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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 17:00

 

 

 

 

http://www.lecongolais.cd/ 

 

Pendant que la présidente de la transition centrafricaine Catherine Samba-Panza achève sa première visite officielle au Congo, le 9 février, son pays ne cesse de s’enfoncer dans la violence. En effet, ceux qui croyaient que la Centrafrique avait tourné la page de la chienlit avec le départ de Michel Djotodia, doivent déchanter. Certains Centrafricains donnent de plus en plus libre cours à leur instinct en massacrant d’autres Centrafricains sur la base de considérations confessionnelles. Cette situation généralisée de chasse aux musulmans a mis sur la route de l’exil plusieurs milliers de Centrafricains et d’étrangers, aggravant ainsi la situation humanitaire qui déjà, était au bord de la catastrophe. Face à une telle situation inédite caractérisée par un désir inextinguible de violence, l’on peut se poser la question suivante : comment en est-on arrivé là ?

 

Ce déchaînement de la vendetta constitue visiblement un véritable pied de nez à celle qui avait placé son mandat sous le signe de la réconciliation nationale et de la lutte contre l’impunité

 

En effet, l’on a l’impression d’être dans un rêve qui, malheureusement, est en train de tourner au cauchemar. Les Centrafricains ont réussi le tour de force de transformer un conflit initialement politique en conflit confessionnel dont la gravité rappelle celle de la guerre confessionnelle qui avait déchiré le Liban dans les années 1970. L’acte le plus symbolique de cette animosité religieuse est le lynchage à mort d’un Centrafricain de confession musulmane en pleine cérémonie de célébration de la renaissance des forces armées centrafricaines à laquelle assistait la « dame de vertu », Catherine Samba-Panza. Ce déchaînement de la vendetta constitue visiblement un véritable pied de nez à celle qui avait placé son mandat sous le signe de la réconciliation nationale et de la lutte contre l’impunité.

 

La situation est d’autant plus inacceptable et révoltante que certaines exactions se passent sous les yeux des forces africaines et françaises présentes sur le sol centrafricain. A ce propos, l’on a l’impression que les Forces françaises de l’opération Sangaris n’appliquent pas à la milice chrétienne anti-balaka, la même fermeté qu’elles ont pu opposer aux éléments incontrôlés de l’ex-Seleka. Certes, chaque camp a des cadavres dans ses placards, mais il faut reconnaître que la plupart des exactions constatées aujourd’hui en Centrafrique sont le fait des anti-balaka qui ne se gênent même plus pour commettre leurs forfaits à visage découvert. Même si cette milice peut être perçue comme une réponse aux exactions de l’ex-Seleka qui, il faut le dire, a traumatisé les Centrafricains, la nouvelle donne politique, marquée par le départ de Michel Djotodia et l’avènement de Catherine Samba-Panza, commande que tous les mouvements qui prônent la haine et la violence soient purement et simplement éradiqués par les armées africaines et françaises dépêchées au chevet de la Centrafrique.

 

La tâche de pacification de la RCA ne sera pas aisée, mais elle n’est pas impossible

 

A ce propos, toutes les forces de pression et de dissuasion doivent être mises à contribution, y compris la CPI qui vient d’annoncer son intention de prendre en charge les questions d’atteinte aux droits humains qui pourraient relever de sa compétence. La tâche de pacification de la RCA ne sera pas aisée, mais elle n’est pas impossible. En effet, la milice anti-balaka, qui donne l’impression d’opérer ses forfaits en toute impunité, a certainement mis à profit les dérives meurtrières des ex-Seleka, pour exacerber dans le pays le sentiment anti-tchadien. De manière collatérale, ce sentiment se traduit sur le terrain par des attitudes visiblement hostiles à l’encontre des Centrafricains d’origine tchadienne, qui sont dans leur écrasante majorité de confession musulmane. De ce point de vue, les Centrafricains se trompent de combat.

 

L’heure devrait être plutôt à la mobilisation de toutes les forces vives du pays autour de Catherine Samba-Panza pour la renaissance démocratique de la Centrafrique. C’est cette perspective seule qui est susceptible de rendre inopérantes toutes les velléités rétrogrades fondées sur les stigmatisations ethniques et religieuses. Cette nouvelle Centrafrique démocratique et laïque doit émerger contre vents et marées. Pour y arriver, les Centrafricains auront certes besoin de l’accompagnement de la communauté internationale, mais l’essentiel du travail leur revient surtout lorsqu’on prend en compte la situation d’ensemble de la sous-région, caractérisée par l’indifférence pathologique des uns et les préoccupations domestiques des autres, qui font que l’on peut croire que le drame centrafricain est le cadet des soucis de Yaoundé et de Kinshasa.

 

POUSDEM PICKOU/LP

 

www.lecongolais.cd/centrafrique-que-faire-pour-arreter-le-desir-inextinguible-de-la-violence/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=centrafrique-que-faire-pour-arreter-le-desir-inextinguible-de-la-violence#sthash.Zo4RxANk.dpuf

Lu pour vous : Centrafrique – Que faire pour arrêter le désir inextinguible de la violence ?

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