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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 18:24

 

 

 

 

http://www.legriot.info/  Écrit par Steven Addamah fév 13, 2014

 

 

Des anciens militaires centrafricains et des combattants de l’ex-Séléka sont en train de s’installer dans une région minière du nord de la RDC. L’ONU s’alarme.
 

Alors qu’elle avait surtout provoqué des déplacements internes de population, la crise centrafricaine est en train de dangereusement déborder chez ses voisins. A commencer par la République démocratique du Congo (RDC), avec qui la Centrafrique partage une frontière poreuse de 1’600 km au sud. Depuis mars 2013 et le coup d’Etat à Bangui, près de 50’000 réfugiés centrafricains sont arrivés par vagues successives, selon l’ONU. Ils se sont installés dans des camps improvisés et dans plusieurs villages de cette région d’Afrique centrale, tapissée d’une épaisse forêt humide.

 

Dans un premier temps, ils ont fui les exactions commises dans leur pays par des militaires des Forces armées de la Centrafrique (FACA) et des combattants de l’ex-rébellion de la Séléka, le mouvement qui a renversé l’ancien président François Bozizé. Mais depuis fin décembre, les réfugiés centrafricains sont rejoints par leurs anciens bourreaux. Ce passage en territoire congolais est d’autant plus facile que, même si la frontière est officiellement fermée depuis décembre 2013, « aucun militaire congolais ne veille au respect de cette interdiction », s’alarme Floribert Kateka, le président de la société civile de Bondo, un chef-lieu situé à 200 km de la République centrafricaine.

 

Ruée vers l’or
 

Et dans cette région connue pour son sous-sol riche en minerais, la pression des combattants de la Séléka s’est encore accentuée depuis qu’ils ont perdu le pouvoir : leur chef, Michel Djotodia, a été contraint de démissionner de la présidence. Il a été remplacé, le 22 janvier, par Catherine Samba-Panza, l’ancienne maire de Bangui. Une capitale d’où les miliciens ont aussi été délogés, le 28 janvier, par les troupes de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA).

 

Du coup, par crainte d’éventuelles violences, les riverains congolais fuient à leur tour leurs villages. C’est ce qui est arrivé à Basipiyo, dans le district de Bondo, qui s’est littéralement vidé de ses habitants courant janvier. De toutes les localités où les réfugiés centrafricains sont recensés, Basipiyo est la seule à être réputée pour ses mines d’or. Une zone dont les militaires des Forces armées de la RDC (FARDC) étaient jusqu’à présent les seuls maîtres. Depuis des années, sous les ordres de leurs commandants, ils punissent à coups de fouet ou assassinent les orpailleurs qui n’obtempèrent pas à leurs injonctions, assure Floribert Kateka. La situation actuelle fait donc craindre le pire, à savoir que des anciens rebelles et des anciens militaires centrafricains se livrent au même trafic. D’autant que la Séléka est connue pour s’être déjà financée par le trafic de diamants.

 

L’ONU s inquiète
 

Pour le général Abdallah Wafi, le numéro deux de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO), la présence des ex-FACA et des ex-Séléka à Basipiyo est une menace à prendre au sérieux. Pour que ce qui se passe aujourd’hui à l’est du pays ne se répète pas au nord. En effet, cela fait dix-huit ans que des miliciens rwandais et ougandais sont présents dans la province orientale de la RDC, où ils se livrent au commerce des « minerais du sang » et martyrisent les populations. A elles seules, les mines d’or rapportent près de 500 millions de dollars chaque année aux milices, selon une enquête de l’ONG étasunienne Enough Project, publiée en 2013.

 

L’ONU, qui a dénoncé le massacre d’au moins 21 personnes par la milice ougandaise ADF/NALU, en décembre dernier, exhorte donc la RDC à sécuriser sa partie nord contre les ex-FACA et les ex-Séléka. En envoyant un contingent de 850 militaires en Centrafrique dans le cadre de la MISCA, Kinshasa comptait stabiliser son voisin. Pas sûr que cela suffise : à l’heure actuelle, les violences se poursuivent et le conflit s’enlise en Centrafrique.

Lu pour vous : La crise centrafricaine se propage aux mines congolaises

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