Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 21:02

 

 

 

Centrafrique : entretien avec M. Aristide Briand REBOAS

 

https://afriquenewsblog.wordpress.com  avril 2014

 

1. Quelle évaluation de la situation faites-vous ?

 

La situation qui prévaut aujourd’hui en Centrafrique est connue du monde entier comme des une des situations les plus alarmantes dans l’histoire du monde et de l’Afrique. La violence a atteint son point extrême. Violences, meurtres, assassinats, tortures, viols, vols, enlèvements, pillages, lynchages, disparitions, maladies, famine rythment le quotidien du peuple Centrafricain, la population de la capitale de Bangui et des provinces, des Centrafricains et des étrangers, des chrétiens et de musulmans, des hommes et des femmes y compris enceintes, des enfants et bébés, bref de la personne humaine. Ce cortège de maux et de crimes est voulu et entretenu par l’homme tout court qu’il s’agisse d’éléments rebelles Séléka ou des milices Antibalaka. Les populations Centrafricaines vivent dans l’insécurité la plus totale et le dénuement matériel et financier total.

 

Malgré l’aide des institutions sous-régionales, des Chefs d’Etat de la sous-région, de l’Union Africaine, des autorités Françaises, de l’Union Européenne, de l’ONU, la crise perdure ; malgré la démission forcée de Michel Djotodia et Nicolas Tiangaye, malgré l’élection de Catherine Samba-Panza en tant que femme et mère, les acteurs de cette crise ne veulent rien savoir et restent blottis dans leur aveuglément criminel, destructif, dans la haine et la vengeance pour diverses raison.

 

2. Quelle est la part de responsabilité des dirigeants centrafricains ?

 

Il faut faire preuve de lucidité et de tact dans l’analyse de la situation que j’ai décrite ci-haut. Faire des amalgames est à mes yeux un jeu très dangereux et à terme contreproductif, et ne contribuera pas à résoudre les problèmes auxquels mon pays est confronté. Dans des moments aussi difficiles, l’objectivité, la vérité, et la lucidité dans toute analyse constituent les premières solutions pour sortir de l’impasse. A cet égard, je me soustrais au jeu dangereux des amalgames et répondrais à votre question en opérant préalablement une distinction entre la déliquescence de l’Etat d’une part, et la crise aigüe née du coup d’Etat du 24 mars 2013.

 

A ce qui concerne l’effondrement de l’Etat Centrafricain, en ce moment là, je pourrais pointer du doigt la responsabilité des dirigeants Centrafricains de tous bords et ce depuis l’indépendance. Tous les politiques qui ont exercé le pouvoir d’une manière ou d’une autre sont bien responsables de l’absence d’Etat.

 

Tout d’abord, si l’on évoque la crise, surtout les forces de défense et de sécurité (les FACA, la Gendarmerie Nationale et la Police Nationale) ont progressivement été détruites à partir de l’arrivée du général André Kolingba au pouvoir en 1981 et à partir de 1983 ; en réponse à une tentative de coup d’état manqué attribuer à certaines personnalités civiles et militaires bien connus et cadres du nord de la RCA, le Président André Kolingba a ethnicisé nos forces de défense et de sécurité en créant une milice appelée EBA exclusivement de l’hetnie yakoma, cette milice recevait les instructions directement en patois, même pas en sango, (langue nationale) ni le français langue de travail, ainsi l’armée centrafricaine a été marginalisée, un mur invisible de réticence est crée entre l’armée nationale et les pouvoirs exécutifs jusqu’à nos jours, c’est-à-dire depuis l’époque Kolingba a madame SAMBA PANZA.

