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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 15:19

 

 

 

 

Centrafrique: bilan mitigé pour l’opération de désarmement à Bangui

 

par RFI,  09-06-2014 à 00:55

 

En Centrafrique, ce dimanche 8 juin les habitants de Bangui étaient invités à se rendre dans toutes les mairies d'arrondissement pour y déposer leurs armes. Une vaste opération de désarmement volontaire destinée aux civils et initiée par le gouvernement. Le bilan de l'opération est mitigé mais les autorités espèrent qu'elle marque le début d'une prise de conscience.

 

Dans le quartier de Boy-Rab à Bangui, des jeunes vêtus de T-shirts blancs sillonnent les rues pour inviter les habitants à se rendre à la mairie. Tout le monde est mis à contribution, même le porte-parole des anti-Balaka, Emotion Brice Namsio, promet de contribuer. […] Dans chaque mairie, à un moment de la journée, des ministres viennent s’enquérir de la situation. […] Les jeunes qui se prêtent au désarmement sont félicités par les femmes du quartier. Moustapha s’est laissé convaincre : " J’ai déposé une machette et une grenade, parce qu’on sait que la Misca et Sangaris sont là pour nous protéger et que ça ne sert à rien de se battre ". Si au PK5 la récolte a été moins maigre qu’ailleurs à la fin de la journée, la collecte globale reste symbolique à Bangui. Mais ce n’est pas la quantité qui compte, explique le Premier ministre André Nzapayéké, venu relever les compteurs en fin de journée.

 

Centrafrique : timide collecte d'armes à Bangui

 

08/06/2014 à 16:15 Par AFP

 

Les autorités centrafricaines ont procédé dimanche à une journée de désarmement volontaire à Bangui dans l'espoir d'y faire baisser la violence mais la collecte des grenades, machettes, munitions et armes artisanales est restée modeste au vu de la prolifération des armes dans la capitale.

 

La journée de désarmement volontaire décrétée par le Premier ministre André Nzapayéké a commencé à 08h00 (07H00 GMT) et devait se poursuivre jusqu'à 15h00 dans les mairies des huit arrondissements de Bangui et de deux communes limitrophes, Begoua et Bimbo.

 

À 10h, dans le quartier du PK-5, où vivent terrés les derniers musulmans de la capitale, une trentaine de grenades chinoises, une vingtaine de machettes, quelques armes artisanales, des munitions de kalachnikov avaient été récupérées à la mairie d'arrondissement.

 

"Je rapporte mes armes parce que je veux la paix"

 

Ali Yerima avait acheté 5 grenades le 5 décembre 2013 quand les anti-balaka, les milices chrétiennes, ont mené une attaque d'envergure visant les ex-rebelles Séléka et plus généralement les musulmans de la ville. Il dit en avoir utilisé quatre depuis. Il en rapporte une, ainsi que trois machettes et deux couteaux. "Je les rapporte parce que je veux la paix", dit-il. S'il y a une nouvelle attaque des anti-balaka contre l'enclave musulmane, "j'irai voir les Burundais (qui sécurisent le quartier au nom de la force africaine de la Misca) ou le maire" pour obtenir une protection, explique Ali Yerima.

 

"C'est timide", a reconnu le ministre des Finances Rémy Yakoro, venu sur place pour constater la mobilisation des Banguissois. "Nous mettons l'accent sur l'esprit volontariste des gens mais certains ne veulent pas rapporter les armes comme ça, en plein jour".

 

À Boy-rabé, fief anti-balaka, la collecte était encore plus décevante. Seule une cartoucherie remplie de munitions de mitrailleuse lourde, et une douzaine de munitions de 14-5 avaient été rapportées en milieu de matinée dimanche. "Ça se passe bien mais le dispositif militaire fait peur aux gens", a souligné sur place Denis Wangao Kizimale, ministre de la Sécurité publique en pointant les soldats français venus patrouiller devant la mairie.

 

Les armes collectées seront ensuite récupérées par les forces africaines de la Misca et françaises de Sangaris qui sont en charge du désarmement des groupes armés. Le Premier ministre, M. Nzapayéké, avait jugé que les armes étaient "partout" dans Bangui, à l'occasion d'une visite de plusieurs quartiers samedi. Bangui a connu un regain de violences après l'attaque de l'église Fatima le 28 mai, au cours de laquelle 17 personnes ont été tuées.

 

Plus généralement, depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, renversée en janvier 2014, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions des deux camps, anti-balaka et Séléka, contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

Centrafrique : timide collecte d'armes à Bangui

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