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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 20:30

 

 

 

 

 

http://www.metronews.fr/ 03-03-2014 19:30

 

REPORTAGE - A la limite nord de la capitale centrafricaine, l'hôpital de Begoua accueillait il y encore quelques mois des patients chrétiens comme musulmans, avant d'être vidé et pillé par la crise inter-religieuse. En le remettant sur pied, l'ONG Médecins du monde œuvre à en faire un sanctuaire pour les deux communautés.

 

A l'est, un petit millier de musulmans, peuls, ne quitte pas les abords de la mosquée. A l'ouest, 15.000 chrétiens vivent dans un camp autour de la paroisse. Au milieu, un hôpital. Passé le kilomètre douze (PK-12), sortie septentrionale de Bangui, le centre de santé de Begoua est aujourd'hui balayé par les vents. Vidé par la crise inter-religieuse qui mine la Centrafrique depuis des mois, c'est devenu un no man's land entre deux communautés qui se regardent en chiens de faïence. L'ONG Médecins du monde (MDM) voudrait en faire un trait d'union.

 

"Ici, j'ai réalisé ma dernière chirurgie le 26 décembre", se souvient le docteur Magloire, directeur de l'hôpital depuis quatre ans, dans une salle d'opération où seul se dresse encore un fauteuil médical, inutile pour les pillards qui l'ont délaissé. Après la fuite des derniers personnels soignants le 27 décembre, quand le danger s'est fait insoutenable, ceux-ci sont venus se servir, saccageant tout sur leur passage. Les lits des patients ne comptent plus aucun matelas. Au sol, des fioles craquent sous la chaussure. Quant aux archives, elles sont parties en fumée.

 

"C'est un défi qui vaut le coup d'être relevé"

 

Sur ses deux flancs, le mur d'enceinte de l'hôpital est éventré. Au pire des affrontements, les deux camps en profitaient pour tracer leur route à travers le campus. Ce qui leur évitait de remonter jusqu'au carrefour sensible de PK-12, désormais gardé par des soldats de l'opération française Sangaris. Malgré cette présence, la zone reste la plus sensible de la capitale centrafricaine. Régulièrement, des règlements de compte entre des individus des deux communautés y relancent le cycle infernal de vengeance et d'embrasement.

 

La première étape avant un redémarrage de la structure de santé sera donc de refermer le lieu. Ensuite, un bon mois de travaux sera encore nécessaire pour retaper le vaisseau fantôme, avant que celui-ci ne retrouve sa vocation. "C'est un défi qui vaut le coup d'être relevé, vu les enjeux", explique à metronews Christophe Gargot, chef de la mission MDM à Bangui. "Ici, avant la crise, les chrétiens comme les musulmans venaient se faire soigner, sans distinction. Si, en le remettant en route, on peut contribuer à la réconciliation entre les communautés, ce serait un beau symbole. Un hôpital, c'est d'abord un lieu de vie." Dont ne dépendent rien de moins que 150.000 habitants des environs.

 

Dehors, l'équipe soignante est réunie sous un arbre. Certaines (ce sont en majorité des femmes) n'étaient pas revenues depuis deux mois. Aujourd'hui elles ont osé, parce que la force africaine Misca sécurise le site et qu'elles veulent croire au projet de MDM. Croire, aussi, que la vie entre chrétiens et musulmans sera de nouveau possible un jour. "Nous avons toujours vécu ensemble", se souvient Monique, sage-femme major depuis dix ans dans cet hôpital. Chrétienne, elle a accouché pendant toutes ces années les enfants de femmes musulmanes. "Et tout d'un coup, nous sommes devenues ennemies ! Mais ce sont nos sœurs", répète-t-elle plusieurs fois dans cette enceinte, espoir de sanctuaire, à la croisée des chemins. Et, aujourd'hui, des destins.

 

Cliquez ici pour faire un don à Médecins du monde 

 

THOMAS VAMPOUILLE, À BANGUI

Lu pour vous : A Bangui, un hôpital comme symbole de paix entre chrétiens et musulmans

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