 

Arrivé au pouvoir en 1993, le Président Ange Félix Patassé commet les mêmes erreurs que son prédécesseur, en recrutant dans l’armée beaucoup de citoyens originaires de sa région, l’Ouham Pendé (ethnie Kaba et groupe Mboum). Deux milices sont créées : les Balawa et les Karako. Les officiers Yakoma qui se voient marginalisés dans l’armée déclenchent des mutineries à répétition à partir de 1996. L’instabilité devient chronique dans le pays. L’insécurité est généralisée. En 2001, un coup d’Etat est manqué par l’ancien Président Kolingba, et des représailles s’en suivent. Le Chef d’Etat Major François Bozizé et Démafouth sont accusés, Bozizé se réfugie au Tchad d’où il mène des attaques. Le 15 mars 2003 Bozizé prend le pouvoir par coup d’Etat. Après les élections de 2005, plusieurs rebelles centrafricains et tchadiens dits « Les Libérateurs » dont Abakar Sabone qui avaient accompagné Bozizé au pouvoir se brouillent avec ce dernier et créent plusieurs groupes rebelles dans le nord. En 2006, trois groupes rebelles se fusionnent a Rwanda et engrangent des victoires militaires dans le pays, avant d’être stoppés dans leur élan par la France et le Tchad en 2007. Non découragés, les rebelles tissent des liens avec les combattants du Darfour et les rebelles tchadiens de l’UFDD de Mahamat Nouri. C’est le début de la naissance de Séléka. J’avais alerté le Président François Bozizé, alors que j’étais en charge des Renseignements Généraux Centrafricains. Mais le Président diverti par ses proches dont Ndoutingaye et Firmin Feindiro, ne fera rien. Djotodia, Abakar Sabone et le Commandant Hissein réussiront tranquillement à gonfler leurs rangs avec des Djandjawids et mercenaires tchadiens. Après ils ont lancé l’assaut sur la capitale avec plus de 20000 combattants guerriers expérimentés au Darfour et Tchad. Si le Président Bozizé m’avait suivi, il serait encore au pouvoir aujourd’hui. L’étape 2 de Séléka, c’est de renverser Déby, Sassou et Paul Biya.

.
Ensuite et enfin, si l’on parle de la crise aigüe que vivent aujourd’hui les populations Centrafricaines depuis le 24 mars 2013, je me refuserais à mettre tous les hommes politiques Centrafricains dans le même panier, en attribuer la responsabilité de ce qui se passe à tous les politiques Centrafricains. Les vrais responsables de cette crise sont connus des citoyens Centrafricains, du moins ceux qui sont objectifs et honnêtes. Les seuls responsables, ce sont les acteurs de la crise, c’est-à-dire ceux qui ont joué un rôle de près ou de loin dans la survenance et l’entretien de ce conflit. Ces acteurs et responsables du malheur des la population Centrafricaines sont aujourd’hui clairement et facilement identifiables, reconnaissables avec des preuves tangibles, visibles, audibles pour tous et facilement vérifiables. Il y’a trois groupes d’acteurs et de responsables.

 

Premièrement, il y’a le régime de l’ancien Président François Bozizé. Deuxièmement, il y’a la coalition rebelle Séléka de Michel Djotodia qui a renversé le Président François Bozizé le 24 mars 2013. Troisièmement et enfin, il y’a les milices Antibalaka, initialement groupes d’auto-défense, mais désormais politiquement très instrumentalisées pour faire perdurer à dessein le malheur des Centrafricains et faire échouer la transition politique jusqu’à ce que les sinistres bénéficiaires arrivent à rebattre les cartes politiques à leur profit. Voilà les vrais acteurs, les vrais responsables du drame que vivent aujourd’hui les populations Centrafricaines. Voilà la vérité.

 

Mais si par rapport à l’identité et au nombre des groupes d’acteurs du conflit, la vérité est connue de toute l’opinion nationale, internationale et des Centrafricains, il reste encore une dernière vérité, plus capitale qui doit être connue, pour permettre au monde de mieux comprendre le drame qui se joue en Centrafrique afin de trouver de vraies solutions. La question est : quel est le rôle réel hier et aujourd’hui de chacun de ces groupes d’acteurs cités, et surtout comment ces groupes sont nés, et quel est l’enjeu de ce conflit ?

 

3 .Quelle est la part de responsabilité de François Bozizé ?

