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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 18:37

 

 

 

 

BANGUI, 2 mai 2014 (AFP) - Violences sans fin, déplacements massifs de populations: 100 jours après l'entrée en fonction de la nouvelle présidente Catherine Samba Panza, la réconciliation entre chrétiens et musulmans de Centrafrique semble une mission impossible malgré les efforts des soldats français et africains et l'arrivée de renforts européens.

 

Mercredi soir, un journaliste est mort après s'être fait tirer dessus chez lui la veille: des musulmans du quartier voisin PK5, fous de rage après l'assassinat et la mutilation d'un des leurs, ont écumé les maisons chrétiennes pour se venger. Oeil pour oeil, dent pour dent. L'incident est quasi quotidien en Centrafrique et le journaliste une énième victime de la haine et du cycle des vengeances qui tenaillent désormais les deux communautés.

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos lorsque l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, a pris le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014 dans un pays composé à 80% de chrétiens, multipliant les exactions. En réaction, des milices chrétiennes hostiles aux Séléka et plus généralement aux musulmans se sont formées, semant elles aussi la terreur parmi les civils.

 

Le conflit a fait des milliers de morts et près d'1,5 million de déplacés. "J'hérite d'un pays au bord du gouffre avec une insécurité généralisée, l'absence de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national, une catastrophe humanitaire sans précédent", avait déclaré Mme Samba-Panza peu après son accession au pouvoir et la démission forcée du président Michel Djotodia, l'ancien chef de la Séléka, en janvier dernier. Trois mois plus tard, la situation n'a guère évolué malgré les efforts des forces internationales, composées de quelque 5.000 Africains de la Misca et 2.000 soldats français, pour arrêter cette spirale infernale.

 

A Bouca dans le centre, par exemple, 4.000 chrétiens vivent depuis sept mois dans la boue d'une paroisse, terrorisés par la Séléka. Plus de 1.800 maisons ont été incendiées. Quelque 120 chrétiens sont morts, contre une quarantaine de musulmans, tués par les anti-balaka. A Grimari, également dans le centre, 4.600 chrétiens s'étaient également réfugiés la semaine dernière dans une paroisse, alors que Séléka et anti-balaka s'affrontaient.

 

Les musulmans étaient presque absents, femmes et enfants ayant déjà été évacués au Tchad.

 

 - Dilemme sur le sort des musulmans –

 

A Bangui et dans le nord-ouest du pays, la minorité musulmane, accusée d'avoir été proche de l'ex-rébellion Séléka, est particulièrement prise pour cible par les milices chrétiennes anti-balaka et fuit massivement vers le nord et l'est de la Centrafrique ou vers les pays voisins. Dimanche, quelque 1.300 musulmans qui se terraient en périphérie de Bangui, harcelés et attaqués par les anti-balaka, sont partis dans un imposant convoi escorté par la Misca à destination du nord.

 

Plus de 90% des 60 à 80.000 musulmans qui vivaient à Bangui ont déjà quitté la capitale, créant une partition de facto du pays, que le gouvernement dénonce. "Je pense déplacer les gens, c'est déplacer les problèmes (...) nous séparer ne serait pas la solution. Nous avons toujours vécu ensemble, nous devons continuer à vivre ensemble, à être tolérant, à nous accepter", a affirmé mercredi à l'AFP la vice-présidente du Conseil national de transition, Léa Koyassoum Doumta.

 

Mais malgré les appels répétés des autorités de transition et des dignitaires religieux au dialogue, la cohabitation semble devenue impossible. Au "PK5", dernier bastion musulman de Bangui, la situation est "vraiment catastrophique", explique Babikir Mahamat, un commerçant. "On est encerclés par les anti-Balaka. On ne peut pas aller étudier, on ne peut pas aller faire notre business, même pour aller à 500 mètres au delà d'ici. C'est pour cela que nous voulons absolument sortir d'ici".

 

L'arrivée de la force de l'Union européenne en Centrafrique, annoncée il y a des mois et enfin opérationnelle depuis mercredi, pourra difficilement changer la donne. Actuellement composée d'environ 150 hommes - pour atteindre 800 à terme - Eufor-RCA sera chargée de sécuriser l'aéroport de Bangui et deux autres quartiers de la capitale durant les 6 mois que durera son mandat. Pour prendre le relai, l'ONU a autorisé début avril le déploiement d'environ 12.000 Casques bleus mais celui-ci ne devrait pas intervenir avant septembre. 

Centrafrique: trois mois après l'arrivée d'une nouvelle présidente, l'impossible réconciliation

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