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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 01:14

 

 

 

 

 

 

Jean-Jacques Mevel  http://www.lefigaro.fr/  Mis à jour le 13/02/2014 à 18:57

 

L'Estonie et la Géorgie devraient rejoindre l'opération européenne. Les grands pays et alliés traditionnels boudent toujours.

 

Vladimir Poutine est-il le meilleur sergent recruteur de l'Europe en Centrafrique? Le rapprochement est hardi, mais pas infondé: sur fond d'instabilité ukrainienne, la crainte de l'empire est l'un des ressorts qui conduit plusieurs voisins et ex-colonies de la Russie à donner des gages à l'UE en s'enrôlant dans sa future opération militaire à Bangui.

 

Les alliés européens traditionnels se font attendre, près de deux mois après l'appel à l'aide européenne lancé par François Hollande depuis le Brésil. Le Royaume-Uni renâcle à une opération militaire conduite sous les couleurs de l'UE. L'Allemagne est prête à aider, mais au Mali. L'Italie dit ses moyens militaires accaparés par l'immigration sauvage en Méditerranée. L'Espagne et la Belgique invoquent les restrictions budgétaires.

 

Jusqu'ici, seuls deux pays ont quasi officiellement annoncé qu'ils participeront à l'opération militaire de l'UE, commandée par le général français Philippe Pontiès: l'Estonie, petite voisine balte de la Russie (55 hommes), et la Géorgie, à l'extrémité caucasienne de l'ex-URSS (de 100 à 150  hommes). Sous bénéfice d'inventaire, les autres pressentis de la mission «Eufor-RCA» se concentrent dans la région: la Finlande, la Suède, la Lettonie et peut-être la Pologne.

 

À Bruxelles, les diplomates et les politiques avancent en privé des maladresses commises à Paris : le péché d'orgueil de l'état-major qui pensait régler l'affaire aussi vite qu'au Mali, et une opération lancée en solo qui débouche sur un appel à l'aide juste avant Noël

 

Le cas de la Géorgie, envahie sur ordre du Kremlin à l'été 2008, est le plus éclairant. Elle redoute que la Russie fasse à nouveau monter la pression à ses frontières, une fois passés les JO de Sotchi. À la différence de l'Ukraine, elle brave la colère de Poutine et maintient sa candidature à un accord politique et économique avec l'UE, dès l'été 2014. «Elle cherche peut-être une assurance», observe un haut responsable européen. Du coup, Tbilissi semble décidé à engager des troupes de retour d'Afghanistan en Centrafrique: «Nous explorons les possibilités de coopérer avec l'UE dans le domaine de la gestion de crise», confirme Tamar Kekenadze, responsable à la mission géorgienne à l'Otan. La république caucasienne n'appartient pas à l'UE. Mais jusqu'ici, d'après les diplomates, c'est elle qui a mis sur la table le plus fort contingent.

 

C'est une bonne nouvelle pour Hollande: l'Élysée et la Défense désespèrent de garnir les rangs de l'opération militaire présentée, au sommet du 20 décembre à Bruxelles, comme la preuve tangible de l'engagement européen aux côtés des 1 600 soldats français de «Sangaris». «Ce n'est pas l'UE qui vient aider la France, rectifie huit semaines plus tard Arnaud Danjean, eurodéputé PPE-UMP et spécialiste des questions militaires. C'est la France qui tente péniblement de sauver une opération européenne».

 

Eufor-RCA, ce seront à peu près 500  hommes, dont un bon tiers de Français, à proximité de l'aéroport M'Poko de Bangui, pour six mois, pas plus. À Bruxelles, les diplomates et les politiques avancent en privé une série de maladresses commises à Paris: le péché d'orgueil de l'état-major qui pensait régler l'affaire aussi vite qu'au Mali, une opération lancée en solo qui débouche sur un appel à l'aide juste avant Noël et, pour finir, de grands alliés qui détournent le regard sur ce qui s'impose chaque jour comme un bourbier humanitaire. Un responsable s'interroge: «Qui, aujourd'hui, a vraiment envie d'aller en Centrafrique?»

Lu pour vous : Centrafrique : la France trouve des alliés à l'est et au nord de l'UE

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