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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 13:26

 

 

 

(AFP 26/03/14)

 

GENÈVE, 26 mars 2014 (AFP) - La situation des droits de l'Homme en Centrafrique se détériore malgré les efforts déployés par les nouvelles autorités et la communauté internationale, a averti mercredi l'experte de l'ONU de ce pays, Marie-Thérèse Keita Bocoum.

 

"La faiblesse de l'Etat est importante partout", il est "pratiquement impossible de lutter actuellement contre l'impunité" en raison de l'insécurité qui prévaut dans le pays, a déclaré Mme Bocoum devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

 

L'experte ivoirienne, nommée le 20 janvier lors d'une session extraordinaire du Conseil, s'est rendue en Centrafrique du 4 au 14 mars. Elle s'exprimait mercredi devant le Conseil pour la première fois depuis son retour, et doit présenter un rapport plus complet en juin.

 

Dans ses premières conclusions publiées mercredi, Mme Bocoum note que "les violations et abus des plus atroces et horribles continuent de se produire sans aucune forme de justice".

 

"La situation des droits de l'Homme ne cesse de se détériorer depuis le début de la crise malgré tous les efforts déployés par les nouvelles autorités et la communauté internationale", a-t-elle écrit.

 

Selon Mme Bocoum, "ces violations sont perpétrées par les Séléka et les anti-balaka et aussi les éléments de l'armée de résistance du Seigneur (LRA, guérilla ougandaise opérant en RCA)".

 

"Le diagnostic de la situation montre une continuation des violations graves et atroces des droits de l'Homme même si elles ont diminué par rapport aux mois de décembre et janvier derniers", écrit-elle, citant "les abus y compris les tueries et le déplacement forcé des communautés, plus souvent musulmanes, de leurs localités d'origine."

 

Face à cette situation, Mme Bocoum juge nécessaire de déployer au plus vite "une mission de paix capable de ramener et d'assurer la paix sur toute l'étendue du territoire national".

 

Elle recommande par ailleurs à l'Etat centrafricain de restaurer son autorité et de soumettre les auteurs des violations des droits de l'Homme "à la justice nationale et/ou internationale".

 

De son côté, le représentant centrafricain auprès de l'ONU à Genève, Léopold Ismael Samba, a déclaré qu'"il faut un plan Marshall si on veut sauver la République Centrafricaine du chaos où elle se trouve", et a indiqué qu'il fallait plus de "moyens pour faire régner la justice".

 

Formées en réaction aux exactions contre la population perpétrées pendant des mois par les combattants essentiellement musulmans de la Séléka après leur prise du pouvoir en mars 2013, les milices anti-balaka s'en prennent depuis à la population musulmane.

 

Les violences ont fait près d'un million de déplacés et réfugiés, en majorité musulmans, sur une population totale de 4,6 millions d'habitants.

 

Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, a entamé mercredi une visite de trois jours à Bangui et dans le nord-est du pays. Il entend "se rendre compte par lui-même de la situation qui prévaut dans le pays, où le CICR renforce sa présence".

 

 

Centrafrique: les abus se poursuivent dans l'impunité (experte ONU)

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