Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 09:46

 

 

 

 

 

 

- Brazzaville, 21 Mars 2014

 

Monsieur le Président de la République du Congo,

 

-              Mesdames et Messieurs les représentants des membres du Groupe international de contact

 

                sur la République centrafricaine,

 

-              Mesdames et Messieurs,

 

Nous voilà à nouveau réunis à Brazzaville pour délibérer sur la situation en République centrafricaine (RCA). Il vous souviendra que c'est ici même, le 3 mai 2013, et sous les auspices du Président Denis Sassou Nguesso, que nous avions tenu la rencontre inaugurale de notre Groupe et, à travers l’adoption de l’«Appel de Brazzaville», posé les fondements de notre action commune, pour aider les acteurs centrafricains à relever les multiples et graves défis auxquels leur pays est confronté. 

 

Je voudrais réitérer ici notre gratitude au symbole de la République du Congo, le Président Sassou Nguesso, ainsi qu’au Gouvernement et au peuple frère de ce grand pays pour l’accueil chaleureux et toutes les marques d’amitié dont nous sommes l’objet depuis notre arrivée à Brazzaville, ainsi que pour l’organisation parfaite de notre réunion. C’est une capitale sans cesse en mouvement, en construction, qui illustre l’effort entrepris dans tout le pays pour promouvoir le développement économique et social au profit de tous les Congolais.

 

À l'occasion de sa deuxième réunion, tenue à Addis Abéba, en juillet 2013, notre Groupe a souhaité amplifier l'engagement de la communauté internationale en faveur de la RCA, en apportant son appui au processus, alors envisagé, de transformation de la Mission du Conseil de paix et de sécurité de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale en RCA (MICOPAX) en une Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA).

 

 En novembre 2013, la troisième réunion du Groupe, que nous avons symboliquement décidé d’organiser à Bangui, pour contribuer à la restauration de la confiance des Centrafricains dans leur pays et leur témoigner notre solidarité, a marqué notre volonté de bâtir un véritable partenariat avec les autorités de la transition, sur la base d'engagements mutuels dont le respect conditionne l'aboutissement de notre entreprise commune. Ce faisant, nous avons voulu clairement signifier que notre rôle vise à accompagner et non à se substituer aux acteurs centrafricains.

 

La présente rencontre doit être l'occasion d’une évaluation des efforts - tant ceux des autorités de la transition que de leurs partenaires - déployés au cours des quatre mois écoulés pour s'attaquer aux multiples facettes de la crise centrafricaine. Au-delà de ce bilan, il s'agira aussi, sur la base des nouveaux développements intervenus dans le pays et de notre analyse de la situation, de convenir des modalités du renforcement de l'efficacité des actions entreprises et de les inscrire dans un calendrier aussi précis que possible, avec en perspective les élections qui couronneront la fin de la transition.

 

  -              Monsieur le Président,

 

  -              Mesdames et Messieurs,

 

Depuis notre dernière réunion, à Bangui, la situation en RCA a connu des développements sérieux, tant sur les plans sécuritaire et humanitaire que politique. Comme vous le savez, au début du mois de décembre 2013, et à la suite de l'attaque lancée par le groupe dit des anti-Balaka, la situation sécuritaire a connu une très forte dégradation. De très nombreux crimes ont été commis, et la crise a alors pris une dimension communautaire plus marquée, qui a sérieusement entamé le tissu social dans le pays et conduit au quasi effondrement de l'État centrafricain. La haine et la monstruosité qui ont accompagné ces crimes heurtent notre humanisme et soulignent les défis qui se posent en ce qui concerne la reconstruction et la réconciliation.

 

Dans le même temps, les conséquences régionales de la crise, notamment en termes de flux de réfugiés et d’autres mouvements forcés de populations, ont parfois pris des proportions de tragédie. C'est dans ce contexte on ne peut plus difficile que la MISCA a pris la relève de la MICOPAX le 19 décembre 2013.

 

Je voudrais ici saluer l'action des pays de la région, qui, de concert avec l'UA et les partenaires internationaux, n'ont ménagé aucun effort pour faire face à la détérioration de la situation sur le terrain. Deux éléments méritent d'être rappelés à cet égard. D'une part, l'engagement pris de contribuer au relèvement des effectifs de la MISCA, qui est passée à 6000 personnels militaires et de police. De l'autre, le Sommet extraordinaire de la CEEAC de Ndjamena, début janvier 2014, qui a pris acte de la démission du chef de l’État de la transition et du Premier ministre du Gouvernement, et adopté des décisions qui ont permis de relancer une transition totalement paralysée.

