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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 00:32

 

 

 

 

 

(Le Monde 17/03/14)

 

Quatre conférences pour tenter de mobiliser quelques centaines de soldats mais toujours rien en vue : alors que la crise ukrainienne s'amplifie, les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne (UE) devraient, par ailleurs, tenter, lundi 17 mars, de relancer l'éventuelle mission Eufor d'appui à la République centrafricaine. L'image et la crédibilité des Vingt-Huit sont désormais en cause, le principe de la mission menacé et, vendredi, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian ont exprimé leur mauvaise humeur face aux tergiversations de leurs partenaires. « En dépit des contributions annoncées par quelques Etats, force est de constater que le compte n'y est pas », ont déploré les ministres des affaires étrangères et de la défense français, jugeant que « si un effort n'est pas réalisé très rapidement, il ne sera pas possible de lancer comme prévu cette opération indispensable ».

 

Eufor-RCA devait, en fait, être officiellement inaugurée lundi. Et se déployer fin mars pour atteindre sa « pleine capacité » fin avril, selon les pronostics du général français Philippe Pontiès, le commandant de l'opération. Prévue au départ pour appuyer les 2 000 militaires français de l'opération Sangaris et les quelque 6 000 soldats africains de la Mission africaine de maintien de la paix (Misca), l'opération européenne était censée regrouper au départ quelque 500 membres. Voire « le double », avait, un peu imprudemment, déclaré la haute représentante Catherine Ashton, mi-février.

 

« UN CINQUIÈME » DES FORCES NÉCESSAIRES EST MANQUANT

 

A l'issue d'une quatrième tentative de « génération de forces », jeudi, le général Pontiès a toutefois estimé qu'il ne pouvait appuyer sur le bouton de départ, faute de moyens humains et logistiques suffisants. Aucun des « grands » pays de l'Union (Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne) ne s'engage. D'autres Etats, qui avaient annoncé un effort (Suède, Belgique) n'ont pu trouver d'accord interne. Ceux qui, à l'est, avait promis une participation conséquente (Pologne, Roumanie, Estonie…) sont aujourd'hui tétanisés par l'intervention russe en Crimée et annulent, ou réduisent, leur participation. Il reste dès lors à compter sur des… non membres de l'UE désireux d'afficher leur bonne volonté : la Géorgie, qui offre toujours une centaine d'hommes, et la Moldavie. Au total, il manquerait cependant « un cinquième » des forces nécessaires, selon une source européenne, qui n'avance cependant plus de chiffre quant à l'effectif minimal à réunir.

 

Une lettre adressée récemment par Mme Ashton à ses collègues, ministres des affaires étrangères et de la défense, pour insister sur le fait que tant l'ONU que l'Union africaine attendaient des renforts est restée sans effet. Et il manque aussi toujours des techniciens spécialisés et des moyens logistiques, comme des avions de transport, des camions et des ambulances, pour pouvoir atteindre les objectifs fixés. Soit une sécurisation de l'aéroport de Bangui et deux districts de la ville. Le tout pour une mission de courte durée (six mois), dotée d'un mandat onusien et au coût fortement raboté (26 millions d'euros) puisque l'unanimité ne s'est pas faite sur le partage des moyens de transport stratégique… François Hollande avait insisté, en décembre, sur le fait que « politiquement et pour la solidarité », il serait bon que les militaires français ne restent pas seuls sur le terrain centrafricain. Il avait même espéré convaincre ses partenaires de créer un fonds permanent pour financer les actions extérieures de l'UE.

 

Désormais, il reste, pour la France, soit à transformer cette affaire en une question de principe, soit à prendre à sa charge l'essentiel de l'effort. A défaut, c'est l'image d'une Europe à nouveau impuissante qui se dessinerait tandis que Paris devrait accepter son isolement et sa défaite. Certaines capitales n'oubliant pas, au passage, de souligner que si un appui européen avait été sollicité avant le lancement de Sangaris, les choses se seraient passées différemment. « Enfin, peut-être… », ironise un diplomate du Conseil sur le ton du sarcasme.

 

Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/03/15/centrafriqu...

Centrafrique : la mission d'appui Eufor menacée faute de moyens

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