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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 15:16

 

 

 

La Centrafrique réclame une enquête sur les récentes tueries

 

par RFI   01-04-2014 à 05:54

 

Après les deux drames qui ont frappé la ville de Bangui, le ministre centrafricain de la Défense, Thomas Théophile Tchimangoua, interviewé ce lundi 31 mars par RFI, réclame une enquête onusienne. Suite à l'explosion de grenades dans une concession au quartier Fatima, jeudi 27 mars, et les heurts entre une colonne tchadienne et des anti-balaka, samedi 29 mars, les autorités ont décrété trois jours de deuil national.

 

Un calme tendu est revenu, ce lundi, dans la capitale centrafricaine après les tueries du week-end. Les Tchadiens - théoriquement cantonnés dans le nord du pays - ne viennent pas à Bangui mais ce week-end, le commandant de la « brigade tchadienne » rentrait justement d’une mission, au nord, et c’est à la porte nord de la capitale que les heurts ont éclaté entre ce détachement de soldats tchadiens de la Misca et les milices anti-balaka. Le dernier bilan fait état de sept morts et une quarantaine de blessés.

 

Interviewé par RFI, Thomas Théophile Tchimangoua, ministre centrafricain de la Défense, réclame une enquête onusienne.

 

« La communauté internationale n’a qu’à déclencher une enquête internationale ! Il est temps. Nous ne sommes pas un Etat où les choses doivent se passer comme ça. Et si un pays voisin ou un pays ami veut jeter le discrédit, le désordre, eh bien que les institutions internationales prennent leurs responsabilités. Et si ce pays fait partie de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale), il est temps qu’on leur dise que nous ne sommes pas des provocateurs et qu’on ne vienne pas nous provoquer », a déclaré le ministre centrafricain de la Défense.

 

A la question de savoir si le ministre de la Défense voulait dire que l’arrivée au PK12 d’un convoi de Tchadiens (venus rapatrier leurs compatriotes) était une action de provocation, ce dernier s’interroge.

 

« Dans la mesure où on parle de rapatrier les ressortissants, "rapatrier les ressortissants" ne veut pas dire ouvrir le feu. Je n’accuse personne mais il y a un amalgame. Il faudrait qu’on lève l’équivoque. C’est ce que je demande à la communauté internationale. Ces sont les Nations unies qui pourraient mener cette enquête. En effet, la RCA n’a pas d’armée ; elle est placée sous protection internationale », a réclamé le ministre centrafricain de la Défense, Théophile Tchimangoua.

 

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba-Panza a, quant à elle, décrété un deuil national de trois jours, à partir de ce lundi, à la mémoire des morts.

 

Combiner réponse à l'urgence et solutions de moyen terme

 

En France, il a été aussi question de la Centrafrique, ce lundi matin à Paris au cours de la Conférence nationale humanitaire. Une rencontre de réflexion des acteurs humanitaires - ONG bien sûr mais aussi collectivités locales et fondations d'entreprises - ouverte par le ministre français des Affaires étrangères. Laurent Fabius a rappelé l'importance de combiner la réponse à l'urgence et des solutions de moyen terme.

 

« Il nous faut répondre à l’urgence, protéger et parfois, quand il n’y a pas d’autres solutions, séparer les communautés qui se livrent une guerre fratricide mais il nous faut aussi, dans le même temps, redonner aux autorités des moyens de la réconciliation nationale. Cela passe par la fin de l’impunité, par la mise ou la remise sur pied de l’Etat, par la réhabilitation des services de base, le rétablissement des circuits financiers et la relance de l’économie, notamment rurale », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

 

Tueries en Centrafrique : la présidente fait ouvrir une enquête

 

http://www.leparisien.fr/  le 01.04.2014  14h12

 

La présidente centrafricaine de transition a annoncé mardi l'ouverture d'enquêtes après la mort d'au moins 24 personnes, tuées samedi à Bangui par des soldats tchadiens. «Nous avons demandé que des enquêtes soient ouvertes pour nous permettre d'identifier exactement ce qui s'est passé et dès que nous aurons ces éléments-là, nous verrons qui ont été les auteurs de ces troubles, et pourquoi», a déclaré Catherine Samba Panza à l'issue d'une rencontre à Paris avec le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf. 

«Ma volonté est d'ouvrir une écoute en direction des "anti-balaka" (NDLR. milices chrétiennes) pour savoir ce qu'on peut faire ensemble pour que ce pays qui a tant souffert et est en état de délabrement total puisse être relevé avec le concours de tous les fils et filles de ce pays, y compris les "anti-balaka"», a déclaré la présidente.


Paris désigne les milices chrétiennes


Catherine Samba Panza, qui doit être reçue mardi après-midi par le président François Hollande, a par ailleurs demandé au secrétaire général de la Francophonie de «continuer à faire le plaidoyer auprès de la communauté internationale pour que les autorités centrafricaines aient les moyens de ramener la paix dans ce pays, d'apporter l'aide humanitaire nécessaire aux populations et surtout essayer de rétablir l'autorité de l'Etat». Abdou Diouf lui a assuré avoir «beaucoup insisté» auprès des Etats membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) «sur la nécessité de doter la Centrafrique d'aide budgétaire pour lui permettre de faire face à ses besoins les plus urgents». 


De son côté, la France a pointé la responsabilité des "anti-balaka" dans ces violences. «La France déplore les violences des 29 et 30 mars à Bangui, dont la responsabilité incombe pour une large part aux milices anti-balaka, a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Romain Nadal. Elle demande que toute la lumière soit faite sur ces violences et rappelle qu'il n'y aura pas d'impunité pour ceux qui commettent des exactions».


Samedi, à Bangui, des soldats tchadiens, venus rapatrier leurs compatriotes fuyant les violences en Centrafrique, ont tiré sur la foule, faisant au moins 24 morts et une centaine de blessés. Selon la force africaine Misca, les soldats ont riposté après avoir été attaqués. Une version démentie par des représentants des "anti-balaka" et des habitants. Des incidents surviennent régulièrement à Bangui entre d'un côté les milices anti-balaka et la population, majoritairement chrétiennes, et de l'autre les soldats tchadiens, accusés de complicité avec les ex-rebelles Séléka, majoritairement musulmans, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013 en Centrafrique.

Tueries en Centrafrique : la présidente fait ouvrir une enquête

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