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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 01:23

 

 

 

 

 

 

Publié le 13-02-2014 à 17h29 - Modifié à 17h29

 

Par Zobel Behalal  CCFD-Terre Solidaire

 

LE PLUS. Depuis plus d'un an, la République centrafricaine se délite sous les yeux impuissants de la France, de la communauté internationale et des ONG. Le conflit, qui oppose les rebelles majoritairement musulmans et les milices d'auto-défense catholiques, déchire le pays au point que l'on craint une éventuelle famine. Pour Zobel Behalal, du CCFD, l'UE et l'ONU doivent agir sans tarder.

 

Édité par Henri Rouillier 

 

L’évolution de la situation République centrafricaine est de plus en plus inquiétante. Pour la première fois, tandis que les ONG internationales tirent la sonnette d’alarme, les représentants de l’ONU et de l’armée française présents sur le terrain disent en aparté qu’ils assistent, impuissants, au début d’une épuration ethnique à l’encontre des populations musulmanes.

 

Les filières de transports sont contrôlées par les musulmans

 

Je continue à m’opposer aux analyses qui affirment que les affrontements entre communautés sont à l’origine de la crise en RCA. Force est cependant de reconnaître que la dimension communautaire va durablement structurer cette crise. Aujourd’hui, par exemple, avec l’inversion du rapport de force en faveur des "anti-Balaka" chrétiens, une vraie menace de crise alimentaire plane sur le pays.

 

Mes interlocuteurs sur le terrain, comme la fondation "Voix du cœur", partenaire du CCFD-Terre Solidaire, confirment que le départ massif des populations musulmanes a pour conséquence la perturbation ou l’interruption de l’approvisionnement alimentaire.

 

 La viande et les autres produits alimentaires de première nécessité se font ainsi de plus en plus rares. En effet, ces filières d’approvisionnement et le transport des marchandises sont contrôlés par des membres de la communauté musulmane.

 

L'argent des humanitaires ne suffit pas

 

En conséquence, les agriculteurs qui ont encore des produits à vendre souffrent du départ de leurs principaux clients musulmans et de la baisse drastique du pouvoir d’achat : cela fait maintenant 4 mois que les fonctionnaires ne sont plus payés.

 

Et si l’afflux d’argent venant des organisations humanitaires et des forces militaires internationales apporte une bouffée d’oxygène, cela ne permet pas rééquilibrer les choses. On peut même craindre au regard de la situation dans les autres zones en crise, que cet afflux de cash aggrave l’inflation.

 

 En raison de l’insécurité, les producteurs agricoles ont fui leur milieu de vie habituel pour rejoindre les camps de réfugiés ou d’autres sites de regroupements autour desquels ils pratiquent essentiellement une culture maraîchère, au détriment d’une agriculture pérenne. Ce qui ne permettra pas de satisfaire durablement les besoins alimentaires des populations.

 

L'UE et l'ONU doivent agir

 

Il y a donc urgence aujourd’hui à intégrer la menace de crise alimentaire dans la recherche des solutions au drame centrafricain. Cela doit se traduire par une réponse d’urgence pour combler les besoins alimentaires connus et anticiper ceux qui se présenteront ultérieurement. Reconnaissons-le, seule, cette approche ne suffira pas. Il faut que la communauté internationale travaille aujourd’hui pour créer les conditions véritables pour ramener la sécurité.

 

L’Union européenne doit pour cela traduire au plus vite en actes concrets sa promesse d’envoyer des troupes sur le terrain.

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit transformer la MISCA en opération de maintien de la paix et permettre le surge dont ont besoin les populations centrafricaines pour leur protection. Il faut enfin investir dans le travail de réconciliation intercommunautaire, sans lequel la RCA ne sortira pas durablement de cette crise et s’attaquer aux autres facteurs structurels que j’évoquais dans un précédent billet.

Risque de famine en Centrafrique : comment le contexte religieux aggrave la situation

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