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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 20:19

 

 

 

 

Par AFP | AFP 6 mars 

 

"Il n'y a pas de solution miracle en République centrafricaine", mais une opération de maintien de la paix est indispensable pour éviter la partition du pays et la déstabilisation de la région, a affirmé jeudi un haut responsable de l'ONU.

Les quelque 12.000 Casques bleus que l'ONU veut déployer d'ici fin septembre devront opérer dans "un environnement particulièrement difficile", a reconnu le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous.

 

Il s'exprimait devant le Conseil de sécurité, qui examinait pour la première fois la proposition de l'ONU d'envoyer jusqu'à 10.000 soldats et 1.820 policiers rétablir l'ordre en République centrafricaine (RCA), un pays livré au chaos et à la violence depuis un an. Le Conseil doit donner son feu vert à ce déploiement en votant une résolution qui sera présentée par la France d'ici fin mars.

 

Cette opération "engendrera des coûts conséquents mais retarder une réponse durable pourrait être encore plus coûteux", a plaidé M. Ladsous, mettant en exergue "l'impact négatif potentiel pour la stabilité de la région, y compris une division du pays et la création d'un terrain propice aux groupes extrémistes".

 

En attendant la mise en place de cette opération, qui prendra "approximativement six mois", M. Ladsous a appelé "à apporter d'urgence à la Misca un soutien financier rapide et généreux". La Misca est une force de l'Union africaine dotée de 6.000 hommes mais mal équipée et mal formée qui est déjà présente en RCA, comme les 2.000 soldats français de l'opération Sangaris. La plupart des futurs Casques bleus viendront des rangs de la Misca.

 

Pour M. Ladsous, "le déploiement actuel de forces de sécurité internationales n'est pas suffisant et il lui manque une dimension civile", qui aiderait le gouvernement de transition à Bangui à rebâtir une administration absente ou défaillante et à organiser des élections.

 

- financement insuffisant -

 

La patronne des opérations humanitaires de l'ONU Valerie Amos a elle aussi souligné qu'en Centrafrique, l'Etat "n'avait pas les moyens de mettre fin à la spirale de la violence". "A l'heure où je vous parle, des gens vivent dans la peur d'être attaqués et la communauté internationale semble paralysée", a-t-elle déclaré.

 

Il faut donc rétablir la sécurité pour faciliter la livraison de l'aide humanitaire, notamment aux 640.000 personnes déplacées dans le pays, a-t-elle affirmé. Ainsi, la route de Douala, au Cameroun, à Bangui n'est pas sûre et cela oblige à acheminer les secours par avion, "ce qui coûte presque huit fois plus cher que par la route".

 

Le financement de l'aide est insuffisant alors qu'une "crise alimentaire menace" en RCA: des 551 millions de dollars de l'appel de fonds de l'ONU pour 2014, seuls 16% ont été versés. Mme Amos s'est rendu récemment en RCA, de même que le Haut commissaire de l'ONU aux réfugiés Antonio Guterres.

 

Ce dernier a confié au Conseil qu'en huit ans de mandat "il avait rarement ressenti autant d'émotion" que pendant sa visite en RCA: "J'ai été profondément bouleversé par la barbarie, la brutalité et l'inhumanité qui caractérisent la violence dans ce pays".

 

"Depuis début décembre, nous assistons à un "nettoyage" frappant la majorité de la population musulmane dans l'ouest de la RCA", a-t-il dénoncé. "La communauté internationale a été lente à comprendre que le désarmement des Séléka (ex-rebelles qui avaient pris le pouvoir en mars 2013) a changé le rapport de forces sur le terrain et que les anti-Balaka (milices chrétiennes) sont rapidement devenus un autre monstre".

 

Il a souligné que 15.000 musulmans étaient encore "pris au piège" dans 18 endroits de l'ouest de la RCA, sous la menace d'éléments anti-Balaka.

 

M. Guterres a aussi réclamé davantage de soutien financier en faveur des pays voisins, en particulier le Cameroun, qui ploient sous le fardeau des réfugiés centrafricains (290.000 au total dont 130.000 au Cameroun).

Centrafrique : pas de remède miracle mais les Casques bleus indispensables

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