 

Il est aisément évident que l’ancien Président François Bozizé est clairement et à plus d’un titre responsable du chaos et du malheur des Centrafricains,. Quand le Président François Bozizé avait pris le pouvoir le 15 mars 2013 avec la rébellion dite des «Libérateurs », une certaine adhésion populaire à ce changement a été notée avec les scènes de liesse populaire à Bangui. Mais vous savez, un régime, ce n’est pas seulement le Président de la République, c’est aussi et surtout l’entourage de ce dernier.

 

La responsabilité de l’ancien Président François Bozizé est évidente parce que tous les Centrafricains savent ou reconnaissent aujourd’hui qu’il y’a eu un échec du régime Bozizé dans le domaine de l’armée, de la sécurité et défense du territoire, la sécurité et la protection du peuple Centrafricain, des biens et des personnes, l’armée centrafricaine avait été tenu en écart car le président plébiscitait plus l’armée tchadienne et sud africaine, alors que si l’armée centrafricaine était bien préparée on aurait du éviter tout cela . La sécurité était limitée seulement à Bangui, puisqu’entre 2003 et 2013, nos frontières et les provinces du pays ont été progressivement abandonnées et la nature ayant horreur du vide, des mouvements rebelles et autres bandes armées se sont chargées de l’occupation de ces terres. Cet échec dans la sécurité et la défense nationale est particulièrement affligeant vu le profil professionnel du Président François Bozizé qui est d’abord un militaire, et qui a atteint même le grade de Général de Corps d’armée. De plus, il était Ministre de la Défense nationale. Ajouté a cela ceux qui lui font prendre des décisions ne sont pour la plupart ses collaborateurs direct et immédiat.

 

 Ils étaient suffisamment nombreux pour basculer son opinion dans n’importe quel sens, qui ne sont pas forcement dans l’intérêt nationale. Beaucoup des concepteurs de la seleka étaient avec lui et ‘il pensais les contrôler par des petits tours de passe- passe. Je voudrai parler ici de Damane , qui avait un lien à la fois avec lui et avec la seleka, d’Abakar sabone qui aujourd’hui réclame sans se gêner de la partition du pays alors qu’il était lui même conseiller de Bozize. Je voudrai aussi parler de son enfant chéri FIRMIN FINDIRO qui dès les premières heures du coup d’Etat réclamait la paternité. En fin beaucoup de choses qui aurait pu être évité ne l’avaient pas été .Il y a aussi certains militaires qui se plaignent encore de ne pas pouvoir défendre leur pays parce qu’ils n’ont pas pu avoir de dotations suffisantes pour combattre lors de l’avancé rebelle qui en fait était moins formés que les militaires centrafricains. Les armes que la plus part des seleka utilise aujourd’hui, sont celles de l’armée centrafricaine entreposées au sous-sol du palais et dans les casernes. Ces armes auraient pu être distribué au militaires centrafricains pendant l’avancée des rebelle. Toutefois, j’ai pas aimé la manière don ton a mis fin à son mandat, Car on a utilisé le grand mal pour guérir le moindre.

 

S’il avait pris à bras le corps la question de la formation d’une armée nationale digne de ce nom, d’une gendarmerie et d’une police dignes de ce nom, des services de sécurité et de défense au sens républicain du terme, le Président Bozizé serait encore aujourd’hui au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat prévu pour 2016. Comme il a lui-même négligé et malmené l’armée et les officiers de peur d’être victime d’un coup d’Etat, il a contribué à liquider ces institutions de protection de la nation, et c’est déjà cela la faute et la responsabilité du Président François Bozizé.

 

Le malheur des Centrafricains vient d’abord de cet échec de l’ancien régime de 2003 à 2013. Pensez-vous que si ce régime avait construit et formé une bonne armée, et l’avait dotée en moyens adéquats, et l’avait positionnée aux points stratégiques du pays notamment les frontières avec le Soudan et le Tchad, la coalition Séléka ne serait jamais venue prendre le pouvoir le 24 mars 2013. En tant que Directeur Général des Renseignements Généraux Centrafricains, j’avais pourtant alerté, dès le 08 février 2008, le Président François Bozizé sur les risques potentiels d’un coup d’Etat, de son renversement éventuel comme conséquence de la guerre du Darfour et des activités rebelles de l’UFDD de Mahamat Nouri au Tchad voisin. Mais, au lieu d’être suivi, j’ai plutôt été accusé, jugé par ceux là mêmes qui fricotaient avec Séléka en gestation depuis 2006.

