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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 11:30

 

 

 

 

 

09/08/14 (PANA)

 

Une délégation des chefs religieux en provenance de la République centrafricaine (Rca) comprenant notamment l'évêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, ainsi que le Grand imam de ce pays, Oumar Kobine Layama, séjourne depuis ce jeudi à Kigali pour un voyage d'études de deux jours au cours duquel ils doivent s'enquérir des progrès accomplis par le Rwanda en matière de résolution des conflits, compte tenu des conséquences du génocide de 1994, a constaté un correspondant de la PANA sur place.

 

Au cours de leur premier jour de visite au Rwanda, les religieux centrafricains accompagnés par leurs pairs rwandais, ont visité le mémorial du génocide de Gisozi, une colline surplombant la ville de Kigali; les deux personnalités religieuses se sont recueillies devant le monument où sont inhumés les restes de quelque 280.000 victimes du génocide perpétré contre les Tutsis en 1994.

 

'Nous sommes venus visiter le mémorial [du génocide] pour nous rendre compte de l'ampleur des tragédies de 1994 au Rwanda (...) La communauté internationale est exhortée à agir afin que ce qui s'est passé au Rwanda ne se reproduise jamais plus, en Afrique ou ailleurs dans le monde', a déclaré Mgr Nzapalainga, visiblement ému.

 

Par ailleurs, cette visite des chefs religieux centrafricains intervient au moment où les exactions et les représailles entre milices en Centrafrique ont fait plusieurs milliers de morts, notamment parmi la population civile au cours de six derniers mois, selon les organismes humanitaires sur place.

 

Les politologues estiment que le conflit qui prévaut actuellement dans certaines régions isolées de la République centrafricaine, est lié notamment aux tensions qui sont fréquemment présentées comme un nouvel exemple de guerre des religions dans ce pays où la population se répartit en 45% de protestants – surtout évangélistes -, 35% de catholiques, 15 % de musulmans et 5% d’animistes.

 

Depuis le mois de janvier 2014, le Rwanda, comme un certain nombre de pays africains, a participé au maintien de la paix en Centrafrique avec le déploiement de quelque 800 soldats pour renforcer l'effectif des troupes de l'Union africaine en République centrafricaine (Misca).

 

Les troupes de la Misca collaborent étroitement avec quelque 1.600 soldats français déjà déployés sur le terrain, sous le mandat de l'Onu, dans des opérations de maintien de la paix dans ce pays d'Afrique centrale ravagé par le cycle de la violence et de la vengeance symbolisé par des affrontements entre chrétiens et musulmans, indique-t-on.

 

Les milices anti-Balaka ('Ennemis de la paix'), ces paysans chrétiens armés de machettes et de fusils, tendent régulièrement des embuscades sur les routes reliant la capitale centrafricaine à d'autres destinations pour semer le chaos dans ce pays, quelques mois après la démission forcée du président Michel Djotodia et de son Premier ministre Nicolas Tiengaye.

 

D'après un récent rapport rendu public par l'organisation Human Right Watch (Hrw), ce conflit centrafricain a été alimenté notamment par des raids punitifs menés par d'ex-rebelles de la 'Séléka' de Michel Djotodia contre des villages à prédominance chrétienne, qui par la suite ont été suivis par des attaques de représailles contre des musulmans, donnant une dimension sectaire au conflit.

 

 

 

Rwanda: tirer les leçons du génocide pour la RCA et le Soudan du Sud

 

par RFI  09-08-2014 à 11:42

 

Des responsables religieux de République centrafricaine et des associations de jeunes du Soudan du Sud viennent de passer deux jours au Rwanda suivre une conférence sur la paix et la réconciliation. La République centrafricaine et le Soudan du Sud traversent tous deux un très grave conflit dans lequel la religion ou l’ethnie est largement instrumentalisée, au point que la communauté internationale avait pointé le risque pour ces deux Etats de sombrer dans un génocide. Au Rwanda, en 1994, le génocide perpétré par le régime hutu extrémiste contre la minorité tutsi a fait environ 800 000 morts en à peine 100 jours. 

 

Comprendre les mécanismes pouvant mener à un génocide et faire partager l’expérience du Rwanda en matière de réconciliation, tel est l’objectif affiché des organisateurs de cette conférence, à savoir Aegis Trust, l’ONG qui gère le mémorial de Kigali et la société civile.

 

Parmi les invités de la délégation centrafricaine, l’archevêque de Bangui, Monseigneur Nzapalainga. Ce denier voit des similitudes entre ce qui s’est passé au Rwanda et le conflit en Centrafrique, entre l’ex-rébellion Seleka et les miliciens anti-balaka, mouvements respectivement à dominante musulmane et chrétienne : « Au Rwanda, l’ethnie a été instrumentalisée, chez nous on a pris la fenêtre d’entrée "religion" pour essayer d’opposer les gens. Attention, un jour, si on ne fait pas attention, un groupe va se lever pour décider d’en finir avec l’autre. Nous ne voulons pas en arriver là », confie-t-il.

 

Du côté de la délégation du Soudan du Sud, Nicholas Aru Maan Chot, co-fondateur d’une organisation œuvrant pour la paix, a particulièrement été intéressé par l’expérience des Gacaca, ces tribunaux populaires qui ont jugé les exécutants du génocide au Rwanda : « Les tribunaux Gacaca sont très intéressants, car c’est une solution qui n’est pas chère. Les gens ont juste à s’installer sous les arbres. Et ça les encourage à parler librement. Après, ils demandent à être pardonnés, ils sont pardonnés. Il y a tellement de choses ici qui peuvent être empruntées et utilisées au Soudan du Sud... »

 

Les organisateurs de ces rencontres espèrent renouveler cette expérience tous les ans.

Des chefs religieux centrafricains à l'école du Rwanda en matière de résolution des conflits

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