 

À travers ces mesures et d’autres, les dirigeants de la région ont, encore une fois, réaffirmé leur détermination à assumer tant leur devoir de solidarité envers un pays voisin que leur responsabilité dans la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans l'espace CEEAC. Dans la phase qui s'ouvre, le rôle de la région, notamment à travers le Président en exercice de la CEEAC et le Président de son Comité de suivi sur la RCA, les Présidents Idriss Deby Itno et Denis Sassou Nguesso, continuera d'être crucial, et il est impératif que la communauté internationale reste résolument mobilisée en appui à ses initiatives.

 

En m’adressant à vous, il me plait de souligner qu'en dépit de la complexité des défis auxquels elle a eu à faire face, la MISCA a pu significativement améliorer la situation, ainsi qu'en témoignent la reprise des activités quotidiennes à Bangui et ailleurs dans la pays. La décision récente des autorités centrafricaines de réduire le couvre-feu instauré après les événements tragiques du début du mois de décembre 2013 est particulièrement éloquente à cet égard. Le bilan qui est celui de la MISCA, en moins de trois mois de déploiement, est une source de légitime fierté pour l'Afrique. La Mission a accompli un travail remarquable sur chacun des volets de son mandat tel que déterminé par la résolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité des Nations unies. Les succès de la MISCA méritent d’être d'autant plus mis en relief que la Mission fait face à de sérieuses contraintes logistiques. Je me dois également de relever la contribution de Sangaris.

 

Qu'il me soit permis de saisir cette opportunité pour rendre un hommage mérité au Représentant spécial et chef de la MISCA, Jean Marie-Michel Mokoko, aux chefs des composantes militaire et police, le Général Martin Tumenta Chomu et le Colonel Patrice Ostaga Bengone, ainsi qu'aux personnels de la Mission, pour leur courage, leur abnégation et leur sens du devoir. Je m’incline devant la mémoire des vingt soldats et policiers de la MISCA qui sont tombés sur le champ d'honneur, et souhaite un prompt rétablissement aux éléments de la Mission qui ont subi des blessures dans l'accomplissement de leur devoir. Je voudrais aussi exprimer à nouveau la reconnaissance de l'UA à tous les pays contributeurs de troupes et de personnels de police pour leur engagement panafricaniste en faveur de la paix et de la réconciliation en RCA. Évidemment, je ne saurais passer sous silence la contribution déterminante de nos partenaires internationaux, sans l'appui financier et logistique desquels la mission de la MISCA aurait été des plus compliquées.

 

-              Monsieur le Président,

-              Mesdames et Messieurs,

 

Les avancées enregistrées ne sauraient toutefois masquer le long chemin qui reste encore à parcourir pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. La situation sécuritaire reste volatile, en dépit des améliorations notables dûment constatées. Le sort des populations affectées par la crise est des plus préoccupants, et les besoins humanitaires immenses et pressants. Les tensions intercommunautaires demeurent encore vives, attisées par ceux-là mêmes qui s'emploient à faire obstacle à la nécessaire réconciliation entre les Centrafricains. L'appareil d'État est réduit à sa plus simple expression, incapable de remplir les fonctions régaliennes qui sont les siennes.

 

Dans ce contexte, notre réunion se doit de favoriser l'articulation d’un plan d’action indiquant clairement ce qui est attendu des différents acteurs concernés avec un échéancier précis qui permettra, lors de la prochaine réunion du Groupe, d’évaluer les progrès accomplis et, si besoin, de relever les responsabilités des uns et des autres.  

 

Notre démarche doit être fondée sur un esprit de responsabilité partagée et de partenariat entre les autorités centrafricaines et les autres acteurs politiques et sociaux du pays, d’une part, et la communauté internationale, de l’autre. A cet égard, et tout en me félicitant des progrès accomplis depuis janvier 2014, je voudrais souligner la nécessité d’efforts encore plus soutenus de leur part, pour consolider les acquis obtenus de haute lutte par la MISCA, avec le soutien de Sangaris. Leur forte implication dans les efforts en cours est un impératif, car, sans elle, aucune assistance internationale, qu'elle qu'en soit l'ampleur, ne peut venir à bout des difficultés qui assaillent leur pays. Le Gouvernement doit pleinement assumer les responsabilités qui sont les siennes dans la mise en œuvre de tous les volets de la Feuille de route de la transition. D’une façon plus générale, les acteurs centrafricains doivent aller les uns vers les autres, occuper le terrain médiatique, sillonner le pays, apaiser les esprits, mettre en garde, sans hésitation, ceux qui prônent la terreur et le désordre, et faire montre de volontarisme dans la promotion de la réconciliation et de la paix.

