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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 22:48

 

 

 

U N I T E D N A T I O N S N A T I O N S U N I E S

 

 

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

 

 

 

Bangui, le 5 avril 2014

 

 

Excellence, Mr Alexandre-Ferdinand Nguendet, Président du Conseil de Transition

National,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil National de Transition,

Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique,

Excellence,

Mesdames et Messieurs

 

 Merci de votre accueil.

 

 Merci d’aider à acheminer votre pays dans la voie du redressement et de la réconciliation.

Je viens en République centrafricaine à un moment où elle est en proie à de profonds bouleversements.

 

 Il y a un trou au cœur de l’Afrique.

 

 Chaque jour, je me réveille en pensant aux épreuves que vous endurez et aux drames que vous vivez.

 

 J’ai invité partout les responsables à intensifier leurs efforts.

 

 Certains disent qu’il s’agit d’une crise oubliée.

 

 Je suis ici pour m’assurer que le monde n’oublie pas.

 

 Aujourd’hui j’ai rendu visite à des personnes arrachées à leur foyer.

 

 D’aucuns vivent maintenant à l’aéroport. D’autres sont cernés en ville.

 

 J’ai entendu leurs histoires effroyables. J’ai vu les conditions désastreuses dans

lesquelles ils vivent.

 

Femmes, enfants et personnes âgées dorment en plein air. Les denrées sont rares. Le paludisme pourrait se propager. La saison des pluies ne fera qu’empirer les choses.

 

 La communauté internationale a fait défaut aux Rwandais il y a 20 ans. Et nous risquons de ne pas en faire assez pour les Centrafricains aujourd’hui.

 

 Des crimes atroces sont commis ici,

 

Une épuration ethno-religieuse est une réalité. De nombreux membres de la minorité  musulmane ont fui.

 

 Musulmans et chrétiens sont exposés à un danger mortel du simple fait de leur  appartenance à une communauté ou de leur croyance.

 

 La sécurité de l’État a cédé la place à un état d’anarchie.

 

 Des personnes ont été lynchées et décapitées. La violence sexuelle prend de plus en plus d’ampleur. Des atrocités ont été commises sous les applaudissements des autres.

 

 Une impunité totale règne, personne n’a eu à rendre compte de ses actes. Cela doit  changer.

 

 Je félicite les forces de l’Union africaine et les forces françaises dont l’action rapide a  pu empêcher à ce jours le pire.

 

 Mais leurs moyens sont insuffisants et elles sont submergées par l’ampleur même des besoins.

 

 C’est pourquoi j’ai demandé que plus de contingents et d’unités de police soient  immédiatement déployés.

 

 C’est aussi pour cette raison que j’ai proposé la transformation de la MISCA en une  opération de maintien de la paix des Nations Unies.

 

 C’est ce qui a conduit de surcroît l’ONU à envoyer une commission d’enquête pour  aider à veiller au respect du principe de la réédition de comptes et à empêcher de nouvelles violations des droits de l’homme.

 

 Je salue la décision de l’Union européenne de déployer des forces dans les jours à  venir.

 

 Je continue cependant à exhorter la communauté internationale à faire davantage et à  agir plus promptement.

 

 Vous avez besoin de sécurité. Vous avez besoin d’état de droit. Vous avez besoin d’un avenir meilleur.

 

 Le monde s’est entendu sur la responsabilité collective qui nous incombe de protéger  une population lorsque l’État n’est ni soucieux ni à même de s’acquitter de cette tâche fondamentale.

 

 Les Centrafricains ne devraient pas se ruer vers la mort, le temps que le monde se  décide à tenir ou non ses engagements.

 

 Vous avez attendu suffisamment longtemps.

 

 Des décennies durant, la structure de l’État a été éviscérée par le gaspillage, la  corruption et l’indifférence de la communauté internationale. La réalité était visible par tous.

 

 Qui a payé le prix de cette indifférence? Les citoyens ordinaires.

 

En même temps que je lance un appel au monde, je lance également un appel au  peuple de la République centrafricaine.

 

D’ici je vais directement à Kigali pour commémorer le 20eme anniversaire du génocide rwandais.

 

C’est votre responsabilité a tous -- en tant que leaders – d’assurer que nous n’aurons  jamais à commémorer un tel anniversaire en Centrafrique.

 

Ne répétez pas les erreurs du passé – n’oubliez pas d’en tirer les leçons.

