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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 23:17

 

 

 

 

 

 

(Jeune Afrique)

 

Plus de 500 000 personnes ont été déplacées en raison de la crise centrafricaine, selon Médecins sans frontières (MSF). Dans un rapport alarmant, l'ONG dénonce le désastre humanitaire que subissent les réfugiés musulmans, avant et pendant leur exode dans les pays voisins.

 

Ils ont été plusieurs milliers de civils à fuir les exactions à Bangui. Certains ont emprunté les convois mis à disposition par l'armée tchadienne. D'autres ont pris la route, pendant des mois, pour rejoindre la frontière camerounaise, tchadienne ou, plus rarement, congolaise. Pour tous, l'exil a été une déchirure psychologique et le trajet, un parcours semé d'embûches.

 

Dans un rapport alarmant, publié le 16 juillet et intitulé "La valise et le cercueil", l'ONG Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé une situation humanitaire "catastrophique" pour les réfugiés musulmans centrafricains qui ont fui au Tchad, au Cameroun ou en République démocratique du Congo (RDC).

 

Entre le 26 mars et le 8 avril 2014, les membres du centre épidémiologique de l'ONG ont mené une enquête de mortalité rétrospective à Sido, au sud du Tchad, auprès de familles qui ont fui le pays voisin, en proie aux violences. Assimilées aux ex-Séléka, les populations musulmanes n'ont pas eu d'autre choix que de prendre la fuite, après l'attaque de Bangui par les milices anti-Balaka en décembre, pour éviter d'être la cible des violences.

 

Un tiers des réfugiés ont perdu un membre de leur famille

 

Le rapport de l'organisation dénonce la sous-estimation de la violence. Depuis le début de la crise centrafricaine, aucun rapport n'avait fait état du taux de mortalité lié aux départs des populations. "Nous souhaitions documenter l'exode, explique Mégo Terzian, le président de MSF. Les rapports actuels minimisent les persécutions."

 

Près de 3 500 familles, soit plus de 32 000 personnes, ont raconté leur expérience au personnel de MSF. Au total, près de 2 600 personnes sont mortes entre novembre et avril 2014, la plupart d'entre elles avant leur départ vers le Tchad ou pendant leur exode. Un tiers des réfugiés ont perdu au moins un membre de leur famille. La majorité des décès constatés sont dus à l'extrême violence qui a touché avant tout les hommes, mais n'a pas épargné femmes et enfants.

 

Dans les convois chaotiques, la promiscuité des passagers a entraîné la mort par étouffement de plusieurs nouveau-nés, quand les réfugiés n'étaient pas victimes d'embuscades sur le trajet. Ceux qui ont choisi de s'y rendre à pieds ont dû se cacher dans la brousse pour éviter les attaques et les pillages, et se nourrir de racines.

 

L'espoir de retrouver un proche

 

Le Cameroun accueille actuellement plus de 100 000 réfugiés centrafricains qui s'entassent dans les camps et sont dans un état de santé déplorable. Près d'un enfant sur deux souffre de malnutrition. Après avoir marché pendant plusieurs mois, les Centrafricains sont physiquement épuisés mais ils sont nombreux à errer de camp en camp pour tenter de retrouver des membres de leur famille, ce qui ne facilite pas le suivi de certains enfants malnutris. Aujourd'hui, une centaine de réfugiés passent la frontière camerounaise chaque jour.

 

En sécurité dans les camps, les Centrafricains réfugiés au Tchad doivent, de leur côté, faire face à un nouvel obstacle. Le 10 mai, le gouvernement tchadien a décidé de fermer ses frontières pour des raisons sécuritaires. "Cette mesure a obligé les Centrafricains déjà à bout de forces à marcher davantage, à prendre des risques pour aller se réfugier au Tchad", explique Jessie Gaffric, coordinatrice de projet de MSF.

 

Une situation d'urgence

 

Autre problème : les convois empruntés étaient mis à disposition dans le cadre d'une opération d'évacuation des ressortissants tchadiens en Centrafrique, lancée en décembre 2013. Les Centrafricains qui ont fui Bangui et voyagé dans ces convois sont donc désormais considérés comme des citoyens tchadiens de retour dans leur pays, et non comme des réfugiés.

 

Lundi 14 juillet, la commission de l'Union européenne a annoncé le lancement d'un fonds fiduciaire pour stabiliser la Centrafrique. Ce fonds, baptisé Békou, qui signifie "espoir" en langue sango, devrait "permettre aux pays voisins de surmonter les conséquences de la crise". Au Cameroun, au Tchad et en RDC, les organisations humanitaires, elles, espèrent une gestion sur le long terme, pour faire face à la situation d'urgence.

 

Emeline Wuilbercq


 

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140730150025/t...

 

Centrafrique : le calvaire des réfugiés musulmans au Tchad, au Cameroun et en RDC

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