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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:17

 

 

 

 

Justin DELÉPINE   29 avril 2014 à 13:13 Libération

 

Samedi, l’hôpital de Nanga Boguila soutenu par Médecins sans frontières a été attaqué, 22 personnes ont été tuées et six gravement blessées. Boguila se situe dans le nord de la Centrafrique, une zone que ne contrôlent ni les soldats français ni la force africaine. L’attaque a été attribuée à l’ex-Séléka. Entretien avec Tarak Bach Baouab, conseiller humanitaire au bureau de MSF Amsterdam, et bon connaisseur de la Centrafrique.

 

Que savez-vous de l’attaque de samedi sur l’hôpital de Nanga Boguila ?

 

Samedi en début d’après-midi, nous avions organisé une rencontre à l’hôpital de Nanga Boguila entre les différents leaders de la région pour discuter de l’accès aux soins pour la population. Trente minutes après le début de la réunion, des hommes armés ont encerclé l’hôpital, ils ont demandé au personnel international de sortir. Nous avons entendu une fusillade, et quand nous avons pu rentrer dans l’hôpital, nous avons trouvé 16 corps de civils criblés de balles, dont trois membres de MSF, six personnes ont également été gravement blessées. Nous ne confirmons pas le chiffre de 22 morts donné par la Misca (la mission africaine de maintien de la paix, ndlr).

 

L’attaque a été attribuée aux ex-Séléka, confirmez-vous ?

 

D’après les premières discussions avec la population de Boguila, des membres de ce groupe armé étaient connus comme étant membre de la Séléka ou connus comme s’étant greffés à cette mouvance qu’on appelle ex-Séléka

 

(mouvement de rebelles majoritairement musulmans ayant pris le pouvoir par la force en mars 2013 et l’ayant exercé jusqu’en janvier, ndlr).

 

Qui contrôle cette zone ?

 

C’est malheureusement une zone à l’abandon, isolée. A Boguila, deux groupes armés contrôlaient la ville. Ils l’ont abandonnée samedi, après l’attaque, comme c’est souvent le cas en Centrafrique. Il y avait un groupe armé issu de la région et une sorte d’antenne locale des anti-balaka (milice à dominante chrétienne qui s’est formée en réaction aux exactions de la Séléka, ndlr). L’attaque avait comme objectif de récupérer de l’argent pour notamment acheter des armes. Ils dépouillent la population, et imposent leur loi depuis que l’effondrement de l’Etat, en mars 2013. La violence qui a frappé samedi Médecins sans frontières n’est qu’une de celles qui touchent le pays depuis des mois. Des attaques comme celle-ci, il y en a chaque jour.

 

Est-ce que cette attaque va modifier l’action de MSF en Centrafrique ?

 

Ce qui est clair, c’est que nous sommes obligés de suspendre l’action dans la zone de Boguila. Nous allons réfléchir et discuter avec les différents acteurs de la région, pour voir comment revenir. Pour la population, c’est un véritable désastre. MSF assurait 9 000 à 15 000 consultations médicales par mois, pour une population de 45 000 personnes. Des gens venaient de 100 km à la ronde pour se faire soigner. Notre retrait est une décision lourde pour cette population. Nous nous rendons compte de l’impact, mais on ne peut pas travailler quand le sanctuaire de la santé, l’hôpital, n’est pas respecté.

 

Craignez-vous d’autres attaques ?

 

Nous avons vécu des incidents assez sérieux depuis des mois. Nous n’acceptons pas que l’aide soit remise en cause par des hommes en armes. Nous nous battons tous les jours pour que l’action continue malgré les risques encourus. Nous devons trouver un équilibre avec les groupes armés, il faut chercher des solutions pour continuer à travailler, nous espérons trouver cet équilibre.

 

Comment anticipez-vous l’évolution de la situation humanitaire en Centrafrique ?

 

La situation humanitaire reste assez grave, l’Etat s’est effondré en mars 2013, il y a un déplacement massif de population. Il est possible que la situation nutritionnelle se dégrade dans les prochains mois avec la saison des pluies. Je ne suis pas très optimiste pour les mois qui viennent.

 

Justin DELÉPINE

Source : http://www.liberation.fr/monde/2014/04/29/centrafrique-msf-ne-peut-plus-travailler-quand-l-hopital-n-est-pas-respecte_1006605

 

Lu pour vous : Centrafrique : «MSF ne peut plus travailler si même l’hôpital n’est pas respecté»

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