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27 août 2014 3 27 /08 /août /2014 11:08

 

 

 

 

 

Depuis que la RCA traverse la crise politique sans précédent de son histoire, on- le citoyen lambda- a comme l’impression que les acteurs politiques en présence- gouvernants, forces belligérantes- ont tendance à passer en second plan la dimension humanitaire de ce conflit pourtant représentative de l’un des nœuds du problème centrafricain actuel, laissant du coup de facto le règlement de cette épineuse question aux seules ONG locales et internationales qui -Dieu merci- font ce qu’elles peuvent, avec leurs moyens limités, pour soulager les souffrances des populations.

 

Le nouveau gouvernement de transition doit, sans tarder au regard de ses prérogatives régaliennes dans un Etat de droit, se replacer rapidement en première ligne pour apporter un début de solutions durables à l’enfer innommable que vit une partie importante du peuple centrafricain. Point n’est besoin de rappeler  avec force que le règlement de cette question humanitaire est aussi l’une des conditions requises du vivre-ensemble et de la cohésion nationale que nous et, avec nous, la communauté internationale appelons de nos vœux.

 

Au-delà des aspects essentiellement de prise en charge sanitaire de ce cette crise endémique à mesure que le temps passe, aujourd’hui, l’urgence humanitaire, en RCA, pose principalement la question de la gestion du retour des personnes déplacées dans leurs lieux d’habitation sur l’ensemble du territoire national (I) et la question de l’indemnisation des victimes directes et collatérales des violences politiques (II).

 

I. Le traitement de la problématique du retour des personnes déplacées dans leurs lieux d’habitation

 

Il est de notoriété publique qu’aujourd’hui, la RCA compte -si je ne m’en abuse- près de 2 millions de personnes déplacées internes et externes- sur une population estimée à 5,5 millions d’habitants- dues aux conséquences désastreuses de cette crise multidimensionnelle dans laquelle le pays, à son corps défendant, est enlisé depuis plusieurs années. Ce chiffre est considérable à l’échelle du pays et de sa population ; c’est le moins que l’on puisse dire.

 

Cette population déshéritée et désarmée a semblé, jusqu’ici, ne pas avoir fait partie des préoccupations constantes des gouvernements successifs si l’on en juge par le sort qui leur a  été fait. C’est pourquoi, nous nous permettrons, compte tenu du caractère urgent de cette situation, d’attirer expressément, l’attention du nouveau gouvernement sur l’impératif de s’occuper, en premier lieu, de la problématique du retour de ces concitoyens déplacés surtout internes, contraints de vivre terrés en brousse, dans des camps de fortune, dans les églises ou dans des conditions spartiates, dans leurs lieux de résidence, sur l’ensemble du territoire national.

 

Cette question se pose avec d’autant plus d’acuité que l’on s’approche, chaque jour un peu plus, de la saison des pluies, souvent à l’origine d’intempéries, d’épidémies et notamment de la propagation de maladies (malaria, diarrhée, maladies hydriques). Si cette situation de déplacement forcé oblige ces valeureux concitoyens à vivre dans des conditions sordides, d’insalubrité et d’indigence, elle empêche également les parents d’enfants en âge scolaire d’envoyer, dans les conditions décentes, leurs rejetons à l’école à l’approche de cette rentrée scolaire 2014.

 

Aussi, nous nous en voudrons ici de passer sous silence la question tout autant épineuse de la situation des réfugiés centrafricains installés dans les pays limitrophes qui sera- je l’espère- probablement traitée ultérieurement, précisément, lorsque les conditions de leur sécurité et de leur retour au bercail seront réunies. Nous souhaitons que cette question puisse être traitée notamment dans le cadre du dialogue politique national qui sera organisé à relativement brève échéance.

 

L’on ne doit, dans ces circonstances, se permettre de sacrifier l’avenir de cette jeunesse qui pourrait, au meilleur des cas, représenter dans le futur une chance pour le pays mais aussi, dans l’hypothèse inverse, devenir à terme une véritable bombe sociale à retardement si on néglige de prendre les taureaux par les cornes.

