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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 22:30

 

 

 

 

 

 

Tanguy Berthemet  Le Figaro  Mis à jour le 07/03/2014 à 20:25

 

Les armes n'ont pas été déposées par les miliciens des deux camps alors qu'en province les violences se poursuivent.

 

Trois mois après son déploiement en Centrafrique,l'opération «Sangaris» tire un premier bilan. «La mission n'est pas un échec. Il y a des réussites évidentes. Mais il faut le reconnaître, tout ne s'est pas déroulé au mieux et aujourd'hui la France est dans une forme d'impasse en RCA», constate un haut fonctionnaire.

 

Au chapitre de la réussite, Paris peut s'enorgueillir d'avoir mis sur pied un débarquement de 1600 hommes (2000 aujourd'hui) soutenu par la communauté internationale, une arrivée qui a sans aucun doute permis d'éviter des tueries et des massacres sur une immense échelle. Mais, au-delà, le constat est sévère. La France et ses alliés africains n'ont pas pu mettre un terme à la grave crise qui secoue la Centrafrique. Depuis l'arrivée de «Sangaris», au moins 3000 civils ont été tués, le plus souvent lynchés dans des conditions atroces sur fond de haine religieuse. Dans une vaste épuration confessionnelle, près de 80% de la communauté musulmane du sud du pays, mise devant le choix de la fuite ou de la mort, est partie. La Centrafrique est un champ de ruines sans véritable État, ni administration, tandis qu'une crise humanitaire guette les populations.

 

Les raisons de ces manquements sont à chercher dans la conception même de l'opération. «Les renseignements dont nous disposions étaient trop imprécis et reposaient sur une vision vieillotte de la Centrafrique. “Sangaris” n'a donc pas été pensé comme il aurait fallu», explique un responsable français. Arrivée trop tard, avec trop peu de troupes, l'armée française connaissait aussi mal ses ennemis. Le 6 décembre, à Bangui, les militaires sont ainsi surpris par la pugnacité de la Séléka, la milice musulmane qui a porté au pouvoir Michel Djotodia en mars 2013 et martyrisé les civils. Là où ils comptaient sur une débandade, ils ont découvert une résistance. Pire encore, personne ne semble avoir pris en compte l'autre groupe armé, les Anti-Balaka, un mouvement chrétien, qui a attaqué la capitale. «Nous étions venus pour une opération de désarmement, nous nous sommes retrouvés dans une interposition entre des groupes de populations et des milices», résume un officier.

 

Menaces de sanction

 

Ces problèmes des premières semaines ne sont pas sans conséquence sur la situation aujourd'hui. Militairement elle reste tendue avec des milices actives. Certes Bangui a retrouvé un certain calme et une nette baisse des violences. Mais c'est pour l'essentiel la fuite des musulmans qui a mis fin aux combats, par faute de combattants. Les Anti-Balaka tiennent la plupart des quartiers. Selon plusieurs sources, ils continueraient même à s'organiser et à s'armer posant une véritable menace pour le pouvoir de transition. Le président déchu François Bozizé, qui anime la tendance extrémiste au sein de cette milice, aurait trouvé des soutiens auprès d'hommes d'affaires et une certaine compassion dans des capitales, notamment en Ouganda. Dans les villes de l'Ouest, où l'armée française est entrée ces dernières semaines, le panorama est sensiblement le même. L'est et le nord du pays en revanche, soit environ 40%, demeure sous le contrôle de la Séléka.

 

Des regroupements d'hommes armés ont été notés à Bria mais aussi à Birao et à N'délé. Les chefs battus font, eux, le tour de leurs amis pour trouver de nouveaux fonds. Pour éviter la partition du pays et la confrontation entre les milices, la France et les pays alentours espèrent que le temps fera baisser les tensions et la motivation des uns et des autres. En parallèle, la communauté internationale brandit des menaces de sanction contre les dirigeants des rébellions, notamment François Bozizé et deux de ses fils et certains leaders de la Séléka.

 

Politiquement, le casse-tête n'est pas moindre. La démission forcée de Michel Djotodia début janvier n'a pas eu les effets espérés. Les armes n'ont pas été déposées et la nouvelle élue, Catherine Samba-Panza peine à s'imposer. «Elle ne dispose pas de la poigne et des réseaux pour se faire entendre», analyse un homme politique centrafricain. Là encore, pour renverser la tendance, la France compte sur le temps et… l'argent. Depuis jeudi, le gouvernement qui n'avait que 50.000 euros dans ses caisses a commencé à toucher une aide de 36 millions d'euros versée par les pays africains de la région. «Cela va permettre de payer les fonctionnaires, de lancer des projets et donner de la crédibilité et un nouveau souffle à la présidente», espère un diplomate français, qui repousse les appels à engager de nouveaux changements politiques. En creux, la France compte surtout sur le vote et l'élaboration d'une mission de l'ONU pour se sortir de ce mauvais pas. Mais les Casques bleus ne seront pas à Bangui avant au mieux mi-septembre.

Lu pour vous : Paris cherche une sortie à l'impasse centrafricaine

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