 

Pour sa part, la communauté internationale se doit de fournir un appui plus soutenu, plus diligent et plus efficace. La situation de la RCA est telle que nous devons repenser nos modes d’action et de les ajuster aux réalités du terrain. Cette mobilisation est requise pour faire face aux énormes besoins humanitaires, notamment à travers la concrétisation des engagements pris lors de la conférence d’appel de fonds tenue à Bruxelles, en janvier 2014, mais aussi pour faciliter la relance de la machine étatique. Il s’agit aussi de soutenir le processus de cantonnement des éléments des groupes armés, le DDR et la réforme du secteur de la sécurité.

 

L’action de la communauté internationale doit également tendre vers le renforcement de la MISCA, dont l’action est déterminante pour la réussite de la transition. La Mission manque de moyens essentiels au parachèvement de la mise en œuvre de son mandat, notamment en termes de mobilité. Des ressources financières supplémentaires sont requises pour couvrir les dépenses induites par l’accroissement des effectifs de la composante police de la MISCA et le déploiement de capacités spécialisées, récemment autorisés par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, ainsi que le remboursement des équipements appartenant aux contingents.

 

Ce point m’amène à aborder la question de la transition vers une opération des Nations unies, tel que recommandé par le Secrétaire général des Nations unies dans le rapport qu’il a soumis au Conseil de sécurité au début de ce mois. Je voudrais ici d’emblée souligner que l’UA a toujours envisagé le déploiement de la MISCA comme visant à créer les conditions d’un engagement international plus soutenu, y compris à travers la mise en place d’une opération onusienne. La réussite de la MISCA est une condition sine qua non pour le succès de l’opération envisagée des Nations unies. Aussi, il importe que les Nations unies soutiennent fortement la MISCA, pour lui permettre de mener à bien la phase initiale de stabilisation de la situation, sans laquelle aucune action à long terme ne peut être envisagée. 

 

Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a favorablement accueilli la perspective de la transformation de la MISCA en une opération des Nations unies, prenant note de la date recommandée à cet effet, à savoir le 15 septembre 2014. Dans le même temps, le CPS a énoncé les paramètres qui doivent sous-tendre cette transition, de manière à ce qu’elle constitue une plus-value pour les efforts de paix et de réconciliation en RCA et la promotion de la sécurité et de la stabilité régionales. Je voudrais, ici, relever la nécessité d’un rôle continu de la région et de l’Afrique dans son ensemble dans la phase post-MISCA ; la promotion de l’appropriation nationale et du leadership des acteurs centrafricains ; la mobilisation d’un soutien qui couvre les différentes facettes de la crise multidimensionnelles que connait la RCA ; la désignation d’Africains pour assurer la direction de l’Opération envisagée ; et la mise à la disposition de la MISCA des ressources requises pour le bon accomplissement de son mandat, y compris à travers un module d’appui financé par les contributions mises à recouvrement des Nations unies. Il importe que l’UA et les Nations unies travaillent étroitement ensemble, dans un esprit de transparence et de partenariat, tout au long du processus de transition envisagée. Nous formons l’espoir que la résolution que le Conseil de sécurité devrait adopter prendra dument en compte les préoccupations africaines et que les Africains seront adéquatement consultés dans sa rédaction.

 

-              Monsieur le Président,

-              Mesdames et Messieurs,

 

Je ne saurais conclure mon propos sans renouveler la gratitude de l’UA aux dirigeants de la région, singulièrement les Présidents Denis Sassou Nguesso et Idriss Déby Itno, pour leur engagement jamais démenti en faveur de la RCA et de son peuple. Ils n’ont ménagé ni leur temps, ni leur énergie, pour venir en aide à la RCA.  Malgré les ressources limitées qui sont celles de leurs pays et leurs impératifs propres de développement, ils n’ont pas lésiné sur les moyens à chaque fois qu’il s’est agi de faire avancer la cause de la paix, de la sécurité et de la stabilité en RCA. Ils ont, par leur action, donné une traduction concrète à l’esprit de solidarité africaine. Je suis convaincu que nous pouvons continuer à compter sur leur engagement.

 

Qu’il me soit, enfin, permis d’exprimer notre appréciation à tous les pays et institutions ici représentés. Votre présence est une illustration de la volonté collective des partenaires de la RCA d’accompagner ce pays dans le long et difficile chemin de restauration de la paix, de promotion de la réconciliation et de la cohésion nationales, ainsi que de relèvement socio-économique. 

 

Je vous remercie pour votre aimable attention.

 

 

http://www.peaceau.org/fr/article/allocution-de-l-ambassadeur-smail-chergui-commissaire-a-la-paix-et-a-la-securite#sthash.j5kAzYDM.dpuf

Allocution de l’Ambassadeur Smaïl Chergui, Commissaire à la Paix et à la Sécurité lors de la 4ème Réunion du Groupe International de Contact sur la République Centrafricaine

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com