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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 16:03

 

 

 

 

« La vie humaine est sacrée. Aucune raison  politique, ni économique, ni confessionnelle ne peut justifier la mort d’une personne humaine. » Franck SARAGBA.

 

Patriote debout ! Au regard d’actes de barbarie commis ces derniers temps sur l’ensemble du territoire national, la question de la justesse ou des limites de l’idéal fondateur de notre nation se pose. Il est vrai que toute nation a besoin d’un idéal à atteindre pour entretenir entre autres sa survie, faille t-il encore que cet idéal n’enferme pas les citoyens et les gouvernants dans une inaction idéaliste par conséquent nuisible au point d’exposer la nation toute entière au péril. Comment l’idéal humaniste plutôt rassembleur et par ailleurs républicain pourra t-il survivre de la barbarie ambiante ?  Doit-on se conformer ou se soumettre au nom de cet idéal aux diktats de partition du pays par une minorité agissante de radicaux contre la volonté de la majorité de nos concitoyens animistes, chrétiens et musulmans confondus qui veulent vivre les uns avec les autres. A peine 2% à 3% de partisans radicaux pour la partition comme il en existe partout dans d’autres pays  et voilà que l’on en donne ici un grand écho.

 

« zo kwé zo «, autrement dit, tout être humain est un homme. Ce, à quoi, l’on pourrait  rétorquer et si « zo kwé là a yéké zo apè », tout être humain  n’est pas une personne humaine. Peut-on se réclamer de l’espèce humaine et enlever la vie à autrui ? Fut-il animiste, chrétien ou musulman ? A moins que cette fameuse occurrence formulée au IIIe siècle avant  J.C « l’homme est un loup pour l’homme » de l’auteur comédien Plaute, laquelle est reprise à différentes époques par Erasme, Montaigne, Hobbes, Jean jacques Rousseau  ne l’emportât et fasse unanimité. L’acceptation de ce postulat ne vaut t-il pas reniement  de soi et des valeurs intrinsèques qui font de nous des êtres humains à part entière ? Par ailleurs, son refus, ne vaut t’il pas dénégation de la triste réalité que nos concitoyens vivent au quotidien ? 

 

La vie humaine est consubstantielle à la notion de sacrée parce que l’inaccessible et le non expliqué humainement parlant devient sacré, elle est acceptée par tous. La mémoire collective est garante de la permanence et de la pérennité des préceptes qui en incombent. S’oppose et vient se heurter à cela la logique  transcendante de nos créations  dont nous ne sommes que de simples acteurs et vils  dépositaires. On retrouve cette sacralisation de la vie humaine ou la manifestation de sa volonté aussi bien et aux travers des pratiques animistes que dans les célébrations, les rituels et autres cultes des religions révélées. D’où nous vient alors cette confrontation fratricide que l’on voudrait forcément confessionnelle si ce n’est qu’artificielle et non fondée. La main inamicale jusque-là invisible de l’ennemi manipulateur se fait voir jour après jour. Elle se joue et se déjoue de l’innocente hospitalité d’un peuple dont les plus radicaux d’entres-nous en sont les exécuteurs. Du coup, à coup de kalachnikovs et de coupe-coupe  la légendaire cohabitation pacifique est soumise à rude épreuve. Désormais, ce n’est que vengeance et revanche inassouvies  sous le contrôle approbateur et satisfaisant des commanditaires.

 

« Homo homini lupus est » pose le postulat selon lequel l’homme serait  un loup pour l’homme, elle semble être en adéquation plus que jamais avec le temps présent, déniant du coup à l’homme toute son humanité à l’inverse de l’idéologie« zo kwé zo » qui met en avant l’immanence des valeurs sacrées. Cet autre idéal fondateur qui voudrait que « tout homme soit considérer comme un homme » dans toute son humanité et autour duquel se bâtirait la nation centrafricaine, une et indivisible. Or, la barbarie orchestré au quotidien sur la personne humaine par les uns et les autres nous ramène à la triste réalité de la condition humaine dans un monde imparfait et méchant. Elle annihile le caractère sacré de la vie humaine, cet être supposé« supérieur » aux autres espèces, elle ôte toute humanité à leurs obscurs commanditaires, aux traitres manipulateurs et autres partisans, radicaux  aveuglés par la haine, l’homme sinon l’homme centrafricain ne serait-t-il finalement que cette misérable créature en dessous de tout,  manipulable à volonté , incapable de concevoir et de vivre dans une société apaisée dans laquelle zo kwé a yéké zo ?

 

Franck SARAGBA

18/05/14

« Zo kwé zo » et si « zo kwé a yéké zo apè » par Franck Saragba

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