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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 16:59

 

 

 

 

 


PARIS AFP / 10 avril 2014 17h49 - L'affaire de la société minière canadienne Uramin a rebondi jeudi, avec l'annonce de l'ouverture d'une enquête judiciaire préliminaire sur les conditions du rachat en 2007 de cette société par le géant français du nucléaire Areva, dirigé alors par Anne Lauvergeon.


Uramin, qui ambitionnait d'exploiter des gisements dans plusieurs pays africains (Namibie, Afrique du Sud et Centrafrique), avait été achetée à prix d'or --2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros)-- et la transaction avait viré au désastre financier pour le groupe français.


L'enquête, confiée à la brigade financière de la police judiciaire parisienne, fait suite à un signalement auprès du parquet national financier par la Cour des comptes, qui mène sa propre enquête, a indiqué à l'AFP une source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.


Circonscrite à la seule période 2007-2011, elle vise des faits de présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles, diffusion d'informations fausses ou trompeuses, faux et usage de faux, selon le quotidien.


Le Monde précise aussi que la Cour des comptes devrait rendre en mai un rapport définitif sur le groupe nucléaire français durant la période 2006-2012.


Un pré-rapport a déjà été rédigé, auquel Anne Lauvergeon a répondu point par point la semaine dernière, avant son audition par les magistrats de la rue Cambon, selon un communiqué de l'ex-dirigeante.


Ma cliente est tout à fait sereine et je ne vois absolument pas quelle infraction pénale pourrait lui être reprochée, a indiqué à l'AFP son avocat, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi. 

Areva n'a de son côté pas souhaité faire de commentaire, tandis que la Cour des comptes n'avait pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.


- Affaire d'espionnage –


Après le départ de Mme Lauvergeon, évincée avec l'aval de l'Elysée, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, à la mi-2011 et remplacée par son adjoint Luc Oursel, Areva avait divisé par cinq la valeur comptable d'Uramin. La société avait dû inscrire dans ses comptes de 2010 et 2011 des provisions d'un montant total de près de 1,9 milliard d'euros.


L'ex-dirigeante était toutefois sortie blanchie d'une enquête menée par Areva sur ce rachat.

Puis, en mars 2012, un rapport parlementaire avait largement repris les conclusions du comité d'enquête interne d'Areva sur cette acquisition, qui avait estimé qu'elle n'avait pas donné lieu à des manoeuvres frauduleuses, mais avait été entachée par des dysfonctionnements en matière de gouvernance.


Ce rapport soulignait des carences tant du côté d'Areva que de l'Agence des participations de l'Etat (APE), l'organisme qui défend les intérêts de l'Etat au sein de ce groupe public à 87%, dans leurs échanges lors de l'acquisition d'Uramin par le groupe nucléaire public. 


Il estimait aussi que l'acquisition s'était révélée être un pari industriel, non illégitime pour Areva, mais trop coûteux.


Mme Lauvergeon a fait valoir que l'acquisition d'Uramin était considérée comme stratégique à l'époque, soulignant qu'elle a été soumise et validée par toutes les instances de décision du groupe, et les règles de gouvernance ont été respectées.

La direction d'Areva ainsi que les autorités de tutelle - l'Agence des participations de l'Etat et le ministère de l'Industrie - se sont ainsi vus communiquer tous les éléments d'informations sur cette opération. En outre des analyses et des études avaient été menées, dans le cadre de cette acquisition, par des tiers indépendants, a-t-elle ajouté. 

Pour Mme Lauvergeon, les dépréciations des actifs miniers d'Areva découlent pour l'essentiel de l'effondrement des cours de l'uranium consécutif à la catastrophe de Fukushima au Japon.


Cette affaire se double d'un autre volet, qui sera examiné le 16 mai par le tribunal correctionnel de Paris. Anne Lauvergeon s'est engagée depuis la fin 2011 dans un bras de fer judiciaire avec son ex-employeur après avoir découvert qu'elle et son mari avaient été espionnés par une officine suisse à laquelle Areva avait commandité une enquête sur le rachat d'Uramin.



AREVA


(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=466981 

 

 

(Anne Lauvergeon ex-PDG d'AREVA)

Areva au coeur d'une enquête de justice sur le rachat d'Uramin

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