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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 11:19

 

 

 

 

 

 

par RFI  Olivier Rogez  25-04-2014 à 15:16

 

 

Dans Appels sur l’actualité, un auditeur s’interroge sur le paiement des fonctionnaires et agents de l'Etat en RCA, paralysée par les violences depuis un an.

Après six mois secs, ils ont commencé à percevoir courant mars leur premier salaire grave à une enveloppe congolaise. Des files d'attente interminables se sont formées très tôt devant les principales banques de Bangui, prises d'assaut par des citoyens impatients de récupérer leur argent.

 

Les fonctionnaires centrafricains auraient été enfin payés après six mois sans salaires. Qu’en est-il exactement ?


En sept mois les fonctionnaires, enseignants, magistrats, policiers ont touché deux mois de salaires. Le dernier a été payé la semaine dernière et les étudiants ont reçu en mars deux mois de bourse. Il faut comprendre que l'Etat est à terre en RCA. Depuis six mois, les caisses sont vides. Les seules recettes qui entrent au budget de l'Etat sont celles que procurent les douanes, et notamment le point de passage avec le Cameroun. Les secteurs diamantifère et aurifère sont désorganisés et ne produisent plus de recettes fiscales ; quant aux entreprises, elles sont à l'arrêt ou au mieux tournent au ralenti. Sans appui extérieur, aucun redémarrage n'est possible. Et cet appui commence à arriver. Le gouvernement est en discussion avec la Banque mondiale et le FMI. Et les pays voisins ont versé des fonds ou promis de le faire. La France via l'AFD, l’Agence française de développement, doit injecter dans les mois à venir près de 25 millions d'euros sous diverses formes. Notamment dans des projets créateurs d'emplois, comme des travaux d'aménagement de voirie. Le Congo-Brazzaville a apporté une aide budgétaire afin de payer les fonctionnaires. Et l'Angola en a promis une autre de 10 millions de dollars que le gouvernement attend avec impatience.

 

Peut-on voir dans cette première distribution de salaires un redémarrage de l’administration centrafricaine ? 

 

L'administration redémarre doucement mais avec d'énormes difficultés. Il faut souligner le civisme de certains fonctionnaires centrafricains. J'ai vu des professeurs d'école, des magistrats, des gardiens de prison assurer leurs fonctions malgré un manque de moyens criant. Les ministères n'ont aucun budget établi et fonctionnent parfois uniquement grâce aux bonnes volontés. Un exemple : au tribunal de grande instance de Bangui, les greffiers n'ont ni ordinateurs ni papier et doivent aller dans les cybercafés pour imprimer les documents nécessaires à l'établissement des actes de procédure. Dans les écoles, les professeurs n'ont plus de craie pour écrire au tableau et, sans l'Unicef qui distribue des kits scolaires, les enfants n'auraient ni cahier ni stylos. Outre le manque d'argent, le principal problème du redémarrage de l'administration, c'est le manque de sécurité. Les fonctionnaires musulmans ne peuvent plus aller travailler. J'ai ainsi croisé au PK5, l'enclave musulmane de Bangui, un fonctionnaire du ministère du tourisme qui ne peut plus aller au bureau : s'il quitte l'enclave, il risque de se faire assassiner par les milices anti-balakas. Au tribunal, les juges n'osent pas condamner les criminels, notamment les anti-balakas qui sème parfois la terreur dans les quartiers, car ils se disent menacés et craignent des représailles, le soir, lorsqu'ils rentrent dans les quartiers.

 

Peut-on parler d'un redémarrage effectif de l'Etat ?

 

Si l'administration recommence à fonctionner, il est clair qu'avant de pouvoir parler d'un redémarrage effectif de l'Etat, il faudra que la République centrafricaine soit à nouveau souveraine sur sa sécurité intérieure, ce qui est encore loin d'être le cas. Il n'y a plus de police, plus de gendarmerie et plus d'armée. La sécurité est assurée par les forces internationales, mais celles-ci ne sont pas en mesure de protéger efficacement les citoyens contre les criminels. Les forces de sécurité ont été désarmées en vertu d'une résolution de l'Onu qui interdit pour l'instant de les réarmer. L'Onu et les partenaires exigent des autorités qu'elles fassent le ménage au sein des forces de défense et de sécurité, qu'elles présentent des unités réformées composées de personnel dont ont s'est assuré qu'ils ne vendront pas leurs armes aux miliciens. Les ministères ont donc commencé ce travail de recensement et de recomposition des forces armées, mais cela prendra du temps.

En RCA, l'administration redémarre, avec d'énormes difficultés

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