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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 14:01

 

 

 

 

 

 

La dignité d’un peuple a une valeur inestimable ; elle est la résultante de la volonté et la capacité de chaque individu à lutter pour la liberté de la collectivité et, in fine, pour son indépendance. Elle est d’ailleurs le fondement de la liberté inlassablement recherchée et même d’une certaine fierté nationale. Cela signifie qu’un peuple qui perd sa dignité ne peut se prévaloir de sa liberté et donc de son indépendance. Par la culture de cette valeur, un peuple est en capacité de se faire respecter par d’autres, de faire entendre sa voix, voire de s’imposer dans le concert des nations, quel que soit son statut et son rang sur l’échiquier international. Et c’est ce que comprit très tôt Feu Barthélémy BOGANDA (paix à son âme) lorsqu’il inséra cette valeur en bonne place dans la Devise de la république centrafricaine.

 

En effet, le sentiment patriotique recommande que rien, absolument rien, ne justifie que cette valeur suprême de Dignité inscrite au patrimoine idéologique national de Centrafrique (au même titre que l’Unité et le Travail) puisse être allègrement foulée au pied par ceux qui ont vocation à conduire la destinée des centrafricains. Cela suppose que chaque centrafricain(e), à la place qui est la sienne ou en fonction des responsabilités qui lui incombe, devrait activement tout mettre en œuvre pour, non seulement consolider l’unité de la nation et promouvoir le travail, mais surtout préserver la dignité de la patrie. Si un tel principe de base, caractéristique de l’esprit civique et/ou patriotique, était respecté, la république centrafricaine serait sortie depuis longtemps de la crise politico-militaire qui la gangrène, et aurait donc amorcé la réconciliation ainsi que la reconstruction.

 

Seulement voilà, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est pourtant tout le contraire de ce principe fondamental dont le non-respect est, de mon point de vue, à l’origine de cette crise et l’alimente depuis fort longtemps, qui est pratiqué non seulement par les protagonistes (Séléka et Anti-Balaka), mais également par les différentes Autorités de transition, à la grande tristesse du peuple centrafricain victime d’affreuses barbaries en tout genre ; de quoi susciter encore plus l’indignation et la colère des centrafricains ainsi que les Amis de Centrafrique qui ne cessent de s’émouvoir de cette dramatique situation.

 

La devise centrafricaine est réduite aux slogans creux et vides de sens. L’Unité-Dignité-Travail ont disparu des actes et pratiques de la vie politique, économique, sociale et culturelle. Les centrafricains démontrent ainsi en face du monde entier qu’ils se haïssent (en s’entretuant comme des animaux) et qu’ils n’aiment pas leur pays (en pillant et en détruisant systématiquement toutes les infrastructures publiques et privées). Incapables d’enterrer définitivement la hache de guerre, malgré d’innombrables assises dont les recommandations restent souvent lettres mortes, ils ont perdu progressivement l’autonomie sur leur pays et laissé ainsi la communauté internationale et autres (certains Etats voisins) décider de leur sort et des transitions à répétition infructueuses les unes que les autres.    

 

Et comme si cela ne suffisait pas, voici qu’un acte diplomatique répréhensible contre la représentante de Centrafrique est ostensiblement posée à Malabo lors du sommet des Chefs d’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale. La Présidente de la transition centrafricaine, pas moins Cheffe d’Etat que les autres Chefs d’Etat des pays membres de la CEEAC, s’est faite débarquer d’une séance solennelle concernant notre pays la RCA. Non seulement elle est empêchée de participer aux prises de décisions, mais elle est même empêchée d’y assister : le  comble ! En plus, par courtoisie, elle obtempère et attend sagement au fond du couloir pendant deux longues heures sans sourciller, incitant le Chef du gouvernement à exprimer sur une chaîne de télévision étrangère une grande frustration par rapport à cette situation.

 

Or, d’un point de vue de la légalité internationale, l’objet crucial de ce sommet, ainsi que les points à débattre, (même  celui d’une éventuelle démission) ne nécessitaient pas le débarquement de la Présidente et, par conséquent, il n’y avait aucun inconvénient à ce qu’elle prenne part aux échanges, ne serait-ce que par respect pour son statut en tant que principale représentante des centrafricains ; et sur la base de ce statut, elle était en droit de faire preuve, dans ces circonstances, d’un minimum de caractère devant ses paires de la CEEAC pour les convaincre de la nécessité de respecter ce peuple tant meurtri. Hélas !    

   

Evidemment, au vu de cette action diplomatique au relent exclusif du sommet de Malabo, ce sont tous les centrafricains (que représente Madame SAMBA-PANZA) qui se sont sentis humiliés et dissociés des prises de décisions qui les concernent au premier chef, laissant penser à tous ceux qui se font encore d’illusions sur la souveraineté de Centrafrique que ce pays est, de fait, sous tutelle de la communauté sous régionale et internationale. C’est la preuve que les autorités centrafricaines n’ont plus droit désormais au chapitre, ni pour la formation du gouvernement (pour laquelle elles sont obligées de se soumettre à l’arbitrage de certains dirigeants de la sous-région), ni pour le réarmement des forces de défense et de sécurité, que pour le calendrier électoral, pour ne citer que ces exemples.

 

En agissant ainsi, la communauté sous régionale donne l’impression de mépriser, une fois de plus, la dignité du peuple centrafricain en imposant de l’extérieur, comme c’est le cas depuis plus d’une décennie, des solutions qui ne tiennent non seulement pas compte de la spécificité de la crise centrafricaine, mais génèrent de surcroit d’autres crises; du coup, la situation s’aggrave et s’enlise inexorablement au grand désespoir des populations civiles innocentes victimes des conséquences d’actes criminels quotidiennement perpétrés dans le pays.

 

Eu égard à la déchéance morale, politique, économique, sociale et culturelle que connait la république centrafricaine depuis plusieurs années, et qui a  considérablement altéré la dignité du peuple centrafricain, le moment est venu de voir chaque citoyen s’indigner davantage contre :

 

  • Les errements et dérapages en tout genre ;
  • Les animosités et bestialités ;
  • Les exactions inqualifiables et violations outrancières des droits humains ;
  • L’autodestruction systématique des infrastructures publiques et privées ;
  • La destruction des ressources naturelles
  • Les turpitudes de nos hommes politiques passés et présents ;
  • La résignation, le laisser-aller et le laisser-faire ;
  • Le népotisme chronique, le clientélisme exacerbé et la gabegie financière maladive de nos dirigeants de ces dernières années ; 
  • Les manœuvres de subversion des assoiffés de pouvoir ;                                  
  • Les diktats de certains dirigeants africains ;
  • Le  manque de considération infligé aux autorités centrafricaines ;
  • L’humiliation de nos dirigeants et représentants par les instances sous régionales et internationales ;
  • Les actions hégémoniques de certains pays voisins ;
  • Les  tentatives de déstabilisation et de partition du pays ;
  • Les  opérations criminelles menées par les groupes armés nationaux et étrangers ;
  • Les  injonctions liées au réarmement des forces de défense et de sécurité…
  •  

Bref, indignons-nous davantage contre toutes sortes de dérives (qu’elles proviennent de nous centrafricains ou des autres) pour que la nation centrafricaine retrouve son UNITE, sa DIGNITE et se remette au TRAVAIL en vue de la réconciliation et de sa reconstruction.       

 

A Paris, le 01/07/2014

Médard POLISSE-BEBE

                                                                           Philosophe

PEUPLE CENTRAFRICAIN, INDIGNONS-NOUS ! par Médard POLISSE-BEBE

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