 

3. Comment expliquez-vous le coup d’état du 24 mars ?

 

Outre l’échec du Président François Bozizé dans le domaine de la sécurité et défense nationale, le coup d’Etat du 24 mars 2013 a aussi été rendu possible par la combinaison de plusieurs éléments qu’on peut synthétiser. Il y’a la complicité notoire d’une partie de l’entourage présidentiel. Ils sont nombreux qui se sont laissés corrompre et retourner par Michel Djotodia et les islamistes. L’ancien Procureur de Bangui Firmin Findiro et bien d’autres. Ce n’est pas par hasard, si vous êtes bien informés, que lorsque Séléka est arrivée au pouvoir, Michel Djotodia a lui-même pris son téléphone pour appeler Firmin Findiro , et beaucoup d’autres proches de Bozizé y compris dans sa proches famille, afin de les nommer dans le gouvernement et au Cabinet Présidentiel.

 

Comment les choses ont commencé ?

 

Un jour, un Conseiller du Président François Bozizé, de confession musulmane (dont je tais le nom ici) est venu me voir à mon bureau, pour me demander de libérer 6 Pakistanais et un Saoudien tous des imams qui venaient de Peshawar avec un objectif clair mais non avoué, inciter les musulmans à se lancer en politique et convertir à coup d’argent (100. 000 FCFA) les chrétiens et animistes, la misère aidant. Or d’après mes informations que j’ai recoupées en renseignements, ces 7 étrangers étaient déjà en contact avec Michel Djotodia, Abakar Sabone et Justin Hassan qui étaient au sein de l’UFDR dans le maquis et ne rêvaient que de venir renverser le régime du Président François Bozize punir les chrétiens, détruire l’armée, obtenir la reconnaissance nationale des fêtes arabo-musulmanes, changer l’hymne nationale et le drapeau centrafricain etc. Ce Conseiller musulman très estimé par le Chef de l’Etat voulait me corrompre pour que je libère sans délai les 6 étrangers musulmans incarcérés pour prosélytisme radical. Ce Conseiller a voulu m’offrir une voiture 4/4 et m’a même dit que je pouvais fixer moi-même le montant de ma récompense, sachant que dans l’entourage, d’autres personnalités avaient déjà reçu jusqu’à 50 millions de FCFA. Je lui ai dit que je ne mange pas de ce pain. Par la suite, c’est un autre musulman qui est venu mener la même démarche auprès de moi, en vain. Ce dernier est devenu Ministre de Michel Djotodia par la suite et est en ce moment Ministre Conseiller de l’actuelle Transition. Automatiquement, j’ai partagé les passeports des incarcérés et un rapport détaillé avec les services de renseignements des pays amis notamment l’Ambassade de France à Bangui.


L’entourage était corrompu. Deux mois avant mon arrestation, deux ministres et un officier avaient prétexté une mission à l’étranger, et en avaient profité pour aller plutôt rencontrer secrètement Michel Djotodia et sa bande qui étaient déjà en grande planification de coup d’Etat. Là, les comploteurs ont établi une liste de 19 personnalités politiques à abattre dès l’arrivée de Djotodia au pouvoir. Sur la liste, figuraient le Président Bozizé, son fils Francis, Parfait Mbay, très proches de Bozizé, Bonda Bernard, Modeste Bria, Alain wabi, Edouard Nganaissona Claude Lenga, Bernard Mokom, certains opposants dont le premier et le plus en vue à l’époque, certaines figures intellectuelles. Le but était de liquider tous ceux qui peuvent constituer un danger pour leur pouvoir. De mon retour d’Alger où j’étais en mission en passant par Cameroun, où j’ai récupéré la bande sonore très compromettante à l’égard des comploteurs. Avant de rentrer à Bangui, les membres corrompus de l’entourage du Président Bozizé qui travaillaient de l’intérieur pour le compte de l’UFDR, avaient décidé de me réduire au silence de peur que j’alerte le Chef de l’Etat sur la bande sonore. C’est ainsi que je fus arrêté le lendemain de mon retour à Bangui. Alors que j’étais à mon Bureau, je vis débarquer des éléments de la Gendarmerie, un Commando de l’Unité de Sécurité Présidentielle Anatole Ngaya. J’ai appelé le Chef de l’Etat mais suis tombé sur son cadet et aide de camp Roger Godongaï.

