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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 14:20

 

 

 

vendredi 9 mai 2014 par LE PAYS, Burkina Faso

 

L’ombre de l’homme planait sur la RCA depuis le début des massacres dans ce pays. De nombreuses personnes étaient convaincues que c’était bien lui qui, de son exil doré, tirait les ficèles dans le conflit opposant Séléka et Anti-Balaka, dans l’espoir de rendre ce pays ingouvernable, et pouvoir ainsi revenir aux affaires. François Bozizé, puisque c’est bien de lui qu’il s’agit, vient d’être épinglé par la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

 

Bozizé avait promis, en partant, de rendre le pays ingouvernable et invivable

 

Cette organisation qui vient, en effet, d’annoncer l’ouverture d’une enquête sur François Bozizé, affirme détenir les preuves de son implication dans ce génocide que l’on qualifie encore, par pudeur, de massacre. Chassé du pouvoir par Michel Djotodia, François Bozizé qui avait imploré en vain la France, de sauver son fauteuil, avait en effet promis, en partant, de rendre le pays ingouvernable et invivable.

 

De son exil donc, François Bozizé continue d’alimenter la haine de ses partisans, contre les éléments de la Séléka, une coalition de combattants dominée par des musulmans en mal d’activités criminelles. Ces bandits de la Séléka n’ont pas mis de temps à s’affranchir de l’autorité de leur mentor qui a avoué, toute honte bue, « ne plus avoir le moindre contrôle sur eux ». Michel Djotodia qui n’avait ni le charisme, ni la trempe d’un homme d’Etat, s’est retiré au Bénin. Bozizé, lui, ne s’est jamais remis de l’humiliation d’avoir été chassé du pouvoir. Il a été maintes fois soupçonné d’être le financier des soi-disant chrétiens, porteurs de gris-gris et qui n’ont pour seul évangile que le discours de la haine des musulmans. Sous leurs coups de machette, des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes ont péri, et des milliers d’autres ont été déplacés pour être placés sous la protection des forces des Nations unies.

 

En attendant que les résultats de l’enquête de la très respectée FIDH établissent, de manière irréfutable, l’implication directe ou indirecte de Bozizé dans les massacres commis par les Anti-Balaka, on peut déjà dire que la sortie de cette ONG fera réfléchir ce dernier. Ce qui pourrait permettre d’obtenir une accalmie sur le terrain. Dès que sera établie l’implication de Bozizé aux côtés des Anti-Balaka, il restera à identifier formellement la main qui arme les Séléka Même si l’accalmie ne signifie pas forcément un pas posé dans le sens de l’arrêt des massacres, elle sera au moins mise à profit par les soldats de « Sangaris » et des Nations unies, pour orienter leurs efforts du côté de Boguila, une localité située à environ 450 km, dans le Nord du pays.

 

On se rappelle qu’il y a environ deux semaines, l’hôpital de cette ville avait été la cible d’un groupe d’hommes armés qui avaient assassiné 22 personnes, dont 3 membres de Médecins sans frontières (MSF). Ces hommes armés, probablement une branche de la Séléka, ont fait une nouvelle descente à Boguila. Lourdement armés, ils ont tenté de s’emparer de la position de l’armée française qui venait d’arriver dans la localité. Face à la puissance de feu des assaillants, les soldats français avaient eu recours à deux avions de chasse venus de Ndjaména, et à des mortiers et missiles antichars.

 

Cette action a, certes, été neutralisée par les soldats français, mais elle relance néanmoins le débat sur l’implication de forces étrangères dans le conflit centrafricain. Elle pose surtout la délicate question du ravitaillement de ces groupes armés. Dans tous les cas, dès que sera établie l’implication de Bozizé aux côtés des Anti-Balaka, il restera à identifier formellement la main qui arme les Séléka. Car, il est évident que l’armement utilisé par ces hommes ne s’obtient pas « sur simple présentation de sa carte d’identité ».

 

Pour l’instant, autant il faut saluer l’efficacité de la force Sangaris, autant il faut déplorer l’inertie honteuse de la classe politique centrafricaine, à commencer par la présidente Catherine Samba-Panza qui, après cent jours d’exercice du pouvoir, est devenue pour le moins atone et aphone. Son incompétence, hélas, est progressivement mise à nue. Toutefois, elle n’aura pas été la seule responsable de l’échec ; celui-ci sera à partager entre elle et tous les chefs d’Etat de la sous-région.

 

Dieudonné MAKIENI — source : Le Pays

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