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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 19:11

 

 

 

 

 

 

Jeudi 24 Juillet 2014 - 18:18

 

À l’issue de trois jours de tractations entre les protagonistes de la crise centrafricaine, la médiation internationale, menée par le chef de l’État congolais, Denis Sassou N’Guesso, soutenu par la communauté internationale, a obtenu auprès des différentes parties présentes à Brazzaville, la signature d’un accord de cessation des hostilités en vue de garantir la libre circulation des personnes et des biens en Centrafrique

 

Émouvante et pleine de signification, la cérémonie de clôture du Forum pour le dialogue et la réconciliation nationale en Centrafrique constitue (en dépit des choses dites et entendues dans les coulisses) un tournant dans la crise centrafricaine. Ceci pourvu que les protagonistes, une fois retournés au bercail, donnent véritablement la preuve «d’un désarmement de leur cœur » comme ils l’ont déclaré devant la communauté internationale.

 

Première étape d’un long processus dont l’issue sera connue dans les prochains jours en terre centrafricaine, l’accord de cessation des hostilités arraché à Brazzaville peut être considéré, sauf pour les pessimistes, comme une nouvelle page ouverte vers la recherche de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Centrafrique, en attendant le désarmement conditionné quant à lui à l’accord politique.

 

« Devant le monde entier nous prenons un engagement ferme, définitif et irréversible pour la cessation des hostilités. La RCA est la seule chose au monde que les Centrafricains ont en commun (…). Nul n’a le droit de prendre les armes pour terroriser ou terrifier tout un peuple », a déclaré le chef de la délégation de l’ex coalition séléka, Mohamed Moussa Dhaffane.

 

L’engagement des ex-sélékas interpelle à la fois les anti-balakas, d’obédience chrétienne et majoritaire en Centrafrique, afin de mettre un terme à la stigmatisation et à la chasse aux musulmans. Les dirigeants de cette coalition qui n’entendent pas ramer à contrecourant de cet accord, se disent prêts à ranger leurs armes.

 

« Le mot d’ordre doit être exécuté et nous n’accepterons pas que le peuple centrafricain continue de souffrir. Dès notre retour à Bangui, des délégués ici présents vont être envoyés dans les préfectures pour faire respecter notre engagement », a déclaré le coordonnateur des anti-balakas, Patrice Édouard Ngaïssona, ajoutant que son mouvement est représenté dans dix des douze préfectures de la Centrafrique.

 

Une avancée à consolider par l’engagement politique et le désarmement

 

L’accord est signé certes, les engagements fermes pris et le pardon au peuple demandé, cependant seule la suite du terrain va nous dire si les prochaines consultations prévues tant à Bangui qu'ailleurs, permettront de déterminer l’avenir de ce pays en proie à un conflit politico-religieux. Car, l’ex-coalition séléka qui a boycotté les travaux en commission, pour des raisons dites légitimes, pourrait peut-être formuler d’autres revendications ou exigences plus cruciales tels que la partition du pays ou l’obtention d’un poste de Premier ministre comme entendu dans les coulisses.

 

« Sans détours nous disons que s’agissant du DDR nous sommes disposés à le faire. Mais pour le moment nous disons que ce point doit être intégré dans l’accord politique qui devrait être discuté sérieusement entre les partenaires au développement à Bangui ou dans un autre lieu neutre pour dissiper tout malentendu », a souligné le chef de la coalition des ex-sélékas.

 

En effet, en médiateur averti et avisé, le chef de l’État congolais qui s’est réjoui de ce premier résultat a précisé à la presse que le désarmement est une disposition technique qui nécessite des moyens financiers et matériels importants. « C’est une organisation qu’il faut engager progressivement », a-t-il déclaré.

 

Sur l’ambition des ex-sélékas d’être impliqués dans la gestion des institutions de transition, Denis Sassou N’Guesso a rappelé : « La configuration des nouvelles institutions n’était pas à l’ordre du jour au Forum de Brazzaville. Même s’il y avait lieu, cela doit se faire en terre centrafricaine en donnant la possibilité au peuple de décider sur le type d’institution dont il peut avoir besoin. »

 

Pour sa part, consciente que le chemin à parcourir est encore long, la présidente de la transition, Catherine Samba Panza, affirme ne pas désespérer. « Nous sommes arrivés à une réconciliation entre Centrafricains. C’est le premier pas et nous allons ensemble surmonter les difficultés et les obstacles qui se dressent devant nous », a-t-elle précisé tout en remerciant le médiateur et son équipe pour ce premier ‘’grand pas’’ franchi. 

 

Plus d’une trentaine de signataires pour approuver l’acte posé

 

La signature de l’accord de cessation des hostilités par une trentaine de personnalités représentant les groupes armés, la société civile, les acteurs politiques, la diaspora centrafricaine et les confessions religieuses et musulmanes (par Mgr Dieudonné Nzapalainga et l’Imam Kobine Layama) a été le moment fort pour ceux qui, hier, se regardaient en chiens de faïence.

 

Un acte minutieusement préparé par la médiation qui tenait à donner au monde la preuve d’une Centrafrique « pacifiée » et « unifiée ». C’était l’occasion, pour les protagonistes d’oublier les invectives et autres écarts de langages observés pendant les discussions en groupe, de se parler et de présenter entre eux, mais aussi aux milliers des réfugiés qui souffrent hors du territoire, les excuses les plus sincères.

 

Accolades par ci, poignées de mains par là, les filles et fils de Centrafrique ont, pour cimenter l’accord, chanté à l’unisson l’hymne de leur pays. Une manière d’oublier le passé douloureux et de tourner la page noire de la patrie qu’ils ont en commun. « Cet accord de cessation des hostilités qui vise à ramener la paix appelle la contribution, l’apport et l’engagement de tous. Il engage tout l’état-major de l’ex-coalition séléka, même Michel Djotodia », lançait Mohamed Moussa Dhaffane. 

 

Guy-Gervais Kitina

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