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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 11:03

 

 

 

 

19/05/14 (Rue89)

 

Enfin des lueurs d’espoir dans les ténèbres centrafricaines ? En avril dernier, la crise centrafricaine a connu une nouvelle accélération et s’était rapprochée, encore un peu plus, des crises devenues hors de contrôle, comme celle de Somalie.

 

Les assassinats de religieux, d’humanitaires et de journalistes, les affrontements de type militaire avec un appui aérien aux commandos Sangaris, le retrait temporaire d’ONG humanitaires et l’effacement du pouvoir exécutif, de plus en plus contesté par les nationaux et de moins en moins écouté par les partenaires étrangers, ne permettaient pas d’être optimiste.

 

Même si des massacres sont encore signalés, ici et là, et que les assassinats n’ont guère cessé comme en témoigne celui de la jeune journaliste française Camille Lepage, on peut néanmoins s’interroger. A la mi-mai, les premières lueurs d’espoir ne commencent-elles pas à poindre ?

 

Faits encourageants

 

Plusieurs faits nous paraissent encourageants et peuvent être de nature à briser l’interminable descente aux enfers :

 

Même si la situation dans l’arrière-pays est toujours hors de contrôle, une amélioration de la situation sécuritaire est constatée à Bangui, grâce à l’action déterminée de la Misca et de Sangaris. L’arrivée des précurseurs de l’Opération EUFOR-RCA annonce une consolidation de cette situation. Il est vrai aussi que les nombreux départs de musulmans ne sont pas étrangers à cette amélioration. La mise en place d’une Mission intégrée multidimensionnelle des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA), pour le mois de septembre 2014, avec des opérations de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion des combattants, annonce le démarrage prochain du processus de sécurisation du pays. Encore faudra-t-il éviter les échecs des précédents DDR en se gardant des détournements massifs des financements extérieurs dédiés à un tel programme.
 

A l’occasion des cent jours de sa présidence, la Présidente de la Transition a reconnu que son bilan était très mince et que des erreurs avaient été commises. Elle a annoncé un réaménagement du gouvernement et une meilleure gouvernance. Une feuille de route devrait être prochainement adoptée. Espérons que le népotisme et le clientélisme ne présideront plus aux nominations et que les compétences soient, enfin, prises en compte. Il faudra aussi revoir la composition des cabinets présidentiels et du Premier ministre, pléthoriques et sources d’inaction et de gaspillage. Ce réaménagement gouvernemental devra être accompagné d’un remodelage du CNT afin de mieux tenir compte des réalités socio-politiques et d’éviter une sur-représentation de certains groupes.

 

Le Congrès de l’ex Séléka, tenu récemment à Ndélé devrait mettre fin à l’anarchie qui régnait dans cet ancien cartel, surtout depuis la démission de Michel Djotodia, le 10 janvier 2014. Cette réorganisation, même si elle ne concerne dans un premier temps que la branche militaire, devrait permettre au Gouvernement et aux Forces internationales d’avoir des interlocuteurs représentatifs et d’instaurer un dialogue constructif. Les exactions imputées parfois hâtivement aux ex Séléka pourront être attribuées aux véritables criminels. Pour les mêmes raisons, une clarification est aussi attendue des nombreux groupes se réclamant des anti-balaka. Trop de crimes et d’exactions sont imputés, de manière aléatoire, aux uns ou aux autres, alors qu’ils ont pour auteurs des éléments incontrôlés des ex mouvements rebelles comme l’APRD, la CPJP ou le FPR de Baba Laddé.

 

La décision du Conseil de Sécurité de geler les avoirs et d’interdire les voyages de François Bozizé, de Nourredine Adam et de Levy Yakété est encourageante. L’extension des sanctions à Michel Djotodia et à Abdoulaye Miskine, décrétées unilatéralement par le Président Obama, traduit la prise en compte de la gravité de la situation qui « …menace la sécurité et la politique des affaires étrangères des Etats Unis … ». L’impunité dont jouissaient les principaux protagonistes de la crise et les innombrables criminels de droit commun a été l’une des causes du développement de la sauvagerie. La première mission d’enquête de la Cour Pénale Internationale est également un signe que l’heure des sanctions arrivera prochainement.

 

La décision du Président tchadien Idriss Déby, du 9 mai, de fermer hermétiquement la frontière avec la Centrafrique, même si cette décision fait peu de cas de l’obligation de libre circulation entres les Etats de la Communauté Economique et Monétaire des Etats d’Afrique Centrale (CEMAC), devrait avoir un impact positif sur la sécurisation du territoire centrafricain. Les bandes armées, les trafiquants et les pillards vont voir restreindre leur liberté de circulation et rendre plus difficile leur ravitaillement. Cette décision du Président tchadien vient à la suite de celle qu’il avait prise, début avril, en retirant promptement le contingent tchadien de la MISCA, contribuant ainsi à mettre un terme à certaines accusations centrafricaines.

 

Les Agences de développement, en particulier l’Agence française de développement, viennent de lancer des programmes de développement à haute intensité de main-d’oeuvre. Ces actions de Paix contre Travail donneront des perspectives d’espoir à la jeunesse, en améliorant notablement leurs conditions de vie et, pour les combattants de tous bords, en leur faisant quitter l’univers de barbarie dans lequel ils sont enfermés et revenir aux préceptes de la morale. La paix arrivera plus par ces actions de développement économique et social que par la force des armes et le renforcement incessant des Forces internationales.

 

Oublier les Accords de Libreville ?

 

Ces légères avancées devront être consolidées et être confortées par d’autres décisions de nature politique et juridique. Ne conviendrait-t-il pas de ne plus faire référence aux Accords de Libreville du 11 janvier 2013, alors que les motivations de l’époque ont totalement disparu, que les principaux protagonistes de l’époque ont tous piteusement quitté la scène et que la répartition des pouvoirs a sensiblement évolué.

 

Faut-il encore conserver en l’état la Charte constitutionnelle du 18 juillet 2013, alors qu’une nouvelle ère politique a débuté le 10 janvier 2014, que la nature du bicéphalisme de l’exécutif a changé, que le Conseil National de la Transition, dans sa composition actuelle, ne peut exprimer la souveraineté nationale et que l’inéligibilité des principaux responsables actuels de l’exécutif et du législatif ne se justifie plus.

 

Il serait bon que les hommes et femmes politiques de premier plan puissent se consacrer pleinement à la réussite de la Transition plutôt que mettre toute leur énergie à la préparation des futures élections présidentielles et législatives qui pourront difficilement se tenir début 2015.

 

Aujourd’hui plus encore qu’hier, il ne suffit pas de tendre la sébile et de dresser des additions en centaines de millions d’euros, il faut aussi réhabiliter la vraie politique, celle qui est au service de toutes les composantes du peuple centrafricain et du développement de toutes les régions du pays.

 

http://rue89.nouvelobs.com/2014/05/18/centrafrique-elements-...

 

Centrafrique : des éléments encourageants pour éviter la « somalisation »

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