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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 11:31

 

 

 

 

 

(France 24 20/03/14)

 

Un an après le début de la crise en Centrafrique, la situation humanitaire est alarmante dans le pays. L’ONG Médecins sans frontières tire la sonnette d’alarme sur le sort réservé à des "groupes de population indésirables" dans le pays.

 

À quelques jours du premier anniversaire de la crise, la situation humanitaire en Centrafrique a atteint son "paroxysme", a alerté, mercredi 19 mars, l’ONG Médecins sans frontières (MSF). Exode massif, tueries : "la peur s’est installée partout", commente Marie-Noëlle Rodrigue, directrice des opérations. Si MSF indique que l’ensemble de la population est touchée par les violences, la minorité musulmane, "dévenue indésirable dans son propre pays", inquiète tout particulièrement les humanitaires.

 

"Des curés aux propos haineux"

 

"Les musulmans ont payé le prix très fort de leur assimilation à la Séléka", rappelle Mme Rodrigue. L’ex-Séléka, rébellion à majorité musulmane à l’origine du putsch mené en mars 2013 contre le président François Bozizé, s’est livrée à de nombreuses exactions dans le pays. En réaction, des milices d’auto-défense, les anti-Balakas, ont entrepris, dès décembre, de prendre leur revanche.

 

"Toute la population a développé un discours de haine envers les musulmans. Aujourd’hui, même des curés centrafricains véhiculent des propos haineux", rapporte, à FRANCE 24, Delphine Chedorge, coordinatrice des activités d’urgence.

 

Si une baisse des violences est observée depuis janvier dans la capitale, Bangui, MSF assure que la violence n’a pas pour autant disparu. "S’il y a moins d’attaques contre les musulmans, c’est tout simplement qu’il y a moins de musulmans dans la ville", déclare Marie-Noëlle Rodrigue. Face aux violences, beaucoup de musulmans ont en effet fui vers d’autres régions ou vers le Tchad et le Cameroun voisins. Par mesure de sécurité, les employés musulmans de MSF ont, pour leur part, tous quitté le pays, dans lequel l’ONG est active depuis 1997.

 

"Dès qu’un homme sort de la zone protégée, il se fait tuer"

 

Parmi les musulmans restés dans le pays, certains ont trouvé refuge dans des quartiers, des églises ou encore des mosquées, qui sont devenus des "enclaves". Malgré les efforts de protection de la force française Sangaris ou des soldats africains de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), ces individus sont "pris au piège". À Bangui, environ 5 000 musulmans vivraient ainsi enclavés. Dans l’ouest du pays, même schéma : "À Carnot, dès qu’un homme sort de la zone protégée, il se fait tuer", explique Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission.

 

Au-delà des musulmans, MSF précise que tout individu est potentiellement une cible en Centrafrique, où les violences ont fait près d'un million de déplacés et réfugiés, sur une population totale de 4,6 millions d'habitants. Face à cette crise humanitaire, l'ONG a lancé un appel aux dons afin de mener à bien les "coûteuses opérations chirurgicales" auprès des blessés. L’organisation a également dénoncé un "désintérêt manifeste" de la part des autorités locales et de la communauté internationale. "Le plus choquant, c’est de voir l’absence de réactions, s’insurge Marie-Elisabeth Ingres. Si ça se passait aux portes de l'Europe, on agirait beaucoup plus vite".

 

http://www.france24.com/fr/20140319-msf-haine-envers-musulma...

 

 

Des milliers de musulmans toujours pris au piège centrafricain

 

(Libération 20/03/14)

 

Médecins sans frontières appelle la communauté internationale à se mobiliser pour leur venir en aide. Des milliers de Centrafricains musulmans sont pris au piège dans des enclaves à l’intérieur du pays, protégés tant bien que mal par la force française Sangaris ou les soldats africains de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) de la vindicte des milices anti-balakas. C’est le constat alarmant dressé par la section française de Médecins sans frontières (MSF) lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi à son siège parisien.

 

C’est, par exemple, le cas à Carnot, une localité de l’ouest, où les civils sont encerclés par des miliciens anti-balakas. «Dès qu’un homme tente de sortir de l’enclave, il risque de se faire tuer», dénonce Marie-Elisabeth Ingres, qui dirigeait jusqu’à ces derniers jours la mission de MSF en Centrafrique. «Le transfert des blessés ou malades hors de ces enclaves est impossible, car ils risquent de se faire exécuter à tout moment, s’indigne Delphine Chedorge, l’une des responsables des Urgences au sein de l’ONG. Nos équipes sont bloquées.» D’autres communautés musulmanes vivent le même calvaire dans la moitié ouest du pays: à Bossangoa, à Boda, à Bouar…

 

L’ONG, présente depuis de nombreuses années en Centrafrique, pointe l’inertie des autorités locales mais aussi celle de la communauté internationale face à cette situation dramatique. «Faut-il maintenir coûte que coûte les populations musulmanes assiégées dans ces localités ou doit-on les transférer ailleurs? Ce n’est pas à nous de décider et de redessiner la carte ethnique du pays», confie-t-on chez MSF. D’après l’ONG, les Nations unies seraient toutefois en train d’élaborer un plan pour transférer les communautés musulmanes toujours encerclées, y compris à Bangui.

 

Sentiment anti-français

Les équipes de MSF ont certes noté une baisse récente de la violence à Bangui, désertée par une grande partie des musulmans, ainsi que dans l’ouest du pays, grâce au déploiement des soldats français de l’opération Sangaris. «Mais il suffirait qu’ils s’en aillent pour que les tueries reprennent de plus belle», s’alarme l’ONG.

 

«On est en train d’assister à un changement de nature de la violence, notamment à Bangui, indique par ailleurs Marie-Noëlle Rodrigue, responsable des opérations à MSF-France. Parallèlement au ciblage persistant des dernières populations musulmanes encore présentes, les anti-balaka sont devenus une franchise utilisée par de véritables gangs qui écument les quartiers ou les routes.» Face à ce phénomène, l’ONG estime que le mandat confié aux forces internationales et les moyens dont elles disposent sont inadaptés. «Elles sont censées protéger les populations en appuyant les structures d’un Etat qui n’existe pas», souligne Marie-Noëlle Rodrigue.

 

La moitié orientale de cette ancienne colonie française reste quant à elle contrôlée par les ex-rebelles de la Séléka, chassés de Bangui. Ces derniers sont notamment présents à Bria, une zone diamantifère stratégique. «La force Sangaris est en train de s’y implanter mais pour ce faire, elle doit négocier durement avec la Séléka [ex-rébellion]», confie une source proche du dossier. Les soldats tricolores ne sont pas les bienvenus dans cette zone, ajoute-t-elle, pointant aussi la montée d’un sentiment anti-français du côté des anti-balakas. Ces derniers, qui s’érigent en libérateurs de leur pays, se sentent «trahis» par la force Sangaris, qui tente de protéger les civils musulmans autant que faire se peut.

 

«Que vont devenir les musulmans qui sont partis dans d’autres zones du pays ou à l’étranger, ou ceux qui sont sur le point de le faire ? Certains ne reviendront sans doute pas chez eux, mais d’autres le feront, animés d’un esprit de revanche. La spirale de la violence n’est pas près de se calmer en Centrafrique», s’inquiète MSF.

 

Thomas HOFNUNG

 

http://www.liberation.fr/monde/2014/03/19/des-milliers-de-mu...

MSF : "La haine envers les musulmans s’est généralisée en Centrafrique"

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