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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 12:17

 

 

 

 

 

http://www.marianne.net/   Lundi 21 Juillet 2014 à 05:00

 

Alors qu'à partir de demain et jusqu'au 23 juillet doit se tenir le forum de Brazzaville au cours duquel il est prévu de faire signer un cessez-le-feu entre anti-balakas et la Seleka, "Marianne" a retrouvé la trace d'un proche du président François Bozizé, Lévy Yakété. Celui-ci aurait trouvé refuge en France depuis octobre 2013. Il est notamment accusé par les Nations unies d'avoir "recruté de jeunes miliciens pour agresser à la machette les personnes hostiles au régime".

 

La France héberge-t-elle un criminel centrafricain ? C’est du moins ce que suggère le rapport d’Amnesty international, publié début juillet. « République Centrafricaine : il est temps de rendre des comptes »,  le titre du rapport est on ne peut plus clair. L’association dénonce l’impunité des responsables présumés des violences en République centrafricaine. 

  
Parmi les noms cités, on trouve celui de Lévy Yakété. Fidèle du président Bozizé, destitué par la rébellion musulmane Séléka, il a été sanctionné le 9 mai 2014 par le Conseil de sécurité des Nations unies pour s’être « livré ou (avoir) apporté un appui à des actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité de la République centrafricaine ». Toujours selon les Nations unies, il est « accusé d’avoir ordonné l’arrestation de personnes ayant des liens avec la Séléka, commandé des attaques contre des opposants au président Bozizé et recruté de jeunes miliciens pour agresser à la machette les personnes hostiles au régime ». 

 

Mais Lévy Yakété vit donc aujourd’hui en France, entre Paris et Nantes où il a de la famille. Et ce, d’après lui, depuis le 5 octobre 2013. Avant donc les sanctions qui prévoient l’interdiction de voyager et le gel de ses avoirs. Des sanctions que le Quai d’Orsay, joint par Marianne, a confirmé appliquer. 

  
Yakété, lui, explique n’avoir reçu aucune notification de ses sanctions : « Je l’ai découvert sur RFI, puis je suis allé voir mon nom sur le site des Nations unies. J’ai attendu un mois avant de faire une demande de radiation de cette liste. Les Nations unies en ont accusé réception et m’ont renvoyé un courrier m’expliquant avoir transmis le dossier à la France car c’est elle qui est à l’origine de ces sanctions et que je vis actuellement dans ce pays. Pour le moment je n’ai pas de nouvelles ». 

  
Ces sanctions des Nations unies ne semblent pas vraiment le gêner. D’après Amnesty international, l’homme n’a pas de fortune. Il n’y aurait donc pas grand-chose à geler. « J’ai un compte postal sur lequel ma famille me verse un peu d’argent pour mes besoins personnels, mais c’est tout. Là, ils ont tiré dans l’eau, comme on dit chez nous », explique Lévy Yakété. 

  
L’interdiction de voyager ne semble pas le déranger non plus. Sa fille et son fils vivent en France. C’est d’ailleurs comme ça qu’il a obtenu un titre de séjour « vie privée et familiale ». Le ministère de l’Intérieur, contacté à plusieurs reprises par Marianne, n’a pas confirmé sa validité et n'a d’ailleurs pas souhaité faire de commentaires sur le sujet. 

  
Lévy Yakété peut également, s’il en faisait la demande, se rendre au sommet de Brazzaville qui se tiendra à partir de demain, lundi 21 juillet, et jusqu’au 23 juillet où un cessez-le-feu entre Sélékas et anti-balakas (les milices chrétiennes) devrait être signée. Les sanctions prévoient en effet une dérogation si le voyage se fait pour la paix. Oui mais voilà, Lévy Yakété n’a pas été invité. L ‘homme en est vexé. « Je l’ai dit à plusieurs reprises : il faut faire la paix. Personne n’a voulu ce qui est arrivé sauf la Séléka et ceux qui l’ont commandé. Ce sont eux qui ont voulu que la République centrafricaine se retrouve dans cette situation. Nous, nous ne l’avons pas voulu. Nous avons réagi par instinct de survie ». Yakété prône donc la paix, mais tout en semblant encore plein de rancune. Une fois qu’il est lancé, il a d’ailleurs bien du mal à s’arrêter. Il s’insurge notamment contre les Nations unies, contre les accusations qui sont portées contre lui plus que contre les sanctions. 

  
Lui se dit innocent et considère que c’est aux autres d’apporter la preuve du contraire. Il rappelle ses actes pour défendre le pouvoir, « des actes pacifiques et citoyens », assure-t-il. Et il ne renie pas le communiqué du 13 mars 2013, de la coalition citoyenne d’opposition aux rebellions armées, mouvement qu’il a fondé, même si celui-ci a été exhumé sur un site qui ne lui est pas favorable. Dans ce communiqué, il déclarait que « la loi fondamentale de la République oblige tous les fils et toutes les filles de Centrafrique à s’opposer par tous les moyens à tout acte visant à compromettre l’ordre public, la démocratie et mettant en péril la souveraine nationale ainsi que la vie du peuple centrafricain ». Rappelons que dans le cas présent, l’expression « tous les moyens » inclut aussi les armes… 

  
D’après lui, il serait aujourd'hui considéré par une partie du pays « comme un martyre » et quand il « parle, (sa) voix porte encore ». Une façon de montrer qu’il est toujours influent, sans pour autant reconnaître son implication dans quelque événement que ce soit. 

 

 

NDLR : S'il est vrai que le nom de Levi Yakété figure aux côtés de celui de François Bozizé sur la liste de ceux qui font l'objet des sanctions onusiennes, d'autres bozizistes bien connus qui ont commandité et payé des jeunes désoeuvrés pour brûler le drapeau français et caillasser l'ambassade de France, des USA et du Tchad à Bangui, ont réussi à trouver aussi refuge en France et y coulent des jours tranquilles dans le secret espoir qu'un beau jour, leur vedette reviendrait au pouvoir à Bangui. 

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