 

J’ai alerté Thierry Lengbe et l’actuel Ministre de la Défense, Tchimangoa qui sont venus constater mon arrestation. Après être arrivé au Parquet, et la Section de Recherches et d’Investigation (SRI) de la Gendarmerie, j’ai appelé Bernard Mokom, Maxime Mokom pour leur demander d’aller récupérer la bande sonore qui se trouvait dans la boîte à gant de ma voiture de fonction. Bernard Mokom dira que la bande audio devait se trouver au Ministère des Mines. Le parquet de Bangui envoie le Commandant Serge Kossi et Danzoumi Yalo récupérer ma voiture de fonction. Quand j’étais en prison, le Ministre Bernard Ouandé, ancien Chef d’Etat Major, ainsi que le Procureur de Bangui de l’époque, Firmin Findiro avaient missionné le commandant de police Christophe Namgana en poste à l’OCRB de m’assassiner, ce qu’il refusa. Rapidement, Christophe Namgana est emprisonné et sera jugé au même moment que moi, et sa déclaration est consignée dans le procès-verbal du jugement.


Les rumeurs de coup d’Etat qui circulaient dans Bangui étaient fondées, mais seulement, Sylvain Ndoutingaï et Firmin Findiro et bien d’autres dignitaires du régime Bozizé roulaient pour le compte de la Séléka en gestation de Michel Djotodia. Le Président Bozizé finalement mis au courant de leur plan, et l’étau se resserrant de plus en plus autour des comploteurs internes au régime, certains se sont sauvés par la nage en direction de Brazzaville pour rejoindre Paris, d’autres ont prétexté des raisons de santé pour s’évader, des cadres de l’armée et de l’administration proches des comploteurs ont été virés.

 

4. Donc pour vous, l’UFDR était le point de départ de Séléka ?

 

Effectivement. Je dirais même plus. Il faut préciser tout d’abord que c’est le Président François Bozizé qui a d’abord travaillé avec Abakar Sabone qui a guerroyé dans la rébellion des Libérateurs qui ont finalement porté le Président François Bozizé au pouvoir le 15 mars 2003. Le même Abakar Sabone sera responsabilisé par le Président Bozizé. Abakar Sabone, Michel Djotodia, Consul de la RCA à Nyala au Soudan, Djono Ahaba et autres vont développer très vite un appétit pour le pouvoir politique. Très vite, Abakar Sabone et les « libérateurs » vont entrer en dissidence pour des promesses financières et politiques non tenues par le Président Bozizé.

 

Mais c’est quoi l’UFDR ? Il faut se rappeler que le 14 avril 2006 à Kigali, une première alliance rebelle a été scellée : l’Union des Forces Démocratiques du Rassemblement (UFDR). Ce regroupement est l’œuvre du Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ) d’Abakar Sabone, du Groupe d’Action Patriotique de Libération de Centrafrique (GAPLC) de Michel Djotodia, et le Front Démocratique Centrafricain (FDC) du Commandant Justin Hassan. Après leur fusion, les trois chefs rebelles cités plus haut, vont mener des incursions répétées au point d’inquiéter Bangui par une vaste offensive remportant des succès à Ouadda Djallé et Sam Ouandja. Devant la fulgurance de l’avancée de l’UFDR, l’armée Tchadienne et l’armée Française vont intervenir le 27 décembre 2006 pour déloger et chasser l’UFDR qui était de plus en plus menaçante.

