan. Séléka reconnue plutôt comme une force armée (militaire non intellectuelle), s’est révélée fin Diplomate conséquent. Ayant perçu la farce, Séléka est allée droit à la solution extrême. En substance, sa position pose le véritable problème en des termes clairs : « vous voulez nous amuser, alors amusons-nous, car comment voguer vers la réconciliation sans tenir compte des points déjà discutés et adoptés dans le cadre des précédents accords, sans échafauder une plateforme indicative de progrès politique ou social, sans une véritable répartition des responsabilités, des moyens dans le temps et l’espace !» 

.

L’accord relatif à la cessation des hostilités a été signé et sa consolidation tient encore à la poursuite du dialogue interne. Or la nomination du 1er animateur (le Premier Ministre) consacre plutôt un dialogue de sourds.

Une matrice crédible pour une feuille de route digne de la RCA

 

Les conditions de réussite d’une transition ont été analysées par le Groupe de Patriotes pour la Défense de Centrafrique  (GPDC) qui réfléchissent, même sans voix. La transition n’atteindrait jamais ses objectifs :

 

  • Si le respect des acquis n’est pas acquis : tous les accords et les modalités d’application doivent être compris, appliqués dans la transparence et l’équité car il s’agit d’un seul et même pays ;

 

  • Si l’analyse de la situation à chaque évolution est biaisée et conduit aux actions inappropriées : souveraineté, coopération et nationalité sont des conditions d’existence de l’Etat. La 1ère doit être reconquise, la 2ème organisée en faveur de la 1ère, et la 3ème protégée ;

 

  • Si le clientélisme, l’amateurisme et l’inertie des animateurs, des acteurs bénéficiaires ne sont pas reconnus, dénoncés et corrigés : les dirigeants privilégient leurs familles qui ne sont pas toujours nanties des compétences utiles. Ceux qui s’opposent ne construisent rien et ont déjà été vus à l’œuvre. Tous tournent en rond ;

 

  • Si la Communauté Internationale ne vise pas son propre départ : il est préférable « d’apprendre à pêcher plutôt que de donner du poisson ». Si la défense de la RCA, sa trésorerie, les initiatives politiques et l’animation de la vie politique ou sociale, sont externalisées, aucun progrès vers la normalité n’est possible.

 

En reconnaissant ces assertions, la matrice indicative et d’orientation d’un plan d’actions efficace pourrait privilégier les rubriques ci-dessous dont le développement par les parties doit être une occasion de dialogue bénéfique :

 

Matrice des axes stratégiques de la Transition Consensuelle Inclusive et Apaisée

 

VISION

AXES STRATEGIQUES

ORGANISATION

RESULTATS

UN ETAT

COMPLET

- Mise en place toutes les institutions

- Fonctionnement appareil administratif

- Activité de l’administration du territoire

- Activité ouverte des partis politiques

 

 

LA SECURITE

GARANTIE

- Stratégie mixte de la Défense

- Redéploiement des forces mixtes

- Reconstitution des Forces Nationales

- Mise en place Médiation nationale

 

 

LA VIE SOCIALE NORMALISEE

- Bilan officiel des pertes & anomalies

- Mise en place Commission VéritéPaix

- Campagne communication citoyenne

- Actions de Justice ciblées (restitution)

 

 

LA PREPARATION DES ELECTIONS

- Listes électorales

- Loi électorale

- Administration électorale

- Lancement de la campagne électorale

 

 

 

Les parties en présence réunies, déclinent la matrice en actions détaillées.

 

Groupe de Patriotes pour la Défense de Centrafrique (gpdc082014@gmail.com)

LA RECONCILIATION DES CENTRAFRICAINS EST ENCORE  UNE VUE D’ESPRIT ET NON PAS UNE REALITE DE FAIT

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