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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 01:16

 

 

 

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

*************

Ex Coalition SELEKA

Tél. +(236) 75 50 74 11 / 72 50 74 11 / 70 55 55 10

 

 

Bangui, le 11 mars 2014

 

 

A

Monsieur Ban Ki-moon

Secrétaire Général

Organisation des Nations Unies

New York – Etats Unis d’Amérique

 

 

Objet : Appel sur la situation sécuritaire en Centrafrique

 

Monsieur le Secrétaire général,

 

Comme vous le savez, la situation sécuritaire ces dernières semaines s’est grandement détériorée et interpelle davantage d’attention et de mobilisation, tant au niveau international, régional que national, pour mettre fin aux tueries et autres formes de violences à l’égard des populations civiles centrafricaines et, rétablir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire.

 

A la suite de l’adoption à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité de la résolution  2127 qui donne mandat à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) de se déployer « pour une période de douze mois », avec une clause de révision à six mois, vous déclariez que « c'est une étape importante et opportune qui traduit la détermination de la communauté internationale à répondre à la crise. Il est urgent que la résolution 2127 soit maintenant mise en œuvre avec la plus grande célérité pour que des souffrances et des violences supplémentaires soient épargnées au peuple centrafricain.

 

L’ex coalition Séléka a non seulement marqué sans réserve son adhésion à la mise en œuvre de ladite résolution, mais aussi a pris les dispositions pour en assurer son application. Le cantonnement et le désarmement  sans condition de ses forces et  la démission du Président Michel Djotodia démontrent à suffisance  sa bonne volonté.

 

Au moment où je vous adresse cette correspondance, tout porte à croire que l’espoir suscité par cette résolution risque de ne pas porter ses fruits, du moins, pour la majorité de la population centrafricaine désireuse de vivre en paix et dans la sérénité, pour plusieurs raisons, à savoir :

 

  • le caractère surprenant et incompréhensible de l’efficacité des opérations militaires et sécuritaires des forces internationales susmentionnées face aux agissements des milices anti-balaka, à Bangui et les provinces, au point de créer méfiance et malaise au sein de la population centrafricaine ;
  •  
  • La situation humanitaire et sécuritaire est très grave pour les centrafricains en général, et insupportable  pour les musulmans qui restent dans le sud-ouest et à Bangui, sans parler de ceux qui sont torturés, mutilés, brûlés. Il y a encore plusieurs localités dans le pays où des milliers de personnes de confession musulmane vivent cloitrés et en danger permanent ;
  •  
  • la propagande des ennemis de la paix, galvanisés par les actions des milices anti-balaka et leurs partisans, sur les médias nationaux et internationaux vantant leur projet macabre d’extermination des musulmans centrafricains. Ils ne s’en cachent pas et reconnaissent  la paternité de leurs actes ;
  •  
  • le cantonnement dans des « prisons  à ciel ouvert » des milliers de victimes sans défense comme c’est le cas  à la mosquée centrale de Bangui, à Boda, et dans certains sites,
  • l’indifférence quasi généralisée par rapport aux plans d’extermination, d’épuration et de suppression pure et simple des musulmans et de leur culture dans le paysage centrafricain.

 

Qu’ont-ils fait pour mériter un tel sort ? Devons-nous laisser-faire les extrémistes, les commanditaires des barbaries qui sont connus et qui circulent librement en Centrafrique et ailleurs ?

 

Vous comprendrez que nous, composante politique de l’ex-Séléka éprise de paix et de l’esprit d’une république apaisée, unie et indivisible, qui sommes sur le terrain et qui vivons la crise, avons estimé nécessaire, de nous adresser directement à vous, et à travers vous, à la communauté internationale, pour attirer votre attention sur une lecture erronée de la situation sécuritaire en Centrafrique et surtout celle de nos compatriotes musulmans.

 

La crise centrafricaine, semble ne pas faire pas suffisamment l’objet de l’attention qu’elle mérite et ce malgré les différents rapports des organismes autorisés tels que Amnesty international, International Crisis Group, les Organisations non gouvernementales qui évoquent un nettoyage ethnique. Elle semble oubliée au profit d’autres comme celle de la Syrie et de la Crimée.

 

Toutefois nous nous félicitons de l’intérêt qu’accord la communauté internationale à cette crise ainsi que les efforts de l’Union Africaine à travers la (MISCA) et de la France (Sangaris) qui n’ont pas ou n’arrivent pas encore à faire cesser les crimes et autres exactions.

 

Nous apprécions à sa juste valeur la décision des Nations-Unies de s’investir dans la stabilité de notre pays pour un retour à la paix à travers une mission et le déploiement des forces de maintien de la paix. Nous ne doutons pas que cette aide apportera une protection aux populations sans défense et aussi assurer une stabilité dans toute la région d’Afrique Centrale.