 

Lorsque je suis entré en fonction au Service des Renseignements, j’ai eu des renseignements sérieux faisant état de contacts avancés entre l’UFDR et des combattants Djandjawids du Darfour, ainsi que l’UFDD du général tchadien Mahamat Nouri qui avait pratiquement renversé le Président Déby le 02 février 2008. Selon Michel Djotodia, l’ancien Consul de la RCA à Nyala, devenu rebelle et Chef du GAPLC, les contacts avaient permis de grossir les rangs de l’UFDR avec les combattants islamistes et autres mercenaires étrangers dont Soudanais et Tchadiens. Ensuite, la prochaine étape était la recherche des moyens financiers auprès des pays du Golfe. L’étape suivante était le déclenchement des opérations militaires jusqu’au renversement du Président Bozizé. Après la RCA leur servirait de base arrière pour déstabiliser les autres Chef d’Etat de la sous-région ; et à l’heure où je vous parle, et d’après mes renseignements, le Tchad, le Congo Brazzaville, la Guinée Equatoriale, le Cameroun à partir du nord seront à tour de rôle déstabilisés, si rien n’est fait. En ce moment, Michel Djotodia n’en démord pas de son éviction et travaille nuit et jour avec Noureddine Adam qui séjourne actuellement au Nigeria pour obtenir un ralliement de Boko Haram et d’autres mercenaires islamistes pour aller lutter pour l’indépendance de la partie septentrionale de la RCA. Cet Etat sera un Etat musulman. Les responsables de cet Etat virtuel anéantiront le Sud Soudan chrétien, et le Sud du Tchad chrétien. Pour renforcer la coalition Séléka 3 en cours, le Chef rebelle Baba Ladé et ses hommes ont apporté leur soutien à Michel Djotodia. Le principal soutien de Baba Ladé est Hamidou Dam Poussou de Nyem Yelwa dans le nord ouest Centrafricain, un peul qui a récemment fui pour le Congo Démocratique avec son bétail et beaucoup d’hommes.

 

5. Imaginez-vous une telle haine entre chrétiens et musulmans ?

 

La haine entre chrétiens et musulmans relève simplement de la manipulation et l’instrumentalisation politique. C’est vrai que les éléments de la coalition Séléka ont commis de graves exactions qui doivent être punies, mais il faut reconnaître aussi que les milices Antibalaka sont des jeunes et certains militaires manipulés et d’instrumentalisés pour entretenir dans la durée le malheur des Centrafricains : voilà la vérité. Il faut régler le problème à la source. Aujourd’hui, on peut avoir les élections, le retour à l’ordre constitutionnel, mais tant que les auteurs et leurs complices ne seront pas neutralisés durablement, tant que les auteurs des crimes, Michel Djotodia et ses complices seront dans la nature, tant que les responsables et éléments Antibalaka et Séléka nargueront tout le monde avec des gris-gris, armes blanches et armes de guerre devant les journalistes, on ne connaîtra pas la paix. La communauté internationale peut mobiliser les moyens qu’elle peut, mais la vraie solution, c’est de neutraliser rapidement et partout les responsables des violences, crimes de Séléka et Antibalaka, les auteurs de la manipulation et l’intoxication politique des jeunes centrafricains musulmans et chrétiens. Mon message à l’endroit des Antibalaka et les seleka est le suivant : ceux qui vous instrumentalisent vous induisent en erreur en ayant pris le soin de se mettre à l’abri à l’étranger avec leurs femmes, enfants, familles et argent et se la coulent douce. Pendant ce temps, vous semez le malheur et la désolation au quotidien, il est temps d’arrêter, de reprendre vos activités professionnelles, scolaires, agropastorales etc. S’agissant du gouvernent de transition je délivre le message suivant : engager un dialogue direct avec les seleka et antibalakas et doté sans tarder nos forces de sécurité et défense des armes, qui ne sont d’autres chose que outils de protection du peuple centrafricain et leur, bien et en fin rendez la justice aux victimes

 

AFRIQUE NEWS

 

Lu pour vous : L'ancien chef des services de renseignements de Bozizé règle ses comptes : Révélations

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com