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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 13:04

 

 

 

 

 

(AFP 26/03/14)

 

La force africaine en Centrafrique (Misca) a ouvertement déclaré la guerre mercredi aux miliciens majoritairement chrétiens anti-balaka après la nouvelle flambée de violences qui a fait près de 20 morts ces derniers jours à Bangui.

 

"Désormais, nous considérons les anti-balaka comme des ennemis de la Misca. Et nous les traiterons en conséquence", a annoncé mercredi le chef de la Misca, le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko, dans un entretien à la radio privée centrafricaine Radio Ndeke Luka, après les violences de ces derniers jours à Bangui au cours desquelles les soldats africains ont essuyé des tirs de la part d'anti-balaka et riposté.

 

Samedi et dimanche, des affrontements ont éclaté au PK-5 entre des groupes armés, opposant notamment des anti-balaka et des pillards à des musulmans encore retranchés dans ce secteur.

 

Lundi, un soldat congolais de la Misca - qui compte 6.000 hommes - a été tué dans une embuscade à Boali (90 km au nord de Bangui), a indiqué de son côté l'Union africaine (UA) qui en a attribué la responsabilité aux anti-balaka.

 

"Ils se permettent de tirer sur des gens qui sont venus ici pour essayer de mettre un terme à cette crise au bénéfice du peuple centrafricain dont ils font partie", a accusé le général Mokoko, ajoutant: "nous les tenons pour responsables des attaques ciblées qui ont visé nos éléments ces derniers jours".

 

Dans la nuit de mardi à mercredi, des tirs sporadiques ont été entendus dans des secteurs de Bangui où sont installés des anti-balaka, qui ont par ailleurs érigé des barricades sur certaines artères de la ville, perturbant la circulation.

 

Formées en réaction aux exactions contre la population perpétrées pendant des mois par les combattants essentiellement musulmans de la Séléka après leur prise du pouvoir en mars 2013, les milices anti-balaka s'en prennent depuis à la population musulmane.

 

L'ancienne colonie française est livrée au chaos depuis et traverse une crise humanitaire sans précédent avec des centaines de milliers de déplacés fuyant les violences.

 

Ces violences ont provoqué un exode des musulmans de régions entières du pays. Pour ceux qui restent, la situation est "insupportable", a dénoncé vendredi Peter Bouckaert, directeur Urgences de l'ONG Human Rights Watch.

 

- "Raidissement des anti-balaka" -

 

Depuis début décembre et le déclenchement de l'opération française Sangaris (2.000 hommes), la Misca a été considérablement renforcée en effectifs et en matériels (blindés notamment).

 

Les forces internationales se sont d'abord attaquées à la neutralisation (désarmement, cantonnement) des combattants Séléka dans Bangui, suscitant au passage des critiques sur une supposée mansuétude - que les militaires ont toujours niée - à l'égard des agissements des anti-balaka.

 

Depuis plusieurs semaines, les forces internationales et les autorités centrafricaines, dont la présidente de transition Catherine Samba Panza - qui a succédé au chef des Séléka Michel Djotodia contraint à la démission en janvier - multiplient toutefois les avertissements à l'égard des anti-balaka, déjà qualifiés d'"ennemis de la paix".

 

Le 20 mars, l'état-major de l'armée française avait indiqué "avoir noté une forme de raidissement des anti-balaka, qui traduit sans doute l'impact qu'ont la force Sangaris et la Misca sur les zones où ils sont implantés (...) Ils se revendiquent anti-balaka, mais nous n'avons pas affaire à une structure organisée".

 

Interrogé mercredi par des journalistes sur les accusations du général Mokoko, un des "coordonnateurs" autoproclamés des anti-balaka, Emotion Brice Namsio, a affirmé que des soldats de la Misca avaient tiré sur la population.

 

"Des éléments de la Misca se sont déployés samedi et dimanche au quartier Foûh et se sont mis à tirer sur la paisible population et on veut à chaque fois faire endosser la responsabilité aux anti-balaka. Non, trop c'est trop", a assuré ce chef anti-balaka.

 

"Les anti-balaka ne riposteront à aucun tir, ni à aucune attaque. Ils ne sont pas des ennemis de la paix, mais c'est la Misca qui est l'ennemi du peuple centrafricain", a-t-il menacé à son tour.

Centrafrique: la force africaine déclare la guerre aux anti-balaka
Centrafrique: la force africaine déclare la guerre aux anti-balaka

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