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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 22:36

 

 

 

 

 

 

http://afriqueinside.com/   juillet 7, 2014

 

La France dresse un bilan négatif de la transition qui dirige la Centrafrique en proie aux violences depuis un an. Les accrochages de ces derniers jours impliquant les soldats français et européens ainsi que le niveau d'insécurité dans le pays, inquiètent Paris qui juge la transition incapable de trouver une issue politique à la crise.

 

Depuis plusieurs semaines, la situation sécuritaire en Centrafrique s’est largement dégradée au point que le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a entamé ce lundi une visite de deux jours en Centrafrique. Il y a quelques jours, des accrochages ont fait dix blessés dans les rangs de l’opération Sangaris et de la force Eufor-RCA à Bangui, la capitale et à Bambari dans le centre du pays. Si au sein de l’état-major français, on fait remarquer que la Centrafrique est fragmentée en zones plus ou moins stables et en zones fortement marquées par des pics de violences, le bilan humain sur le plan civil et militaire reste extrêmement préoccupant. Ces dernières semaines, de nombreux civils ont perdu la vie lors d’attaques perpétrées par les milices anti-balaka et l’ancienne rébellion Séléka.

 

Autant dire que les tensions restent vives alors que le pays semble divisé en deux, au nord, l’ex-Séléka de confession musulmane et au sud, les milices chrétiennes anti-balaka. Sur place en Centrafrique, les forces internationales ne parviennent pas à désarmer ces anciens rebelles et les miliciens. Pourtant, il s’agit de leur première mission pour sécuriser le pays. La France a ainsi déployé 2000 soldats dans le cadre de l’opération Sangaris sur place depuis le 5 décembre dernier au côté de la force africaine (5.800 hommes au sein de la MISCA) et tout récemment des soldats européens de l’Eufor-RCA (700 hommes). Aujourd’hui au sein de l’état-major français, on pointe les lacunes de la transition. Faute de cadre politique, impossible de mettre sur pied le processus de désarmement, le programme DDR (Désarmement, démobilisation et réinsertion). Un programme que les transitions successives à la tête du pays ne sont pas parvenues à concrétiser. Du temps de Michel Djotodia, ex-chef de la Séléka arrivé au pouvoir à la faveur d’un coup d’état contre l’ancien président François Bozizé, le processus DDR avait pourtant été relancé mais sans un soutien financier et logistique prioritaire de la part de la communauté internationale.

 

Les jours de Catherine Samba-Panza sont-ils comptés?

 

Un an après le début de la crise centrafricaine, retour à la case départ. Et voilà maintenant que le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian en visite à Bangui dresse un bilan négatif de la transition actuelle dirigée par Catherine Samba-Panza soulignant les lacunes du processus politique en panne selon lui. Il est vrai que la présidente de la transition avait promis d’oeuvrer en faveur d’une réconciliation nationale, une promesse impossible à tenir tant les divisions communautaires et l’insécurité dominent dans le pays. Il est vrai aussi que les divisions politiques au sein même de la transition représentée par une forte diaspora ont freiné l’avancée d’un dénouement politique, seule réponse possible à la crise centrafricaine, martèle désormais Jean-Yves Le Drian. Ce dernier devait s’entretenir avec Mme Samba-Panza ce lundi. Ainsi après le départ forcé de Michel Djotodia banni par la France et les pays d’Afrique centrale en raison d’un bilan marqué par des violences et des divisions inter-religieuses, c’est au tour de Catherine Samba-Panza de justifier son bilan et son action que la France juge peu efficace. Les autorités françaises et centrafricaines se tournent désormais vers les pays d’Afrique centrale qui ont décidé en juin dernier à Malabo d’organiser une conférence de réconciliation au Congo à Brazzaville, chez l’un des médiateurs en titre dans la crise centrafricaine.

 

La date reste incertaine mais la France souhaite que la réunion se déroule en septembre. Cette initiative diplomatique coïnciderait ainsi avec le déploiement des 12.000 Casques bleus en RCA. Interpellée par l’Union africaine en juin dernier à Malabo lors du sommet de l’organisation panafricaine, Catherine Samba-Panza de retour à Bangui a mis un point d’honneur à éclaircir sa feuille de route, rappelant aux centrafricains dans un discours à la nation les trois piliers du processus politique de sortie de crise, le dialogue politique au sommet, la réconciliation nationale et la justice. Pourtant l’essentiel, à savoir le dialogue inclusif incluant la classe politique, la société civile et les plateformes religieuses semblent avoir échoué. Ce lundi, la classe politique centrafricaine a annoncé son intention de boycotter la conférence de réconciliation prévue à Brazzaville. Un pied de nez à la présidente de la transition qui avait annoncé la formation d’un nouveau gouvernement mais a décidé de différer sa décision après la rencontre de Brazzaville. Parviendra-t-elle à mobiliser le soutien unanime des voisins de la RCA ? Rien n’est moins sûr… Il se pourrait même que son sort et son destin à la tête du pays se joue lors cette conférence cruciale pour l’avenir du pays.

 

Véronique Mansour

 

Lu pour vous : Centrafrique : la France « mécontente » du bilan de Catherine Samba-Panza
Lu pour vous : Centrafrique : la France « mécontente » du bilan de Catherine Samba-Panza

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