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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 12:49

 

 

 

 

 

http://jactiv.ouest-france.fr/   jeudi 17 juillet 2014 à 08:52.

 

Samedi, c'est aussi leur Triomphe. Centrafricains ou Maliens, ils sont diplômés de Saint-Cyr Coëtquidan, à Guer (Morbihan. Et vont repartir officier dans leur pays en Afrique.

 

« C'est une énorme satisfaction personnelle d'être ici. Pour un Africain, c'est impensable d'étudier à Saint-Cyr, j'ai eu une chance énorme. J'espère refléter cela dans mon pays en revenant. » Ce n'est pas à Bangui, la capitale de la Centrafrique que Marciano Delengue, 29 ans, a fait ses armes, mais bien à Saint-Cyr, en tant qu'élève étranger. Il y a trois ans, ce père de famille, ancien diacre, a été sélectionné parmi 10 candidats centrafricains, pour rejoindre les rangs de la prestigieuse école. C'est comme ça que Yacouba Daouda, un Malien de 24 ans, s'est lui aussi retrouvé à Guer. « Je suis fils de militaire, alors intégrer l'armée, c'était un rêve d'enfant. »

 

Entre nostalgie et impatience

 

L'armée dispose depuis plus de 25 ans d'accords de Défense avec 15 pays, dont une grosse majorité en Afrique de l'Ouest et subsaharienne, mais aussi avec la Corée ou le Vietnam. Avec une condition : aussitôt formés, les élèves militaires retournent dans leur pays, pour intégrer l'armée locale. Cette année encore, 19 élèves étrangers sortiront diplômés de Saint-Cyr, lors de la cérémonie du Triomphe, ce samedi. Ils devront ensuite faire une année de perfectionnement, avant de rentrer chez eux.

 

Mais, étudier la Défense en France, alors que l'on est ressortissant du Mali ou de Centrafrique, deux pays qui ont récemment connu la guerre, n'est pas chose facile. « À cause de la crise en Centrafrique, je vais sûrement repartir un an plus tôt dans mon pays et intégrer l'infanterie. J'attends la décision de l'état-major », confie, inquiet, Marciano. L'année dernière, il n'a pas pu rentrer voir sa femme et ses deux enfants, en raison de la situation politique. « Ce que je sais de ce qui se passe là-bas, je le sais uniquement par les médias et par ce que l'on veut bien me dire au téléphone. »

 

L'inquiétude est palpable aussi, chez Yacouba, qui a perdu un frère sur le front, en 2013. « J'ai réussi à retourner au Mali, l'été dernier. Mais cela reste difficile à gérer cette année car mes parents habitent à Gao, l'une des villes prise par les rebelles. » Il est pressé d'y retourner pour être sur le terrain, dans l'infanterie lui aussi.« Je vais pouvoir travailler avec les élèves français que j'ai côtoyés ici ! »

 

La situation pour ces élèves est ambiguë, partagés entre la nostalgie de quitter un pays et l'impatience d'en retrouver un autre. « On laisse une vie dernière nous, ça ne s'oublie pas », confie Marciano« Je ne me suis pas contenté de vivre à Saint-Cyr, explique quant à lui Yacouba, qui va rester encore une année ici pour se spécialiser dans l'infanterie. J'ai découvert la France, avec des personnes qui m'ont apporté énormément. Mais il faut penser à l'avenir de notre pays. »

 

Vendredi et samedi. Festival international du livre militaire, à partir de 15 h, vendredi, aux Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan à Guer. Portes ouvertes et spectacle traditionnel, samedi, de 9 h à 20 h. Entrées libres. Accès tribunes pour le spectacle 15 € ; 8 € pour les enfants de 5 à 10 ans.

 

Iris PERON.

 

 

(Yacouba Daouda et Marciano Delengue)

Lu pour vous : Diplômés de Saint-Cyr, ils partent dans leur pays en guerre

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