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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 14:03

 

 

 

09/05/14 (Le Monde)

 

Présidente de transition depuis le 23 janvier, Catherine Samba-Panza est à la tête d'un Etat déliquescent. La violence n'a pas cessé, la partition de la République centrafricaine (RCA) s'installe et la crise humanitaire perdure. L'ancienne maire de Bangui, 59 ans, est chargée de conduire son pays à des élections prévues en février 2015.

 

Quel bilan tirez-vous de vos cent jours au pouvoir ?

 

Les défis étaient nombreux et le bilan est mitigé. Sur le plan sécuritaire, il y a eu beaucoup d'efforts déployés par les troupes de la Misca [force de l’Union africaine] et de « Sangaris » [le contingent français] mais le niveau de sécurité n'est pas celui que nous attendons. Il y a moins de pression à Bangui, mais à l'intérieur du pays, la situation est toujours préoccupante. L'arrivée des troupes européennes devrait permettre le redéploiement des soldats de Sangaris encore présents à Bangui. Sur le plan humanitaire, j'aurais aimé qu'il n'y ait plus de déplacés, que les populations réfugiées commencent à revenir. Sur le plan social, j'aurais aimé que l'école fonctionne davantage. Beaucoup d'efforts ont été faits, pas suffisamment à mon sens.

 

Les hommes armés qui continuent de sévir répondent-ils à des ordres ou agissent-ils en électrons libres ?

 

L'insécurité perdure d'abord parce que le désarmement n'a pas été correctement fait. Il était difficile pour les forces internationales, dans ce contexte de violences, d'effectuer un désarmement intensif. Je pense aussi que les groupes armés essaient de se positionner pour pouvoir faire pression demain en vue de négocier. Cela entraîne un regain d'activités d'ex-Séléka qui manifestent leur volonté de partition du pays. Il y a également d'autres forces qui apparaissent dans le nord du pays et contribuent à cette insécurité.

 

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous n'avez pris aucune initiative forte pour lancer un processus de réconciliation ?

 

Cette impression est peut-être due à un déficit de communication. Sur le terrain, des initiatives fortes ont été prises. Nous avons fait beaucoup dans le domaine éducatif. Nous avons réhabilité cinq centres de santé. Les populations perçoivent ce que nous faisons, même si nous reconnaissons que ce n'est pas assez.

 

Comment éviter la partition de fait du territoire centrafricain, avec les chrétiens à l'ouest et les musulmans à l'est ?

 

D'abord, il faut restaurer l'autorité de l'Etat. Les brigades de gendarmerie doivent être rouvertes et les commissariats rééquipés. Il faut que l'administration revienne. Ensuite, un processus de réconciliation doit reprendre à la base, il faut que les communautés réapprennent à se fréquenter. Il faut aussi un dialogue politique avec nos frères à l'est et leur apporter des projets alors qu'ils se sentent complètement abandonnés.

 

En nommant des membres de votre famille et de votre communauté au sein de votre cabinet et du gouvernement, n'avez-vous pas répété les erreurs du passé ?

 

Il s'agit d'un nombre infime de nominations et ces personnes sont compétentes. Ce ne sont pas des figurants. Il n'est pas question de clientélisme. Si je veux des équilibres régionaux, il faut qu'il y ait également des gens de ma région. Vous avez annoncé un remaniement gouvernemental. Allez-vous garder votre premier ministre avec qui les relations sont difficiles ? Que je le veuille ou pas, en vertu de la charte de transition, je ne peux pas enlever le premier ministre. Je travaille en symbiose avec M. Nzapayéké. C'est le technocrate que je voulais à la tête du gouvernement.

 

Pensez-vous qu'il faille revoir l'accord de Libreville afin de vous donner plus de pouvoir ?

 

Je suis là pour encore neuf mois. Revoir cet accord me paraît difficile à envisager. Maintenant, si, pour des raisons d'Etat, de réconciliation ou de dialogue politique, était manifestée la volonté de revoir cet accord, je ne ferai que suivre le courant.

 

Vous semble-t-il possible d'organiser des élections d'ici à février 2015 comme le souhaite Paris ?

 

Je ne sais pas si c'est Paris qui le souhaite, mais c'est l'agenda qui avait été indiqué dans l'accord de Libreville. Ces élections étaient prévues avant que je n'arrive. Je me conforme à cet agenda, mais il appartient à l'Autorité nationale des élections et à la communauté internationale de dire si cette date est tenable. Nous ferons en sorte de tenir ce délai, mais s'il apparaît que la tenue des élections à la date prévue apporte plus de problèmes que de solutions, nous aviserons. La sécurité est assurée par des forces internationales. Les fonctionnaires sont payés par des pays de la région et bientôt par la Banque mondiale.

 

La Centrafrique n'est-elle pas sous tutelle ?

 

Le mot est trop fort. Nous gérons nos ressources propres, nous essayons de les mobiliser. La communauté internationale a décidé d'accompagner un de ses membres en difficulté. C'est un accompagnement et il nous appartient à nous, Centrafricains, de reprendre en main notre destin.

 

De quoi la RCA est-elle malade ?

 

De sa division, du manque de nationalisme, du manque de vision commune pour parvenir à une sortie de crise.

 

Etes-vous favorable à ce que vos prédécesseurs, François Bozizé et Michel Djotodia, répondent devant la Cour pénale internationale des crimes de guerre commis par leurs troupes ?

 

S'il est établi qu'ils ont une responsabilité, il n'y a pas de raison que je m'y oppose. Je suis contre l'impunité. La réconciliation nationale sans la justice n'a pas de sens. Pour le moment, seul M. Bozizé fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la justice centrafricaine, lancé avant que je n'arrive. Des enquêtes sont en cours pour déterminer les responsabilités des uns et des autres dans les exactions commises depuis 2012.

 

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/05/09/la-ce...

Lu pour vous : Catherine Samba-Panza : « La Centrafrique est malade de sa division et du manque de nationalisme »

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