 

Le sort de votre pays est entre vos mains.

 

Les Centrafricains ne doivent pas s’entretuer.

 

Vous êtes dotés de ressources abondantes et de terres fertiles.

 

Vous êtes un croisement de cultures et de peuples qui ont vécu en paix et en harmonie pendant des années.

 

Les dirigeants chrétiens et musulmans font des efforts vaillants pour promouvoir la tolérance et la coexistence pacifique a travers le pays.

 

Les organisations de la société civile avec plein de courage font de leur mieux pour  exposer les abus et s’assurer que justice soit faite.

 

Vous avez en vous tout ce qu’il vous faut pour réussir.

 

 La République centrafricaine peut remonter la pente.

 

 Ce ne sont pas des paroles en l’air. Cela peut devenir une réalité.

 

 Je l’ai vu se produire en Sierra Leone. Je l’ai vu au Libéria.

 

 Ces pays se sont également enfoncés dans les basses et horribles profondeurs de la guerre mais en sont ressortis par la volonté de leur peuple et grâce à l’engagement et aux  investissements de la communauté internationale.

 

 Nous sommes en mesure de le faire et nous le ferons également.

 

 Je suis honoré d’être debout à vos côtés et de vous représenter.

 

Mesdames et Messieurs,

 

 Il y a quelques semaines, l’un des chefs religieux de votre pays m’a dit quelque chose  qui me hante depuis.

 

Me fixant droit dans les yeux, il a simplement dit : « Nous avons peur de nos lendemains».

 

Engageons-nous à construire un avenir d’espoir pour le peuple centrafricain – un avenir de paix– un avenir de réconciliation.

 

C’est l’avenir que je souhaite pour vous et vos enfants. C’est l’avenir que vous méritez.

Cet avenir, nous pouvons le construire.

 

Si nous faisons tout notre possible, la République centrafricaine pourra ainsi répondre à toutes ses aspirations.

 

  Faisons tout pour y parvenir.

 

 Je vous remercie.

 

 

 

 

Le Secrétaire général

  

 Déclaration à la presse avant le départ

 

 

Bangui, 5 avril 2014

 

 Mbi bala ala kwe.

 

 Alors que je conclus cette visite très émouvante en République centrafricaine,  je tiens à remercier les dirigeants et la population de ce pays pour leur accueil.

 

 Je suis très encouragé par la détermination de Madame Samba-Panza, votre  chef de l’État de transition de la République centrafricaine.

 

 Je me suis arrêté a Bangui avant d’aller au Rwanda pour une raison. Je veux  que le monde sache ce qui ce passe ici.

 

 Avant de partir, j’aurai trois messages à donner.

 

 Le premier s’adresse à la population de ce pays : vous n’êtes pas seuls.

 

 Les Nations Unies sont honorées d’être à vos côtés.

 

 Je veux exprimer mes sincères condoléances à tous ceux qui ont perdu un  proche dans cette tempête de violences.

 

J’ai rencontré aujourd’hui de nombreuses personnes qui ont été chassées de leurs  foyers et de leurs communautés. Leurs récits resteront à jamais dans ma mémoire.

 

 Je tiens à rassurer chacun de vous, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes,  musulmans et chrétiens : je ne vous oublierai pas.

 

 Je vous ai entendus. Je soutiens votre appel : la sécurité et la justice doivent  être au centre du processus de réconciliation.

 

 La Commission d’enquête des Nations Unies, et d’autres efforts, aideront à faire en sorte que les responsables des exactions en répondent et à empêcher que de nouvelles violations épouvantables des droits de l’homme ne soient commises.

 

 Le second message s’adresse au monde : ne fermez pas les yeux sur ce qui se  passe ici.

 Je me félicite du déploiement de forces annoncées par l’Union européenne. Je  remercie le contingent français et celui de l’Union africaine de leur action  salvatrice.

 

Mais il faut faire davantage pour la République centrafricaine, et il faut le faire maintenant.

 

 Le risque d’une partition, qui déstabiliserait une région déjà fragile, menace le pays.

 

 Le Conseil de sécurité est sur le point d’autoriser le déploiement d’une  nouvelle mission de maintien de la paix des Nations Unies en République centrafricaine. Les soldats de la paix ne peuvent cependant, à eux seuls, résoudre tous les problèmes.

 

 

ADRESSE DEVANT LE CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION  DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
ADRESSE DEVANT LE CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION  DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

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