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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 12:56

 

 

 

 

GRIMARI, 17 avril 2014 (AFP) - Les enfants se mettent à courir, les yeux fous, au son de la rafale d'arme lourde : les combats entre ex-rebelles Séléka et miliciens anti-balaka bouleversent la paisible Grimari, bourgade fanée du centre de la Centrafrique.

 

Les villages sont vides, portes et fenêtres closes, à des kilomètres à la ronde. De rares poules ébouriffées rappellent que la vie, il y a peu encore, suivait normalement son cours.

 

Mardi, de petits groupes d'anti-balaka pro-chrétiens, reconnaissables à leurs multiples grigris censés les protéger des blessures, se rendaient à la queue leu-leu à Grimari (250 km au nord-est de Bangui), avait constaté l'AFP. Certains, très jeunes, portaient des machettes, d'autres de vieilles pétoires rouillées.

 

Mercredi, ce sont des véhicules des Séléka, ex-rébellion pro-musulmane en treillis beige, qui rejoignaient de nuit cette petite sous-préfecture, lance-roquette et fusils d'assaut à la main.

 

Depuis trois jours, Grimari, dont les bâtiments administratifs à un étage constituent autant de cartes postales pittoresques d'une cité coloniale oubliée, vit un cauchemar - auquel la force française Sangaris, aux blindés omniprésents, tente de mettre fin.

 

Quelque 4.600 chrétiens se sont réfugiés dans la paroisse de briques rouges de Notre-Dame de la Liesse, évidemment saturée.

 

Tous s'affolent lorsque des tirs, proches, se font entendre. Les femmes hurlent. Des enfants pleurent. Des rumeurs d'invasion de peuls armés jusqu'aux dents attisent les pires paniques. Les combats ont déjà fait plusieurs victimes.

 

Madeleine Kidjango dit avoir perdu sa nièce mardi. "Elle a voulu s'enfuir en voyant les phares des voitures des Séléka, son bébé sur son dos. Ils ont tiré sur elle", raconte la vieille dame de 80 ans, agrippée à sa canne en bois.

 

"Elle a fait 300 mètres jusqu'à chez nous. Elle pleurait, ses intestins sortaient. Elle est morte au bout de douze heures", poursuit-elle calmement.

 

Quatre orphelins demeurent, leur père étant également décédé l'an passé. Chancela, 10 ans, au t-shirt en morceaux et à la jupe jaunâtre, deviendra bientôt chef de famille, tant sa grande-tante semble peu vaillante.

 

"Mais je ne sais pas comment faire", murmure-t-elle en portant la petite Suzanne, 18 mois, finalement sauvée par sa mère.

 

- "Sortir la Centrafrique de la boue" -

 

La famille vit avec une centaine d'autres personnes dans la salle qui accueillait auparavant 53 élèves de CM2, comme l'indique le tableau noir.

 

On y lit une récitation, intitulée "le travail est notre ami", dont certains vers frappent : "Travaillez donc, travaillez... Les pauvres sont des charges pour l'humanité".

 

Assise sur un rebord de pierre, une commerçante au chômage forcé appelle la communauté internationale à "sortir la Centrafrique de la boue" et demande à la mission Sangaris de "laisser les anti-balaka chasser les Séléka".

 

"Pourquoi souffrons-nous comme ça? Pourquoi les chrétiens, toujours les chrétiens?", se lamente-t-elle.

 

A ses côtés, tous critiquent "les peuls" et "les Séléka", regroupée sous l'étiquette de "musulmans", peu importe si tous les musulmans n'ont pas pris les armes et si d'autres souffrent, comme eux, de la guerre.

 

Il n'y a pas si longtemps, les deux groupes vivaient pourtant en bonne entente à Grimari. "Des années durant, il n'y a jamais eu de bagarre interconfessionnelle", se rappelle le Père Sylvain, curé de la paroisse.

 

Mais depuis, les combats ont démarré. Et les réfugiés chrétiens, qui ne se nourrissent que de "mangues pourries", selon l'un d'eux, manquent de tout. La quartier musulman, trop dangereux, n'a pu être visité par l'AFP.

 

"Il y a déjà du paludisme. Après 72 heures de pluies, les diarrhées vont commencer", s'alarme Michel Fefionam, le chef du centre de santé de Grimari, dont les services devaient rouvrir mercredi soir, après trois jours de fermeture.

 

Plusieurs ONG et programmes onusiens sont arrivés sur place.

 

Au moins une trentaine de civils auraient péri de la main des Séléka, selon le recoupement de témoignages de plusieurs villageois. Ce que le capitaine Daoud, en poste à Grimari, qualifie de "mensonge".

 

"On a fait que répondre aux anti-balakas", qui ont attaqué les premiers et "tué des civils", explique-t-il.

 

Une source proche de Sangaris n'a pu communiquer aucun bilan.

A Grimari, Centrafrique, les groupes armés s'affrontent, la population en plein cauchemar

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