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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 12:32

 

 

 

 

 

Le Monde.fr | 28.05.2014 à 22h40 • Mis à jour le 29.05.2014 à 09h40 |Par Cyril Bensimon

 

La dépouille de l’abbé Paul-Emile Nzalé repose sur une table de carrelage froid. Ce n’est pas la première fois qu’un religieux est tué en République centrafricaine mais à Bangui, les répercussions de cette mort, et d’une dizaine d’autres depuis dimanche, laissent craindre une nouvelle vague de violences. Signe de la montée des tensions, des barricades ont été érigées jeudi 29 mai dans plusieurs endroits de la capitale.

 

Mercredi, aux environs de 15 heures, des assaillants venus du quartier PK5 ont lancé une attaque sur l’église Notre-Dame de Fatima, dans le quartier du même nom. On n’ose imaginer les cris de terreur lorsque « les groupes de musulmans de la rue poussière » ont pénétré dans la concession où s’abritent, chaque nuit, des centaines de familles.

 

« On a entendu toutes les tonalités d’armes pendant plus d’une heure. Les gens étaient réfugiés derrière l’église et dans les bureaux… Heureusement que les anti-balaka sont venus pour nous protéger. Sinon il y aurait eu beaucoup plus de morts», raconte le père Gabrielle Perobelli.

 

GRENADES DANS UNE ÉGLISE

 

Le missionnaire italien dit avoir compté 11 morts après le raid. Aux moins trois autres sont morts dans des hôpitaux. Six cas, dont certains graves selon le CICR, étaient soignés mercredi soir au bloc de l’hôpital communautaire de Bangui. Un nombre indéterminé d’autres victimes auraient également été transportées dans un autre centre de santé de la ville.

« Regardez celui là, une balle perdue à frotter sa tête. Une balle reçue il faudrait plutôt dire », s’exclame Geordanne Sokambi en désignant un adolescent aussi hébété que chanceux. Elle et son frère Michel viennent de déposer leur voisin touché d’une balle à la jambe gauche. Sur les bancs de l’hôpital communautaire ils racontent que « les musulmans sont venus nombreux. En véhicule, d’autres à pied. Ils ont jeté des grenades, tiré à l’intérieur de l’église.

 

RAPTS ET RANÇONS

 

Les rumeurs les plus inquiétantes circulaient mercredi soir. Plusieurs survivants assurent qu’une quarantaine de personnes ont été enlevées par les assaillants. Ali, un ancien boulanger du PK5 reconverti en milicien, confirme à sa manière. « On a attrapé des gens qui ne parlaient ni Sango (la langue nationale), ni français. Ce doit être des mercenaires congolais car ils ne parlent que le Lingala », prétend-il.

 

Le rapt contre rançon, dans le meilleur des cas, est devenu l’une des armes de la guérilla qui se poursuit dans quelques parties de Bangui. Cet homme qui dit avoir participé au raid estime qu’il ne s’agissait que d’une riposte après que des miliciens anti-balaka aient attaqué plus tôt dans l’après-midi son quartier.

 

« Hier, (mardi) ils nous ont encore attaqué jusqu’à minuit et aujourd’hui ils sont venus en trois colonnes. La tuerie de Notre-Dame de Fatima, ça ne nous concerne pas mais les anti-balaka nous attaquent depuis là-bas», ajoute Ousmane Aboubacar qui se présente comme le porte-parole des musulmans centrafricains.

 

« PASSER À L'OFFENSIVE »

 

Ces violences interviennent alors que les tensions autour du dernier bastion de la communauté islamique de la capitale se sont encore ravivées depuis dimanche.

 

Ce jour là, trois jeunes musulmans ont été lynchés et mutilés alors qu’ils se rendaient à un match de football de « la réconciliation ». D’autres auraient été enlevés par un groupe d’anti-balaka. Depuis, attaques et contre-attaques se succèdent autours du PK5.

 

De bonne source, dans ce réduit où sont confinés les derniers musulmans de Bangui, le mot d’ordre qu’il fallait « passer à l’offensive » a été transmis. Avant de subir de nouvelles vagues qui viendront encore les écumer.

 

Une frontière invisible traverse la Républicaine centrafricaine. Aucune barrière ne la détermine, pas même une ficelle ne vient couper la piste couleur de brique mais, sur un axe nord-sud, le pays est coupé en deux. Les combattants de la Séléka, rejoints par bon nombre de musulmans chassés de la capitale ou de l’ouest, se sont réfugiés dans l’est de la RCA. Bambari, à 388 kilomètres au nord-est de Bangui, est la nouvelle base des ex-rebelles. La cohabitation entre communautés était réelle, mais la tension est subitement montée mercredi 21 mai après le passage de représentants de la communauté internationale et des autorités centrafricaines. Ceux-ci étaient venus signifier aux officiers de la Séléka que leurs troupes devaient être cantonnées et qu’il n’était pas question d’installer une administration parallèle. Pendant trois jours, les soldats français déployés sur place ont eu des accrochages avec les ex-rebelles et se sont retrouvés confrontés à des foules hostiles. Des milliers de chrétiens ont fui leur domicile par peur de représailles pour aller se serrer dans les églises de la ville. Dimanche, la situation a commencé à s’apaiser.

 

Lu pour vous : Nouvel épisode de terreur meurtrière en Centrafrique
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