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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 16:00

 

 

 

 

 

Tandis que Madame la Présidente de la transition se prend pour une Présidente élue qui s’adonne à une politique politicienne pour durer dans un pays à feu et à sang ; que son premier ministre dénonce des « complots » sans prendre les mesures de rigueur qui s’imposent ; que les forces internationales laissent massacrer d’innocentes personnes réfugiées dans un sanctuaire ; que les « Séléka » ont de fait procédé à la partition de notre pays…les candidatures à l’élection présidentielle pleuvent comme à Gravelotte . Chaque jour que Dieu fait voit naître un nouveau parti politique en RCA. Cela prêterait à rire si notre pays n’était pas véritablement en danger de mort.

 

Fondamentalement, je ne sais pas ce qui sépare idéologiquement le MLPC ( Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain ) du RDC ( Rassemblement Démocratique Centrafricain ) car je ne connais pas le corpus idéologique à la base de la formation de ces deux partis. Ces deux partis ont exercé le pouvoir de l’Etat pendant douze ans pour le RDC et dix ans pour le MLPC. Quelqu’un s’est-il amusé à faire un bilan comparé des deux régimes pour édifier le peuple centrafricain ? N’est-ce pas le népotisme, la gabegie, les malversations, les prévarications, l’ incompétence érigée en mode de gouvernement et la chasse aux sorcières qui ont été les maîtres-mots des deux régimes ?

 

Par charité, je n’évoque même pas en détail le bilan zéro du KNK ( Koua Na Koua) pendant dix ans : zéro école primaire, zéro collège, zéro lycée, zéro dispensaire, zéro hôpital, zéro kilomètre bitumé pour le gouvernement le plus soutenu financièrement de ces trente dernières années !

 

Alors quand je vois de nouveaux partis sourdre de terre comme des champignons après la pluie, je me demande ce que cela signifie ou ce que cela cache car si chaque ancien premier ministre, chaque simple ministre ou chaque Centrafricain qui sait lire et écrire doit créer un parti, notre pays est loin de sortir de l’auberge. Evidemment, chaque Centrafricain a le droit absolu de se présenter à l’élection présidentielle s’il satisfait à tous les critères d’éligibilité. Mais créer un parti politique dans les circonstances actuelles où la passivité coupable du gouvernement permet à une force non-conventionnelle de narguer les FACA et à travers eux tout le peuple centrafricain en s’arrogeant des fonctions régaliennes (nominations des directeurs de la police et de la gendarmerie, perception de l’impôt…) est à proprement parler pathétique. Et quels partis ! aux noms fleuris, sans base populaire, ce que les Centrafricains appellent dans leur sagesse « les partis alimentaires » tous situés à Bangui, tout près de la mangeoire !

 

Dans un pays d’à peine cinq (5) millions d’âmes, la prolifération des partis politiques pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. Quel est le message envoyé au peuple centrafricain à travers ce foisonnement ? De qui se moque-t-on ? Quelle arrogance ? Quel cynisme dans un pays meurtri qui relève chaque jour des cadavres dans des caniveaux, sur des terrains vagues ? Les communiqués et interviews sur Internet ou Radio France Internationale (RFI) ne peuvent tenir lieu de programme politique. Combien de nos compatriotes accèdent à Internet où se moussent tant de partis politiques centrafricains ? Il faut arrêter cette mascarade. De même qu’une certaine presse nationale doit cesser de servir la soupe à la « Séléka » en diffusant ses communiqués propagandistes au double langage. La « Séléka » a été dissoute par son promoteur Djotodja !

 

La porosité de nos frontières laisse entrer n’importe quel aventurier sur la terre sacrée de nos ancêtres. A ce propos, le massacre de l’église de Fatima suivi d’enlèvements rappelle fâcheusement la méthode de « Boko Haram » et devrait interpeler plus d’un Centrafricain sur le devenir de la nation centrafricaine.

 

 A trop regarder leurs nombrils, les politiques centrafricains se sont laissé voler l’un des plus beaux mots de notre langue nationale le Sango . Ce mot « Séléka » qui a tant abusé une certaine jeunesse centrafricaine désoeuvrée . On peut dire la même chose aujourd’hui du nom Oubangui détourné dans un mauvais dessein par la « Séléka », mais que je sache, l’Oubangui ne coule pas au Nord.

 

Comment ces nouveaux partis politiques et leurs promoteurs envisagent-ils la démocratie en RCA ? Doit-elle découler du sommet comme une pyramide ou remonter de la base ? Les élections locales, puis législatives ne devaient-elles pas primer sur la présidentielle ?

 On dit généralement que «la main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit ». Le chronogramme des élections futures en Centrafrique n’appartient même pas aux Centrafricains. Il appartient aux bailleurs étrangers et surtout à Paris. Alors messieurs et mesdames des partis politiques, cessez de rentrer en transe et consacrez votre énergie à défendre le peuple centrafricain, à l’éduquer, pour en faire un peuple conscient de ses droits mais aussi de ses devoirs. Agir autrement reviendrait à dire que vous voulez présider un cimetière !

 

 Les Etats-Unis d’Amérique n’ont que deux partis politiques connus, pourtant ils sont puissants et donnent le LA dans les relations internationales . Conclusion à méditer par les créateurs de partis : on ne développe pas un pays avec des partis politiques .

 

 Puisque rien ne distingue fondamentalement le parti A du parti B et du parti C, pourquoi ne pas constituer un cadre de concertation, une sorte de plate-forme pour encadrer étroitement l’action du gouvernement de transition dans sa dure tâche et ainsi préparer les prochaines échéances en douceur ? Le peuple centrafricain longtemps tombé dans une profonde léthargie a été brusquement réveillé par la « Séléka » et ses pratiques d’un autre âge. Il entend dorénavant prendre son destin en mains après tant de souffrances. L’opinion internationale, les partis politiques centrafricains sont avertis . Alors, à bon entendeur, salut.

 

KOULAYOM-MASSEYO David

 

Forum de Reims 6/6/2014.

 

Point de vue : RCA : De l’indécence des candidats centrafricains à l’élection présidentielle par KOULAYOM-MASSEYO David

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