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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 12:43

 

 

 

 

 

http://www.jolpress.com/ 

 

Près d’un an après la prise de la capitale centrafricaine par les rebelles de la Séléka et la fuite du président François Bozizé, la Centrafrique peine à sortir du chaos. Malgré la nomination d’une nouvelle présidente par intérim, Catherine Samba-Panza, la situation sécuritaire reste inquiétante. L’ONU, qui a commencé mardi 11 mars à enquêter sur les violations des droits de l’Homme dans le pays, devrait également envoyer à l’automne prochain près de 12 000 Casques bleus pour sécuriser le pays et soutenir le processus de transition politique.

 

Trois mois après le début de l’opération militaire Sangaris, menée par l’armée française en Centrafrique, la situation reste extrêmement instable dans le pays.

 

Les violences et les tueries intercommunautaires entre chrétiens et musulmans ont déjà fait plusieurs milliers de morts et poussé près d’un million de Centrafricains à fuir leurs habitations, soit près d’un quart de la population centrafricaine.

 

Nettoyage ethnique

 

Les milices anti-balaka, groupes d’auto-défense à majorité chrétienne opposés aux milices de la Séléka – à majorité musulmane et fidèles à l’ancien président Michel Djotodia – ont commis un véritable « nettoyage ethnique », selon un rapport d’Amnesty International rendu public en février.

 

Après le départ des rebelles de la Séléka, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013 et renversé le président François Bozizé, et les massacres qu’ils ont perpétré contre les chrétiens dans leur fuite, ce sont les anti-balaka qui les ont remplacés.

 

« Dans l’ouest et le nord-ouest du pays, où les membres de la Séléka étaient très implantés, ce sont ces milices à majorité chrétienne qui ont occupé l’espace vide de pouvoir et ont décidé de faire partir tous les musulmans », expliquait à JOL Press la présidente d’Amnesty France, Geneviève Garrigos. « C’est là qu’a commencé le nettoyage ethnique, c’est-à-dire la volonté de faire partir [tous les musulmans] ou de les tuer pour faire fuir les autres ».

 

Le « cercle vicieux de la vengeance »

 

Massacres, villages brûlés, viols... Les exactions se sont multipliées, provoquant une véritable crise humanitaire dans le pays. « Nous avons demandé à ce que des enquêteurs des Nations unies soient envoyés sur place pour montrer que justice sera faite et pour que les Centrafricains n’entrent pas dans le cercle vicieux de la vengeance », indiquait encore Mme Garrigos, déplorant le manque de forces internationales déployées dans certaines villes du pays.

 

« Dès le début du conflit, nous demandions qu’il y ait une force de maintien de la paix envoyée en Centrafrique. Il n’y a pas assez de forces sur place, que ce soit celles de la Misca – les forces africaines – ou celles de l'armée française. Il est aujourd’hui très difficile de déloger les anti-balaka », expliquait la présidente d’Amnesty.

 

L’ONU commence à enquêter

 

Alors que les fonctionnaires centrafricains, qui n’avaient toujours pas perçu leur salaire depuis six mois, ont recommencé lundi 10 mars à être payés, le pays est toujours en proie au chaos. Mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU, une commission d’enquête a ainsi été chargée d’étudier de près les cas de violations des droits de l’Homme en République centrafricaine, où la guerre civile a multiplié les violences.

 

La Commission, présidée par l’ancien procureur adjoint du tribunal international sur le Rwanda – qui a connu un génocide sans précédent il y a vingt ans – souhaite « mettre un terme à l’impunité »dans un pays où l’État de droit n’existe plus. « En République centrafricaine, entre 80 et 90% de la population vit dans l’extrême pauvreté, et c’est cette extrême pauvreté qui pousse les gens à prendre parfois les armes pour résoudre des questions politiques », confiait à JOL Press le président du Collectif des Centrafricains de France, Sylvain Demangho.

 

La Commission d’enquête doit rencontrer les autorités centrafricaines (gouvernementales et locales) mais aussi des représentants d’ONG sur place et les commandants des troupes françaises et de la MISCA (la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine). Les enquêteurs se rendront également dans les camps de déplacés et de réfugiés avant de remettre au Conseil de sécurité de l’ONU un premier rapport au mois de juin.

 

12 000 Casques bleus envoyés à l’automne ?

 

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a par ailleurs remis début mars un rapport aux 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU demandant l’envoi de 12 000 Casques bleus en Centrafrique pour renforcer la sécurisation du pays et soutenir le processus de transition politique.

 

Si le déploiement de ces forces internationales ne devrait pas avoir lieu avant octobre prochain, la mission jouera « un rôle absolument indispensable, celui de force d’interposition »estime Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques, interrogé parJOL Press. Même si, selon le spécialiste, sans la présence de forces de police ou de gendarmerie, « des opérations militaires ne peuvent aboutir à une sécurisation durable des personnes et des biens ».

 

Ainsi, l’un des enjeux primordiaux mais complexes à réaliser pour reconstruire le pays sera la reconstitution d’une armée nationale, avec tous les obstacles que cela implique : formation des soldats, recherche de financements et engagement ou non des anciens rebelles de la Séléka. « L’armée actuelle est à genoux », expliquait à ce sujet M. Demangho« Il faudra reconstruire une armée nationale et patriotique, et ce que ne soit plus les milices qui jouent le rôle de l’armée. [...] Une fois l’armée reconstruite, il faut que cette armée soit républicaine et démocratique, qu'elle ne passe pas son temps à faire des coups d’État ».

Lu pour vous : Violations des droits de l’Homme en Centrafrique: l’ONU enquête

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