 

On ne doit pas aussi oublier que cette population déplacée, représente, dans son ensemble, une force sociale et économique du pays grâce à laquelle les étals de nos marchés et nos boutiques sont régulièrement approvisionnés en produits alimentaires, en vivres et denrées de première consommation. Ainsi, rien ne saurait justifier que l’on leur tournât indéfiniment et impunément le dos sous peine d’être taxé et ce, à juste cause, demain de non assistance à peuple en danger.

 

Le gouvernement de transition II, qui vient de naître au forceps dans le sillage des accords de cessation des hostilités de Brazzaville, doit donc engager immédiatement et sans délai les actions de proximité et de sensibilisations nécessaires tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays afin de permettre à ces populations de regagner leur domicile et ainsi de reprendre le cours normal de leurs vies et de leurs activités souvent de nature agreste et commerciale.

 

Il ne faut pas que le socialement provisoire devienne socialement durable.

 

Cela suppose, nous répondrait-on, de réunir les conditions minimales de sécurité propres à assurer le retour de la confiance des populations concernées.

 

Nous ne le dirons jamais assez mais la mission de sécurisation des populations et de nos territoires incombe justement à l’Etat qui doit s’y atteler impérativement.

 

C’est pourquoi, nous considérons, dans ces conditions, que l’action humanitaire d’urgence, bloc de compétence transversale s’il en est, doit dorénavant devenir la priorité des priorités du nouveau gouvernement ; priorité sans laquelle, il ne saurait y avoir de place pour la cohésion sociale, objectif à atteindre in fine.

 

C’est dans ce contexte, qu’il faudra envisager les aspects liés proprement à la réparation des victimes des dommages politiques issus des crises sociétales récurrentes.

 

II. La question non moins essentielle de l’indemnisation des victimes des violences politiques à répétition

 

La problématique de l’indemnisation des victimes directes et collatérales des conflits politiques en RCA ne saurait, d’autre part, être occultée.

 

Depuis plusieurs décennies, nos populations n’ont cessé de subir les conséquences néfastes des différentes violences politiques. C’est pourquoi, nous pensons qu’il devient urgent de mettre en place au profit des victimes un système adéquat de compensation financière lorsqu’on sait que construire une maison en Centrafrique ou réunir les moyens financiers nécessaires pour créer une activité économique relève souvent du parcours du combattant et de l’exercice délicat d’équilibrisme.

 

Le nouvel exécutif incarné par madame Catherine Samba-Panza et monsieur Mahamat Kamoun doit se pencher sur cette question fondamentale et y réfléchir très sérieusement grâce, éventuellement, à l’appui financier de nos partenaires au développement.

 

L’indemnisation des victimes des violences politiques s’analyse comme l’un des paramètres essentiels de la pacification et de la réconciliation de la société centrafricaine. C’est aussi un moyen pour la nation de pouvoir panser définitivement ses plaies ouvertes.

 

Il ne faut pas perdre de vue que les crises politico-militaires centrafricaines à répétition ont créé de nombreuses frustrations au sein de la collectivité nationale, élargissant encore un peu plus la fracture sociale qui était déjà béante. Nous pensons singulièrement aux familles qui ont dû perdre les leur, aux personnes qui ont vu leur maison détruite, à celles qui ont perdu leurs biens ou encore vu leur outil de travail saccagé ou pillé dans un pays où l’exercice d’une activité dans le secteur informel constitue parfois la seule planche de salut ou le seul moyen de subsistance.

 

Le gouvernement, les partis politiques et les forces vives de la nation devront placer en bonne place des débats de la conférence nationale de réconciliation annoncée cette question, à nos yeux, primordiale, de l’indemnisation des victimes des violences politiques.

 

C’est dans cette optique que, nous préconisons, à cet égard, la création d’un fonds social d’indemnisation en faveur des victimes des violences politiques ; fonds qui pourrait être alimenté à partir des contributions publiques directes et d’aides financières en provenance de pays et d’organismes amis.                                                                                   

                                                                                                 Fait à Paris, le 26/08/2014

 

                                                                                                Wilfried Willy ROOSALEM

 

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