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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:56

 

 

 

 

 

« L’action politique n’est valable et n’a du sens que si elle rime avec l’intérêt du pays et les aspirations du peuple au nom duquel et pour lequel mandat a été reçu »

 

Franck SARAGBA.

 

Une fois de plus, l’’histoire de notre pays, celle qui s’écrit avec un grand « H » est en train de  s’accomplir sans une véritable emprunte au sens positif du terme de nos hommes politiques. La très remarquable et condamnable absence de nos hommes politiques soi-disant de premier plan dans la recherche d’une solution salvatrice dans un conflit hautement politique a fini par dégouter et révolter nos concitoyens qui se sentent plus que jamais seuls, délaissés à leur triste sort. Un conflit politico-militaire que l’on voudrait le transformer coûte que coûte et à tort pour des objectifs inavoués en conflit confessionnel. Le bégaiement de nos hommes politiques de tout bord confondu étonne, surprend et les discréditent à jamais. Se tromper une fois est une chose mais se tromper tout le temps en est une autre. Nulle part ailleurs dans le monde, jamais a-ton vu un peuple aussi brave et courageux, prêt à tous les sacrifices pour prendre sa destinée en main se faire bâillonner dans son élan émancipateur par sa propre classe politique. Notre bon et généreux peuple a été trahi par sa classe politique avec des leaders aux pratiques surannées, aussi démissionnaires, incompétents, inconscients,  cupides qu’ils sont irresponsables les uns que les autres.

 

Au nom d’une solidarité nationale, par patriotisme et pour la réussite du processus de transition pouvant ramener rapidement un Etat de droit dans notre pays,  nombreux sont parmi d’entres-nous qui avions choisi volontairement de taire nos critiques et autres désaccords au regard de graves manquements du régime en place. Et voilà que jour après jour, la pratique du régime de transition nous révèle toutes les  tares que nous reprochions aux anciens régimes qui ont régné dans notre pays depuis une cinquantaine d’années. Finalement, le régime de transition dont nous avions mis tous nos espoirs n’est rien d’autre que  la perpétuation  des pratiques de ces prédécesseurs contre la volonté émancipatrice de notre peuple. L’espérance suscitée par le régime au départ fait place aux doutes, aux questionnements, aux accusations qui sont provoqués par les terribles tâtonnements, les actes de compromission du moment. Les cafouillages politiciens à très court terme ont eu raison des objectifs politiques à long terme qui sont celles entres-autres d’assurer la phase de transition. Au lieu d’un gouvernement très restreint, constitué plutôt d’hommes politiques d’envergure qui sont secondés et conseiller par des technocrates parce que la situation l’exige, on décrétât benoîtement un gouvernement de technocrate avec une pléthore de ministre. A présent, on projette tout aussi benoîtement un remaniement gouvernemental dont les membres ne seront plus des technocrates mais les ressortissants de chaque préfecture. Une autre absurdité qui consoliderait la logique de partition du pays.

 

S’il est vrai que la présidente de transition avait hérité d’une situation chaotique, il n’en demeure pas moins qu’elle disposait et de la légitimité des représentants du peuple et de la reconnaissance au niveau internationale, lesquelles devraient lui permettre de profiter de cet état de grâce et de la sympathie suscitée par son élection pour prendre dans les premières heures certaines décisions fortes qui lui auraient permis d’affirmer son autorité en tant que telle envers toutes les entités, de ce fait, se préserver une marge de manœuvre conséquente. Nous pensions alors à l’amorçage d’une nouvelle ère dont elle assurerait le pilotage éclairé qui consacrerait une nouvelle gouvernance… hélas !

 

La fabrication des pagnes à l’effigie de la présidente de transition est la goute d’eau de trop, à un moment où l’argent fait défaut alors que les priorités, voir les urgences sont ailleurs. Elle nous ramène aux vieilles pratiques populistes et du culte de la personnalité des années’60 que nous avions tant décrié à se rompre les cordes vocales. Nous ne pouvons plus nous taire. Trop, c’est trop !  Si l’on peut reprocher surtout au régime de transition en place de ne pas faire preuve d’audace et d’opportunisme politique, on notera toutefois que l’ancienne classe politique de notre pays  a échoué également, pire, elle n’essaie même pas de se rattraper au point de nous interroger. Les seules préoccupations qui les animent  en ce moment douloureux sont l’annonce de leur candidature à l’élection présidentielle, la création d’un énième parti politique et autres stratagèmes foireux pour faire parti du prochain gouvernement.

 

 Où sont donc passés ceux qui  ont introduit le loup dans la bergerie ? Qu’ils se rattrapent ! Où sont donc passés ceux qui occupent des fonctions régaliennes et qui sont les dépositaires de la violence légitime ? Qu’ils prennent leur responsabilité ! Où sont donc passés les opposants ? Qu’ils jouent leur rôle ! Où sont donc passés ces innombrables candidats à l’élection présidentielle ? Qu’ils parlent et prennent position ! A toute cette classe politique, aux pléthoriques candidats à l’élection présidentielle, aux patriotes animistes, chrétiens et musulmans, nous réitérons à leur endroit au nom de la patrie en danger de se regrouper dans une union sacrée pour se défaire du démon séparatiste qui guette notre nation et sauver ce qui peut l’être encore. Hommage au courage du peuple de Centrafrique et honte à nos hommes politiques.

 

Franck SARAGBA

Hommage au courage du peuple de Centrafrique et honte à nos hommes politiques par Franck SARAGBA

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