 

Monsieur le Secrétaire Général,

 

Permettez-nous, face à la gravité de la situation, de présenter ici quelques pistes de réflexion pour une sortie de crise et le retour à la paix et à la stabilité pour le bien-être de nos populations et de l’ensemble de la région. Il s’agira, notamment de créer des espaces de vie sécurisés où le libre-mouvement est possible.

 

  • Sur le plan humanitaire
  •  

Il est urgent de procéder à la mise en place d’un véritable plan de protection et d’aide de nos compatriotes centrafricains et ressortissants étrangers , plus particulièrement pour les musulmans déplacés et victimes des exactions, d’enlèvement, de liquidation macabre et de profanation des lieux de culte commises par les miliciens anti balaka.

 

Des milliers des déplacés sont abandonnés à eux-mêmes sans aucun appui véritable (alimentaire et sanitaire). Nous pouvons en citer ceux qui ont trouvé refuge dans le troisième arrondissement de Bangui. Toute sortie de ceux-là au-delà de ce périmètre (Rond-point de l’avenue Koudoukou jusqu’au carrefour de l’avenue de France) s’avère suicidaire. Tout laisse croire qu’un plan diabolique de cantonnement des musulmans ou de ce qui en reste était établi et attendait pour être exécuté mais, pour quel but et dans quel dessein.

 

L’extermination des musulmans centrafricains semble inexorablement atteinte. Car, selon les médias, la population musulmane est réduite à moins de 3% de la population totale, et dans certaines régions/villes les musulmans ont été purement et simples tués ou expulsés.

 

  • Sur le plan politique
  •  

L’instauration d’un mécanisme, de concertation entre les décideurs politiques centrafricains et les forces militaire de l’Union Africaine (MISCA) et française, pour trouver les meilleures options à la sortie de crise. Le Gouvernement de transition, par faute de moyens peut-être, semble dépassé par les évènements, fait montre de manque d’initiatives aptes à faire cesser les exactions et tarde à mettre en œuvre les différents accords de paix, en particulier celui de N’Djaména, socle nécessaire vers la marche pour la réconciliation nationale. Pour preuve, aucune condamnation des exactions des milices anti-balaka n’a été enregistrée, encore moins la recherche de solutions endogènes et inclusives.

 

Monsieur le Secrétaire Général,

 

Au regard de la situation et compte tenu du rôle que doivent jouer les Nations-Unies les actions suivantes revêtent pour nous une importance capitale pour une paix durable en Centrafrique :

  1. le désarmement immédiat de toutes les milices anti balaka et autres et l’arrestation de leurs leaders ;
  2. la création d’urgence des zones de protection des populations civiles musulmanes, à Bangui et sa périphérie, à Boda, à Bouar, Bozoum, à Berbérati notamment,
  3. l’application des accords de Libreville et de N’djamena,
  4. le déploiement dans un bref délai des forces de maintien de la paix des Nations-Unies,
  5. la protection et la restitution des biens des populations musulmanes,
  6. La création d’un véritable organe de suivi des accords de paix,
  7. Le retour de tous les réfugiés comme préalable à toute opération électorale,
  8. La mise en place d’un programme de relance économique.

 

Par la même, nous tenons à vous assurer de notre entière disponibilité à œuvrer pour le retour de la paix en Centrafrique. Assurément, la branche politique de l’ex Séléka a choisi résolument le chemin de la réconciliation nationale pour aller vers une paix de l’esprit et du cœur susceptible de rassembler toutes les filles et tous les fils de la Centrafrique sans distinction de religion.

 

Convaincu de tout l’intérêt que vous accordez à cette situation, veuillez croire Monsieur le Secrétaire Général, en l’assurance de notre haute considération.

 

 

Général Mohamed Moussa DHAFFANE

 

Président ad intérim de la Séléka,

 

Ancien Ministre d’Etat

 

Ampliation :

  • Présidente de la République, Chef de l’Etat,
  • Président du Conseil National de Transition,
  • Président en exercices de l’Union Africaine,
  • Président en exercices de la CEEAC,
  • Président en exercices de la CEMAC,
  • Présidente de la Commission de l’Union Africaine,
  • Président de la Commission de l’Union Européenne,
  • Présidence du Conseil de Sécurité des Nations Unies,
  • Le Haut Médiateur dans la crise Centrafricaine,
  • Le Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie,
  • Le Représentant du Secrétaire général des Nations-Unies en Centrafrique
  • La Fédération Internationale des Droits de l’Homme,
  • Amnisty International,
  • Le Secrétaire général de l’Organisation de la Conférence Islamique.
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