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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 23:58

 

 

 

 

A peine nommé le 10 août dernier par Mme Catherine Samba-Panza, le premier ministre Mahamat Kamoun a été fortement contesté par la société civile et quasiment l’ensemble de la classe politique dont certains leaders avaient clairement laissé entendre qu’ils n’enverraient personne dans son gouvernement. Il fallait donc s’attendre à ce qu’à peine constitué, le gouvernement de celui-ci soit évidemment rejeté. Il ne pouvait en être autrement car les inavouables préoccupations et l’alchimie ayant présidé à la composition du gouvernement Kamoun mais surtout, les conditions de l’annonce de ce gouvernement intervenue peu après le retour d’un déplacement flash la veille à Luanda de Mme Samba-Panza dans la foulée d’une adresse à la nation en français et en langue sango, tenaient d’un défi et de la provocation.

 

Il faut noter que par cette démarche qui traduisait une grande irritation de Mme Samba-Panza à l’égard du médiateur de la crise centrafricaine Denis Sassou Nguesso et des autorités françaises, celle-ci voulait ainsi répondre au président congolais qui avait cru bon lui dépêcher une délégation (reçue de façon assez cavalière au moment même où l’avion angolais venu chercher Mme Samba-Panza pour l’amener à Luanda était déjà en attente sur le tarmac de l’aéroport Bangui Mpoko)  avec un message lui demandant non seulement de surseoir à la formation du gouvernement mais aussi la démission du premier ministre Kamoun dont la désignation ne résultait pas d’une démarche consensuelle.

 

Dès lors, ce gouvernement qui a essentiellement procédé du débauchage ici et là de certaines personnalités, ne peut être assimilé à un gouvernement de vraie large ouverture comme ses promoteurs le prétendent. Ce n’est pas l’entrée de quelques leaders des bandes armées notamment anti-balaka et autre mouvement « Révolution et Justice » - dont le chef Armel Sayo est déjà soit dit en passant, épinglé pour crimes de guerre et violations de droits de l’homme dans la région de Paoua - qui peut consacrer une telle caractérisation. A cet égard, l’amertume du KNK de François Bozizé pourtant ardent partisan du forum de Brazzaville en juillet dernier mais tenu à l’écart de ce gouvernement, est clairement exprimée par son SG par intérim Bertin Béa, comme preuve du caractère non inclusif de ce gouvernement pourtant initialement annoncé comme inclusif.

 

Par ailleurs on apprend aussi avec stupéfaction qu’il a fallu que Mme Samba-Panza puisse dépêcher une délégation de plusieurs personnalités Séléka et proches d’elle à Cotonou pour demander l’implication et les bons offices de son prédécesseur  Michel Djotodia pour rendre possible le débauchage et l’entrée des personnalités Séléka et déjà ministres sortant Arnaud Djoubaye Abazène, Abdallah Kadre Hassan et Mahamat Taib Yacoub dans le gouvernement Kamoun. C’est donc avec l’aval de Michel Djotodia que ce trio indéboulonnable de ministres Séléka dont les Centrafricains ont beaucoup de mal au demeurant à percevoir la contribution dans les affaires nationales ainsi que le réel poids sur les mille et une fractions de la coalition rebelle aujourd’hui atomisée autour notamment de la question de la partition du pays.

 

Tout n’est pas de constituer un gouvernement au forceps pour donner l’impression qu’on conduit les affaires du pays en toute souveraineté mais il ne faut pas que ce faisant, on engage inutilement une épreuve de force avec la communauté internationale et ceux-là mêmes qui vous ont et continuent de vous soutenir à bout de bras au prix de beaucoup de sacrifices, on veut parler des pays de la CEMAC qui ont été rejoints seulement plus tard par ceux de la CEEAC et l’Union Africaine.

 

Aujourd’hui, on a l’impression que Mme Samba-Panza veut jouer l’Angola et le président Eduardo Dos Santos contre le Congo Brazzaville et son président Denis Sassou Nguesso. Qu’elle se renseigne un peu auprès de François Bozizé qui à la fin de son règne, avait voulu jouer à ce jeu consistant à faire de Jacob Zuma le médiateur de la crise centrafricaine en remplacement de Denis Sassou Nguesso. Mal lui en a pris puisqu’il a perdu le pouvoir dans les conditions que l’on sait.

 

La rédaction

Catherine Samba-Panza défie la communauté internationale

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