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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 13:30

 

 

 

 

 

18/04/14 (Libération)

 

A Bossangoa, au nord-ouest de Bangui, l'imam a fui et l'évêque a été brièvement enlevé. C'était au tout début de l'opération «Sangaris» en Centrafrique, en décembre dernier. Un détachement de l'armée française s'était déployé dans l'urgence à Bossangoa, au nord-ouest de Bangui, pour tenter de ramener le calme entre chrétiens et musulmans. Trois hommes étaient alors au cœur de cette délicate entreprise : l'évêque, l'imam et un capitaine du 8e RPIMA de Castres (régiment de parachutistes d'infanterie de marine) qui jouait alors les grands réconciliateurs. Mais elle a tourné court. Le capitaine est parti vers d'autres cieux, l'imam a récemment fui la ville avec les derniers musulmans encore présents sous escorte des soldats tchadiens, et l'évêque a quant à lui eu une grosse frayeur au cours des dernières heures.

 

En déplacement dans son diocèse au nord de Bossangoa, il a été enlevé, mercredi, et son véhicule confisqué par des hommes appartenant vraisemblablement à l'ex-mouvement rebelle de la Séléka, au pouvoir à Bangui de mars 2013 à janvier 2014. Après d'intenses négociations menées par des responsables de Sangaris et de la force africaine Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), il a pu finalement être libéré jeudi matin. Les trois prêtres qui l'accompagnaient ont également été relâchés par leurs ravisseurs.

 

Paludisme, choléra, disette et enlèvements

 

«C'est le chaos le plus total : on ne respecte plus rien ni personne», réagit un bon connaisseur du pays. Malgré l'intervention de 2 000 militaires français et la présence de 6 000 soldats de la force panafricaine, la Centrafrique demeure, selon cette source, dans une «spirale extrêmement négative» : «La saison des pluies a commencé, et on peut craindre une recrudescence du paludisme, voire une épidémie de choléra à Bangui, qui en est un foyer traditionnel. Il n'y a plus rien à manger, et les enlèvements avec des demandes de rançons risquent de se multiplier.»

 

En attendant l'arrivée de la force européenne Eufor-RCA − prévue dans les prochaines semaines à Bangui − et le début de l'opération de maintien de la paix (OMP) de l'ONU − a priori pas avant l'automne prochain −, les militaires français se déploient dans de nouvelles zones du pays, en particulier dans l'Est, où résident des populations musulmanes et des éléments de l'ex-Séléka. Parviendront-ils à empêcher un nouvel exode massif des communautés locales, soumises à la pression incessante des milices antibalakas ? «Celles-ci tentent certes de mener des opérations d'infiltration, mais dans ces régions elles se heurtent à des populations majoritairement hostiles», assure un haut responsable à Paris.

 

600 000 déplacés et 300 000 réfugiés

 

La Centrafrique compte aujourd'hui 600 000 déplacés, et un peu plus de 300 000 réfugiés dans les pays voisins, essentiellement au Cameroun (150 000), au Tchad (90 000) et en république démocratique du Congo (64 000), selon les chiffres du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Soit près d'un million de personnes qui ont dû fuir leur foyer devant le déferlement de la violence qui a submergé le pays depuis plus d'un an et demi, sur un total estimé avant la crise à 4,5 millions d'habitants.

 

Thomas HOFNUNG

 

http://www.liberation.fr/monde/2014/04/17/en-centrafrique-pl...

Lu pour vous : En Centrafrique, «on ne respecte plus rien ni personne»

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